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En écoutant Francis Poulenc

poulenc 2

Il y a du café et du chocolat noir. Et la musique de chambre de Poulenc. Et moi qui n’ai pas envie de dormir. Qui ai juste envie de me laisser emporter par les sonates, par le piano de Patrick Rogé et la flûte de Patrick Gallois.

Car j’aime le désordre de ces pièces qui, je ne sais pourquoi, m’aide à ordonner mes pensées et me pousse à écrire. J’aime ces envolée aux chutes qui désorientent. J’aime ce que cette musique suscite en moi d’histoires. À moins que ça ne soit parce que cette musique est accompagnée de café et de chocolat ?

Le CD du jour

manring

Comme je suis de plus en plus dans ma petite bulle, dans mon petit univers où il m’est difficile de laisser entrer quiconque pour le moment, parce que j’ai tout donné de moi la dernière fois, mes yeux comme mes mots, je passe beaucoup de temps avec ma musique, mes livres, mes lectrices et l’écriture, sans besoin de parler à quiconque, sans m’exprimer ailleurs qu’ici. Et tout ça ne me rend pas malheureuse, loin de là. Je sais que je suis encore capable de me donner entièrement et qu’un jour, peut-être, je ne le ferai pas en vain.

Oui, un jour peut-être je pourrai écouter Drastic Measures de l’excellent bassiste Michael Manring avec celui qui me troublera et qui se laissera troubler par cette musique paisible, comme peuvent l’être les corps après la fusion.

Oui, un jour, peut-être. Mais d’ici là, le CD va beaucoup tourner, car j’aime écrire en écoutant cette musique dérangeante parce que pas toujours selon les règles de base de l’harmonie, par moments, et à d’autres douce, juste douce et mélodique.

Un de mes classiques incontournables

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J’ai commencé par m’allonger en rentrant. Je crois que c’est exactement ce dont j’avais besoin. À dire vrai, le nombre de documents qui sont passés entre mes mains, et sur autant de sujets, est effarant. Une journée à donner le tournis. Dormir ne serait-ce que deux heures a remis mes idées en place, si bien que je me suis fait à souper et que j’ai trouvé ce qui allait me faire plaisir ce soir, en dehors de raconter quelques lectrices choisies au hasard.

Et ça s’est fait tout seul. Le CD de Supertramp s’est imposé comme choix de la soirée. Et pas n’importe lequel. Crime of the century, celui auquel je reviens toujours. Celui de mon adolescence sur lequel il y a « School » et « Hide in your shell ». Des classiques incontournables. Bonheur du jour.

Des notes, du rythme et du bonheur

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Certaines musiques ressemblent à la douceur de vivre, à un coucher de soleil sur la mer, à la tendresse. C’est le cas de l’album Stained Glass Memories de Scott Cossu qui a tourné sur le lecteur toute la journée. Sans que je ne me lasse. Mélange de musique celtique, aux accents parfois folk, ce disque est souvent classé dans la section nouvel âge. Et pourtant, c’est tellement limiter cette musique en la répertoriant comme telle…

Car la musique de Scott Cossu, c’est la vie, c’est un world beat avec des racines universelles, avec un piano qui a des airs de ragtime et une guitare qui tire comme dans le blues dans Cajun Kitchen Blues. C’est aussi le vent du large qu’on entend dans certaines pièces comme It’s a wonderful life. Il n’y a que du bonheur ici. Des notes, du rythme et du bonheur.

Sanson, prénom Véronique

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Il y a si longtemps que Véronique Sanson fait partie de ma vie que je possède d’elle des microsillons, des cassettes et des CD. Même que le 33 tours intitulé 7ième m’a été offert par une amie flamande en 1981, alors que nous faisions les magasins d’Anvers, après notre circuit touristique.

Et ce soir, j’avais envie de l’entendre, et peut-être ainsi de voyager dans le temps entre 1975, l’année où j’ai acheté Amoureuse et De l’autre côté de mon rêve, et aujourd’hui. Elle, qui a si souvent accompagné des soirées nostalgiques où mes souvenirs affluent. Comme ce soir où, je ne sais pas pourquoi, tant d’images reviennent, tant de paysages, tant de livres, tant de chansons, tant de gens. Parce que je suis faite de tout ça, sûrement. Et que je ne serais pas ce que je suis si les uns et les autres n’avaient pas traversé ma vie, en chansons, en films, en toiles, en livres. Et surtout en sorties, en soupers, en soirées au téléphone.

Pourquoi Comme ils l’imaginent, plus qu’un autre ? Possible parce que je me disais que ceux qui me lisent, dont certains font partie de mon cercle d’amis immédiat, me connaissent peut-être plus qu’ils ne m’imaginent. Qu’entre les lectrices à qui je prête des vies, mon Montréal que je raconte, mes lectures, mes histoires et amitiés belges, la musique que j’écoute, mes états d’âme et mes constats, mes petits plaisirs, gourmands ou autres, mes souvenirs de gens et de pays, les traces de l’enfance ou récentes, il y a de quoi me connaître.

