Les brioches du Vendredi saint ne sont pas restées longtemps dans l’assiette. Le temps d’une photo, le temps de tricher (nous sommes Jeudi saint seulement) et je les ai dévorées avec un bonheur qui me fait me lécher les doigts…
Les brioches du Vendredi saint ne sont pas restées longtemps dans l’assiette. Le temps d’une photo, le temps de tricher (nous sommes Jeudi saint seulement) et je les ai dévorées avec un bonheur qui me fait me lécher les doigts…
Et comme la pluie est devenue de la neige et qu’il me faut absolument des couleurs, j’ai repensé à ma haie d’automne, avant qu’elle ne soit recouverte de blanc et je me suis dit qu’elle était de mise pour, malgré tout, voir la vie en rose!
Puisque je ne suis aucunement en mesure de faire apparaître des bourgeons ni de faire fondre la neige en claquant des doigts, aussi bien m’émerveiller devant quelques morceaux de glace accrochés aux branches.
Il y avait du blanc, presque juste du blanc. Partout. Et un ciel bleu. Et le soleil. Et aussi du vert. Beaucoup de vert. Et je me suis mise à espérer à nouveau.
Je crois qu’elle m’a soufflé à l’oreille d’aller marcher et de prendre des photos. Je l’ai fait. Voici la preuve : nous sommes bel et bien ensevelis…
Je crois qu’elle m’a aussi soufflé : écris, n’oublie pas, je continuerai à te lire. Oui, France, j’écrirai. Promis. Tous les jours. Comme avant. Même si parfois moins envie. Comme aujourd’hui. Mais je ferai du café, je m’asseoirai à la table, je me rappellerai ce souper qui avait duré des heures et où on avait mangé comme des ogresses. Et parlé de poésie. Et j’écrirai. Promis. Et puis, je t’entends rire. Tu as raison. Que faire d’autre quand nous sommes ainsi ensevelis et qu’on ne peut circuler sur les trottoirs?
Je ne savais pas que cette fois ce serait le dernier combat. Je savais seulement ces mots qu’elle m’écrivait le 21 février :
… cette envie de vivre… toute cette beauté autour… tout cet amour, cette amitié… Je suis donc là! Malgré tout… dans cette sérénité, cette harmonie… cette volonté de vivre 1 jour à la fois et de vivre pleinement la journée… Je suis heureuse!
La radiothérapie allait reprendre une fois de plus deux jours plus tard. Exactement comme en 2005. France était confiante. La douleur avait diminué, l’énergie revenait. Nous allions bientôt nous voir.
Je ne savais pas qu’elle se battait pour la dernière fois. Je savais seulement que Lise lui tenait la main dans cette nouvelle épreuve et qu’elle était heureuse. Vraiment.
Ceux qui l’ont connue se rappelleront toujours de la battante qu’elle était. Ceux qui l’ont connue la porteront toujours en eux et vivront et goûteront à la vie commme elle leur a montré à le faire. Ceux qui l’ont connue ne l’oublieront jamais. Même ceux qui auraient souhaité la rencontrer comme Armando.
Elle a semé des mots et des images au pays de Lali qui ne s’effaceront jamais. Pas plus que tous ces moments d’amitié dont je conserverai toujours un souvenir impérissable.
Elle a été une fleur de mon jardin pendant plus de 25 ans. Une fleur épanouie. Une fleur généreuse. Une fleur qui se donne et s’ouvre aux autres. Une fleur exceptionnelle, comme on en croise peu dans sa vie.
France, comme l’a écrit un jour quelqu’un, « tu brilleras l’éternité ».
Il fait si bon chez maripositas et j’ai passé un si joli moment chez elle que j’ai envie de la remercier en déposant ici pour elle cette photo prise au mois d’août au Jardin botanique de Montréal. D’autant plus que ça met un peu de couleur dans cette journée où le ciel n’en finit pas d’être blanc.
Aucune photo ne pourra montrer avec justesse la folie du vent en ce moment alors que sied, semble-t-il la plus forte tempête de l’hiver.
Même pas celle prise du balcon où s’amoncelle la neige du jour.
Ni celle où on devine les contours des immeubles, les voitures, la clôture des voisins de l’autre côté de l’allée qui dépasse à peine du banc du neige alors qu’elle fait près de deux mètres de haut.
Mais je ne m’aventurerai pas à vouloir vous montrer ça de plus près. La vue de l’intérieur m’est bien suffisante, tout autant que le sifflement du vent…
Je suis en général douce et tolérante. Adepte du vivre et laisser vivre. Mais il y a des fois où vraiment je ne me contiens plus quand je vois le sans gêne et l’inconscience des gens s’étaler. Ainsi, ce panier d’épicerie piqué à l’épicerie et qu’on a traîné sur près d’un kilomètre pour l’abandonner dans la neige devant un des immeubles.
Vous en voulez d’autres? Ceux qui ne se donnent pas la peine de mettre les matières recyclables comme les journaux, les sacs de plastique, les bouteilles de verre et de plastique, les boîtes de conserve et les circulaires qui inondent nos boîtes, dans les bacs à recyclage et qui les jettent aux ordures sans se soucier de leur geste qu’ils jugent sûrement anodin. Ceux qui jettent des meubles et des vêtements alors que des organismes s’occupent de les récupérer, de les donner à qui en a besoin et de les réparer au besoin, et même d’utiliser les fibres à d’autres usages. Ceux qui laissent d’immondes graffitis sur les murs et que d’autres prendront des heures à effacer… quand ils y parviennent. Ceux qui jettent des emballages par terre, sur la rue comme dans les escaliers, comme si ça non plus ça n’avait pas d’importance.
Vous en voulez d’autres? Ceux qui klaxonnent les piétons qui ont droit de passage parce qu’ils s’imaginent que la route appartient aux automobilistes. Ceux qui conduisent des autobus bondés de gens téléphone cellulaire à la main. Ceux qui roulent à tombeau ouvert dans les zones scolaires en prenant bien soin d’asperger de neige fondante tout piéton dans leur champ de tir. Et pour finir : le charmant voisin qui vous voit arriver chargée de paquets que vous devez déposer pour ouvrir la porte en prenant soin de vous appuyer dessus tout en vous penchant pour ramasser votre bazar et qui tourne la tête pour ne pas vous aider, ou pire, qui vous regarde sans bouger le petit doigt.
Tant que nous ne dirons rien, nous assisterons à davantage de scènes de sans gêne et d’inconscience. Ce n’est donc pas demain la veille que j’arrêterai de rendre à ceux que je vois faire ce qu’ils ont jeté en leur disant : je crois que vous avez échappé quelque chose. Et tant pis pour le regard haineux. Le plus souvent, j’ai encore droit à un regard gêné, ce qui est signe que tout n’est pas perdu…
Je vous avais mentionné il y a un peu plus d’un an que La Grand-Mère Poule est une de mes lieux de prédilection. Mais je ne vous avais pas encore parlé de ses röstis, cette galette à base de pommes de terre originaire de la Suisse alémanique. C’est la spécialité de la maison. Qu’ils soient préparés à la norvégienne avec du saumon fumé, à la normande avec du jambon, à la madrilène avec du chorizo grillé ou à la genevoise avec du bacon, des épinards et du fromage suisse (mon choix du jour), les röstis de La Grand-Mère Poule sont un régal pour l’œil et le palais. Je salive encore, rien qu’en regardant la photo. Quelle gourmande je fais!
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents