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Loin de la discipline

cassenoisette

Si Jean-Philip ne m’avait pas redonné le goût de Casse-Noisette, je me demande combien de temps le 33 tours serait resté dans sa pochette sans que je n’y touche. Et pourtant, j’ai tant écouté ce ballet et inventé des pas dessus, puisque je suis une piètre ballerine depuis toujours. D’ailleurs, les leçons n’ont duré qu’une saison. Le « satisfaisant » sur le bulletin a été concluant pour ne pas pousser plus loin l’aventure astreignante de la discipline pour celle qui préférait improviser.

Mais cet après-midi, je danse, j’invente mes propres pas et je ne dérange pas la classe par mon « originalité ». Et cet après-midi, je danse tandis que le casse-noisette qui trônait rue Beaubien à quelques jours de Noël n’est plus qu’un souvenir et une photo dans mes pages.

Un peu de musique celtique

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Ce matin attend sur mon bureau un de ces documents à réviser qui me donne un mal de crâne à la simple idée qu’il m’attend. Un document en Excel avec des pages et des pages de grilles. Heureusement que Danielle a descendu de son bureau deux CD qui risquent d’alléger la chose.

Le premier des CD de Woman of the World Celtic est exclusivement consacré aux artistes écossaires et irlandaises tandis qu’au second s’ajoutent une violoniste états-unienne et deux artistes du Cap Breton. Pour qui aime ce genre de musique, autant entraînante qu’apaisante, voilà de quoi se régaler.

Les colonnes vont devenir des notes et l’avant-midi sera plus léger, je le sens.

Souvenir d’adolescence

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Je ne m’en cache pas. Je suis en mesure de chanter nombre de chansons de Joe Dassin en n’omettant aucune parole. Et tant pis si certains trouvent ses ballades mièvres ou rose bonbon, je n’ai rien à faire de leurs remarques. Joe Dassin, c’est mon adolescence, ce sont les chansons qu’on chantait partout, et il en sera toujours ainsi. Et j’aurais du mal à oublier ces paroles puisque je les fredonne dès les premières notes à la radio.

Une fan ? Je n’irais pas jusque là. Mais il faisait partie de mon quotidien, comme bien d’autres. J’aimais certaines chansons plus que d’autres. Ainsi, La rue Marie-Laurence.

Toutes les rues de Paris portent un prénom de fille
Souvenirs d’un temps disparu
Y a la rue Stéphanie et la rue Caroline
L’avenue de la Fille Inconnue
Le boulevard Virginie et l’impasse Martine
Ces jolis rendez-vous qui n’existent plus
Mais ma rue préférée, celle où j’aimais rêver
Elle a un nom qui danse, la rue Marie-Laurence

Une parmi tant d’autres. Une qui évoque un joli souvenir de Dassin sur scène alors qu’il l’interprétait tout en douceur dans cette salle immense qu’il savait rendre intime. Et on dira ce qu’on voudra, quand on est assise au premier rang, parce que c’était le cadeau d’anniversaire que j’avais offert à maman, ça fait quand même un cœur battre quand un chanteur chante pour vous À toi.

Dassin fera toujours partie de ceux qui m’ont fait rêver. Loin de moi l’idée de faire de vous des adeptes. Juste de partager, puisque je ne sais faire que ça.

Un peu de violoncelle

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J’aime comment Jacqueline Dupré, violoncelliste dont la carrière a été interrompue par la sclérose en plaques, manie son archet, la fougue qu’elle met dans ses interprétations. J’aime celle qui me rappelle une Sophie Rolland interprétant les sonates pour piano et violoncelle de Beethoven en compagnie de Marc-André Hamelin à la salle Claude Champagne, il y a des années de cela.

Comme j’aime la beauté de l’instrument et tout ce qu’on peut en tirer. En fait, comme j’aime le violoncelle, tout court. Et comme j’aime Jacqueline Dupré, ce soir, comme souvent. C’est tout mon dos qui se tient droit comme se tient l’instrument sous l’archet. C’est tout mon dos qui est parcouru de frissons. Plaisir(s).

