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La fête de Chapultepec

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La fête de Chapultepec, un bel album pour enfants imaginé par Marie Barguirdjian à partir d’une toile de René Derouin, est un livre de toute beauté. Rien de moins. Et quiconque l’ouvrira sera séduit, qu’il soit petit ou grand.

L’histoire qui nous est racontée ici est celle de Pedro et des siens, un jour de fête à Chapultepec, au Mexique. Un jour pas ordinaire puisque Pedro y fait une rencontre peu banale alors qu’il courait après un cerf-volant avec ses frères et sœurs. En effet, la dame au visage maquillé de bleu a bien vu que Pedro, dans sa course, a perdu de vue Diego, Federico, Angela et Carmela, et même, qu’il est perdu tout court.

Le voyage qu’elle lui impose pour qu’il comprenne ce qui l’effraie est troublant. Des poissons jaillissent de nulle part, de même que des loups, des chiens, des masques effrayants. Puis des créatures squelettiques surgissent à leur tour alors qu’il survole les lieux sans pouvoir mettre un terme à cette course affolante. Mais la Grande Prêtresse de Chapultepec veille sur Pedro et il finira par retrouver sa famille, après avoir eu bien peur.

Même si l’histoire finit bien, même si la toile qui a servi à la raconter est finement découpée pour en révéler tous les détails, et même si j’ai été éblouie par ce travail, car j’aime que les tableaux inspirent les écrivains, je me demande à quel point cet album est destiné aux enfants tant il peut faire peur. Mais il est si beau… C’est pourquoi je conseille qu’il soit lu à haute voix par un adulte plutôt que par l’enfant lui-même, dans le but de lui éviter des cauchemars et pour qu’il profite vraiment de la richesse de cet album qui se démarque.

Un grand-père pas comme les autres

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Un grand-père qui peut se transformer au gré de ses désirs, ça peut être formidable. Il ne suffit que de dire tout haut ce qu’on souhaite tout bas pour que le moindre caprice, la moindre lubie, la plus petite idée devienne réalité.
Devenir dinosaure, dauphin, voiture de sport, tarte aux pommes pendant un moment n’est nullement impossible au grand-père transformidable du jeune héros, qui ne quitte jamais son chapeau. Au grand plaisir de son petit-fils et de ses amis.

Un grand-père comme cela, c’est tellement extraordinaire. Tellement formidable. Si, si. Enfin, jusqu’au moment où, devenu un robot de l’espace prêt à affronter tous les monstres intergalactiques, celui-ci se trouve dans l’impossibilité de retrouver son corps et sa vie de grand-père. Malgré les efforts de tous, la consternation des autres, et les bisous qui savent d’habitude remettre les choses en place.

Mais rassurez-vous, tout rentrera dans l’ordre grâce à Lola. Je ne vous dirais pas de quelle façon.
Je vous dirai simplement que cette (més)aventure permet au jeune avant d’apprécier son grand-père à sa juste valeur et non pas parce qu’il se transforme quand son petit-fils en a envie, et que c’est là un très beau message.
Un grand-père qui nous aime est précieux, juste parce que c’est un grand-père qui nous aime. Point.
Un bel album signé Alain Serres et illustré sobrement par Hervé Blondon, auquel je n’ai trouvé qu’un seul bémol : Lola n’y est pas remerciée alors que c’est grâce à elle que tout rentre dans l’ordre.

Les souliers de Jacob

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Combien de fois avez-vous entendu l’expression voulant que le cordonnier soit souvent mal chaussé? Plus d’une fois, j’en suis certaine. Comme je suis tout aussi convaincue qu’il n’était pas toujours question de cordonnier ou de chaussures.

Mais cette fois, c’est bien le cas. Jacob n’a pas trouvé chaussure à son pied, lui qui sait pourtant faire des miracles et créer des chaussures exceptionnelles pour des clients qui viennent de partout dans le monde afin que le cordonnier crée pour eux de quoi changer leur vie. Des chaussures qui ne reculent devant rien pour les timides, des chaussures qui prennent le mot au pied de la lettre pour les poètes, des chaussures qui font les cent pas pour les impatients, entre autres.

Aucun défi n’est trop grand pour cet inventeur.
Jusqu’à ce que Margot franchisse le seuil de sa boutique et lui demande de lui fabriquer des chaussures pour faire le premier pas. Il a beau chercher, travailler d’arrache-pied toute la nuit, il n’y arrive pas.
Il prête donc ses propres chaussures à Margot…
À vous de découvrir la suite.

Vous tomberez sous le charme de ce bel album signé Agnès de Lestrade et illustré par Tom Schamp, rien de moins.
Parce que vous aimez, comme moi, les histoires qui finissent bien, et celles où les expressions connues se parent de suffisamment de magie pour vous entraîner dans des jeux de mots qui vous feront sourire. Et ce, bien longtemps après avoir refermé le livre.

Éloi

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À la tristesse du monde, à la guerre, aux disputes, aux orages, à la malnutrition et à la détresse, Éloi n’a qu’une façon de répondre : en semant la joie en compagnie de son cheval. Juste cela. Et comme il est extraordinaire d’être en mesure de poser ce geste si simple quand rien ne va, quand tout nous blesse, quand l’univers se dérobe sous nos pas, quand la planète va mal, quand les larmes n’arrivent pas à nous faire oublier. Et qu’il est magnifique d’oser ce geste qui n’a rien de salvateur, mais qui aide à adoucir les douleurs qui prennent toute la place. Particulièrement dans le cœur des enfants de partout, qui sont rarement en mesure de comprendre ce qui leur arrive ni pour quelles raisons ils sont contraints de faire face à l’inimaginable.

C’est ce que raconte ce très bel album écrit avec énormément de tendresse et de poésie par Roxane Turcotte et illustré magnifiquement par l’artiste Maxime Lacourse. Un album où mots et images font plus que se répondre ou se compléter, devenant à chaque lecture de plus en plus inséparables les uns des autres. Une histoire qui met l’accent sur ce que la joie procure plutôt que sur ce qu’elle tente de gommer, ce qui en fait un livre optimiste, mais qui ne ferme pas les yeux sur la réalité.
Un livre de toute beauté, rien de moins. À offrir ou à s’offrir.

Ce que voit Degas

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J’attendais beaucoup du livre Ce que voit Degas, destiné aux six ans et plus. Peut-être un peu trop.

Le livre est pourtant de belle facture et raconte assez joliment le Paris de Degas tel que le peintre le voit de sa fenêtre avant d’aller l’examiner de plus près. Ce qui, en soi, est une bien sympathique idée.

Nous allons donc des illustrations de Cristina Pieropan, sur un texte de Samantha Friedman, aux toiles de Degas. Mais ces dernières prennent trop peu de place et sont plutôt sombres et très peu colorées pour la plupart, ou peu connues sauf pour les ballerines, si bien qu’on se demande comment les choix s’est fait.

Je suis donc demeurée un peu tiède face à ce projet ambitieux qui s’avère davantage une belle idée qu’une réussite. Mais peut-être est-ce que j’attendais un peu trop de cet album que j’avais remarqué au Salon du livre de Montréal en novembre dernier…

Le manteau rouge

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Quel bonheur que ce magnifique album signé Philippe Lechermeier, illustré par Élodie Nouhen, qui revisite la légende du père Noël d’une manière bien différente de celles que l’on connait. Pas de personnage à barbe blanche, pas de lutins ni de rennes, pas de cheminée, mais un personnage venu du froid en compagnie d’autres travailleurs pour apporter son aide au temps des moissons et en hiver lorsque vientl’heure de teindre les tissus en utilisant la garance récoltée des moins plus tôt.

Akupaï, cet homme venu du froid, ne ratera aucun rendez-vous, apportant année après année des cadeaux aux enfants du village, des brindilles, des osselets, de menus objets sans valeur sinon qu’ils sont offerts en toute simplicité et du fond du cœur. Même quand ses compagnons ne le suivront plus, car la teinture rouge faite à partir de la garance a été surpassée par une autre, moins chère et plus accessible, il sera là, fidèle.

Puis, après avoir gâté les enfants de ces enfants, puis les petits-enfants de ceux-ci, il cédera sa place sans mot et sans bruit, de même que son manteau rouge, trop vieux et trop courbé pour entreprendre un autre voyage, ce qui peut laisser imaginer qu’il était le père Noël.

Telle est l’histoire qui nous est racontée ici. Une histoire empreinte de douceur qui redonne au mot donner son véritable sens. Une histoire ponctuée d’illustrations absolument magnifiques, qui vous fascineront.

Un album à offrir à Noël. Sans aucune hésitation.

Paloma

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« On ne peut pas empêcher un cœur d’aimer », dit-on. On ne peut pas non plus empêcher une jeune fille de partir à l’aventure si c’est ce que lui dicte son cœur. Ainsi pourrait-on résumer l’histoire de Paloma, qui vit confinée dans un appartement avec ses sœurs et sa mère avec pour seules sorties des arrêts à la boulangerie, au cinéma et chez le bouquiniste, au pied de l’immeuble ou au bout de la rue. Comme s’il n’y avait rien au-delà de celle-ci. Comme si la vie s’était arrêtée le jour où l’homme de la maison a disparu au-dessus du triangle des Bermudes aux commandes d’un avion. Comme s’il fallait rester là à l’attendre.