Et aussi j’avais envie d’entendre cette si belle interpétation de Comme je l’imagine par Les Innocents et Alia Souza par Véronique Sanson en duo avec Michel Fugain. Petits bonheurs, alors que mes lectrices et leurs histoires m’attendent, que je vais faire du café, qu’il y a du chocolat et que je suis dans ma petite bulle.

Gianmaria Testa, tendresse au cœur de la nuit

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Et dans la nuit, mon amie, dans la nuit qui m’est douce, j’écoute Gianmaria Testa que Sven aimait tant et que nous avions écouté ensemble. Et si, comme d’autres, il a disparu de ma vie, c’est en laissant derrière lui deux ou trois souvenirs heureux, comme ceux des spectacles auxquels j’ai assistés et où j’ai pu le voir donner vie à son violon. Et les chansons de Gianmaria Testa, que Denis affectionne aussi.

L’accent du poète piémontais a de quoi séduire particulièrement dans Via da quest’aventura et Il viaggio. Mais tout est bon sur ce CD, bon comme le vin d’Italie et bon comme les pâtes à l’huile d’olive et au basilic. Un seul conseil : laissez-vous séduire.

La guitare de Pierre Bensusan

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Il y a des soirs où il me faut de la guitare, où il me faut entendre gratter. Il y a des soirs où l’album Intuite de Pierre Bensusan est exactement ce qu’il me faut. Pour l’originalité, pour la maîtrise, pour ce qui se dégage des compositions.

Et de toutes les pièce de cet album où l’artiste fait corps avec son instrument, où chaque pièce est le résultat d’une recherche, c’est « Bourrée voltige » que je préfère avec son clin d’œil à Jean-Sébastien Bach. Mais chacune des pièces possède sa propre couleur, sa chaleur.

Et ce que j’aime aussi chez Bensusan est qu’on n’entende pas juste les cordes, mais aussi le bois de la guitare, le corps à corps, la complicité. Un artiste à part que celui-ci. À écouter sans modération.

À cause d’Armando

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C’est grâce à Armando que j’ai découvert la harpiste californienne Carol Tatum et son album The Angels of Venice. Même si j’écoute toujours avec autant de plaisir et de ravissement « Wildflowers », la pièce par laquelle tout a commencé, j’ai un faible pour « Non Allegra » qui a la pureté du cristal. Et aussi pour ce que Carol Tatum a fait de « Nothing else matters » de Metallica: tout simplement séduisant.

Et si ce soir, tandis que je rêve comme tous les soirs, je me laisse bercer par la harpe de l’artiste de Glendale, c’est bien entendu en pensant à Armando que je le fais, lui qui m’a fait découvrir tant de musiques et qui m’a donné son amitié sans rien demander en retour. Auquel je pense beaucoup et à qui je vais écrire demain une longue, longue lettre. En écoutant Carol Tatum ou un autre artiste qu’il m’a fait découvrir en partage.

Du Pink Martini dans ma nuit

pinkmartini

Pour le plaisir et rien d’autre. Pour ce rythme qui fait balancer les épaules et les hanches. Oui, pour le simple plaisir de cette musique envoûtante, entraînante, vivante, tellement vivante. Et sensuelle.

Tellement de jolis adjectifs pour parler de Pink Martini et de l’effet que cette musique a sur moi. Parfaite pour échapper au spleen. Idéale pour véritablement sentir l’effet des notes sur la peau jusqu’à la chair de poule.

Pur plaisir que Pink Martini dans ma nuit.

Un peu de Bretagne dans la nuit

an henchou treuz

Bonheur d’écouter un peu de cette Bretagne que j’aime tant. Cette Bretagne qui a parfois des accents de Wallonie ou du Québec, comme si les trois lieux étaient si intimement liés dans mon esprit que la musique traditionnelle de chacun de ces endroits ne pouvait que correspondre entre chacune et se répondre.

J’aime ce CD d’Érik Marchand et Thierry Robin – retrouvé dans mon désordre, parce que je promène mes CD entre le salon, le bureau et le travail – qui a pour titre An Henchou Treuz. Je l’écoute et j’entends la mer au loin. Je l’écoute et je revois le cimetière de Pont-Aven, les calvaires qui bordent les routes. Je l’écoute et le vent s’engouffre sous mon pull comme à Saint-Cado. Je l’écoute et j’entends l’accent charmant de celle qui tenait la maison de la presse à Ploërmel il y a plus de vingt ans et à qui j’ai parlé avec enthousiasme du poète Gérard Le Gouic que je voulais offrir à Chantal. Et j’entends encore bien davantage dans les mots dont je ne saisis que la musique et non le sens l’accent de la mère de Chantal, à Sérent, quand elle nous servait un chocolat bien crémeux, comme on boit seulement dans les fermes laitières à l’heure où on trait les vaches.

Et la vie goûte en cette nuit d’hiver des étés bretons et la fest-noz.