Paris for lovers

parisforlovers

Quel bonheur que ce CD que m’a fait découvrir Francine et où Blossom Dearie inteprète Tout doucement, tout doucement, avec son accent qui fait une partie de son charme. Où Les feuilles mortes restent immuables, quoique différentes quand c’est Laura Fygi qui interprète la chanson. Où c’est si bon quand Abbey Lincoln chante C’est si bon

Ajoutez à ces plaisirs Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Michel Legrand et autres. Vous rêverez…

How fragile we are

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Parce que Denis m’a envoyé hier Ne me quitte pas interprété par Sting, à l’heure où l’insomnie s’est emparée une fois de plus de moi, mais par ma faute – une longue sieste l’après-midi -, je profite de la nuit pour écouter mes vieux CD, à défaut des 33 tours au salon.

Commme j’aime ce Ne me quitte pas. Comme j’aime aussi Terre d’Oru, qu’il interprète avec I Muvrini, ou If I ever loose my Faith in You, et Englishman in New York. Ou alors tous ces vieux hits de l’époque de Police, dont je ne me lasse pas.

Et Fragile. Une des plus belles chansons qui existent. Fragile qui dit:

On and on the rain will fall
Like tears from a star like tears from a star
On and on the rain will say
How fragile we are how fragile we are
How fragile we are how fragile we are

Quelques phrases qui chaque fois me bouleversent.

Un peu de harpe dans la nuit

marisarobles

Et ce soir, me laisser emporter tout doucement par la harpe de Marisa Robles. Je pourrais presque voir un grand champ où courir en toute liberté en écoutant les notes qui glissent ou vibrent sous ses doigts. Du bonheur. Fauré, Brahma, Bach, Britten, Chopin, pour ne nommer que quelques-uns des compositeurs interprétés avec tendresse par la harpiste.

Il y a parfois de ces instants où la vie est tout simplement bonheur.

La chaleur et la passion d’une voix

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Et bouger lascivement les épaules en écoutant les huit chansons de Cristina Branco offertes par Jean-Marc, une nuit pour lui, un soir pour moi, dans ce décalage entre la Belgique et le Québec qui n’existe pas quand l’amitié est au rendez-vous.

Tant de chaleur dans cette voix, tant de douceur aussi. Et moi qui me laisse bercer par ces mots en portugais dont je ne connais pas le sens, mais qui sont une musique en soi. Qui se posent sur ma peau et me font frissonner.

Huit chansons en boucle. Tant de mélancolie dans l’une, tant de passion dans l’autre, et toutes ces émotions qui me gagnent et me transportent.

Les variations Goldberg en musique et en mots

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Je sais pourquoi ce concert. Pour obliger les gens à se taire. (Nancy Huston)

Et avant que la lumière n’entre et ne s’approprie la pièce, laisser couler sur ma peau la musique de Bach, plus précisément les Variations Goldberg, interprétées par Glenn Gould, version 1981. Et me laisser porter par ces variations, qui sont autant d’histoires. Et laisser chacune d’elles me raconter ce qu’elle a à raconter.

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Et aller chercher dans la bibliothèque le magnifique roman de Nancy Huston. Celui où une claveciniste réunit le premier soir d’été trente personnes, afin d’interpréter pour eux les trente variations. Et chacune des pièces dédiée à l’un des invités sans qu’il ne s’en doute. Pour que se fasse enfin le silence. Pour qu’enfin ils écoutent, plus loin que les notes, leur propre musique, celle qui bat en eux. Et pour que ces intellectuels, ces spécialistes de musique ou de littérature, mettent de côté durant 96 minutes leurs connaissances et leur savoir.

Et tandis que la musique prend possession de la salle, Nancy Huston, durant chacune des variations, regarde vivre l’un des trente invités, un à un, entre dans leur tête, les raconte. Là où la musicienne interprète les variations, l’écrivaine les transpose. Magnifique jeu d’adresse.

Et ce matin, tandis que littérature et musique font corps, la vie est ce qu’elle doit être: plaisir.

Paganini jusqu’à plus soif

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Et puis, certains matins, le bonheur, c’est peut-être juste le concerto no.1 en do pour violon et orchestre de Paganini, sous l’archet de Sarah Chang. Et le frisson qu’il donne au dos et à la nuque, et qui ne s’explique pas. Si bien qu’il est fort possible que je l’écoute en boucle jusqu’à plus soif. Non, je ne serai jamais raisonnable, ce n’est pas dans ma nature.