Mais Paloma a la bougeotte et rêve de voir en vrai ces villes enfermées dans des boules de neige rapportées par son père plutôt que de continuer à les collectionner. Paloma veut voir ce qui se cache derrière la montagne, dans les villes voisines et encore plus loin. Paloma tient de son père, vous l’aurez compris.

Voilà ici un bel album avec des illustrations qui se répondent, certaines en noir et blanc et d’autres avec une profusion de couleurs. Un album qui donne envie de partir et de voir du pays. Un album aussi, et surtout, sur le fait qu’il ne faut pas aller contre sa nature, quand c’est possible.

Mais, si l’on y pense bien, il y a sûrement une part de Paloma en chacun d’entre nous.

Le marchand de bruits

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J’ai eu l’occasion d’assister récemment, dans le cadre du Festival du Jamais Lu à la lectrice de deux pièces de Martin Bellemare, Le cri de la girafe et L’oreille de mer, lesquelles exploitent tous les deux le rapport aux bruits, l’importance de ceux-ci, et même la trop grande place qu’ils prennent parfois dans nos vies.

Je ne pouvais donc qu’être attirée par Le marchand de bruits, un album signé Anne Rozen et illustré par François Avril, publié en 2002, qui raconte les aventures de Monsieur Boum, célèbre inventeur de bruits. Des bruits qu’il vend d’abord au marché, ne se laissant jamais douter de lui, malgré la mine dubitative de certains.

Patac, Plickti, Flouboulou, Scouboum et autres bruits feront la fortune de Monsieur Boum, mais ne le mettront pas à l’abri de jaloux voulant à tout prix s’approprier ses inventions.

Le résultat est un album sympathique, sans prétention, qui ne se prend pas au sérieux et qui donne envie de donner des noms aux bruits. Un bien joli jeu, non?

Rue des Blancs Nuages

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Dès la première image de Rue des Blancs Nuages, j’ai eu un sourire grand comme ça. Est-ce le mignon narrateur qui m’a fait craquer? Son adorable chat? Son chien à roulettes? Sa voiture de pompier? Je ne sais pas. Probablement tout cela. Les illustrations d’Emmanuelle Colin sont si gaies. Et le texte de Juliette Parachini-Deny tout en vers vous donne envie de le lire à haute voix et même, de l’apprendre par cœur.

Pas de drame ici, pas de déchirement non plus, même s’il s’agit d’un déménagement. L’auteure, au lieu de mettre l’accent sur ce que l’enfant laisse derrière lui, amis et souvenirs, a plutôt choisi de nous présenter sa nouvelle vie. C’est donc une visite des différents étages de la nouvelle demeure du jeune narrateur qui nous est proposée ici, de même qu’une rencontre avec chacun des occupants, de la dame aux oiseaux à celle qui prépare son mariage, en passant par Alysée, sa préférée.

Il fait bon le bonheur dans l’immeuble de la rue des Blancs Nuages. Il y fait bon aussi tout derrière, là où est la plage. Là où l’aventure guette le lecteur qui s’y aventure.
Il fait bon le bonheur de la première à la dernière page de ce tendre album aux couleurs vives. Et du bonheur, on n’en a jamais assez. Profitons-en quand il s’offre à nous de si jolie façon.

L’après-midi d’une fée

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J’aime qu’on me détourne de la réalité, qu’on m’emmène sur des routes insoupçonnées, qu’on me prenne au dépourvu. C’est pourquoi j’ai eu un véritable coup de foudre pour l’album d’André Bouchard, L’après-midi d’une fée.

Tout cela parce que Margot et Hortense ont su me captiver dès la première page, l’une avec son costume de fée, l’autre en applaudissant aux succès de son amie qui semble avoir reçu pour son anniversaire en accompagnement au costume une véritable baguette magique, même si sa technique n’est pas tout à fait au point. Le lecteur va donc d’une surprise à l’autre, ravi de voir les choses se transformer et reprendre leur forme habituelle. Jusqu’à ce que Margot transforme son amie en crapaud et ne soit plus en mesure de lui redonner son corps d’origine.

Mais comment annoncer la nouvelle à la mère d’Hortense? Je ne vous dirai pas un mot de la fin, la surprise étant une réussite totale et parfaite qui vous laissera bouche bée. Il fallait y penser, quoi.

Un album à offrir à toutes les fées et magiciens en herbe. Filles et garçons seront enchantés par cette rocambolesque aventure qui offre, en plus d’une histoire originale, amusante et bien tissée, des images en noir en blanc avec une touche de couleur qui ont eu l’heur de beaucoup me plaire, même si les sujets de certaines sont peut-être rébarbatifs à prime abord.