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Le goût du bonheur

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Nul besoin d’avoir perdu le goût de sourire et de rire pour se plonger dans le magnifique album de Christine Pompéï, illustré par Nancy Ribard, Le goût du bonheur. Mais ce qui est assuré est que vous aurez un large sourire quand vous atteindrez la dernière image de cet album, après avoir suivi Léo dans son enquête.

Pas simple de trouver ce qui a pu arriver au sourire de sa maman. L’aurait-elle avalé par inadvertance? Se serait-il envolé afin de visiter les pays chauds? Serait-il tombé dans l’escalier? Ce sont là autant de possibilités pour Léo qui veut à tout prix que sa mère retrouve son sourire. S’il le faut, il en fera son métier. Il décrochera des rires avec une longue perche, ouvrira une clinique de rirologie, enseignera le rire.

L’imagination de l’enfant est sans fin. Et la tendresse qui de se dégage de chacun des mots, de chacune des images, fera battre votre cœur et souhaiter que Léo réussisse son pari.

Quant à celui de Christine Pompéï et de Nancy Ribard, il l’est. Le goût du bonheur est un bijou.

Les douze manteaux de maman

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Quel beau livre que Les douze manteaux de maman! Écrit par Marie Sellier et illustré par Nathalie Novi, l’album nous présente avec énormément de tendresse douze regards sur sa maman par un enfant. Pour ce, il imagine des manteaux dans lesquels elle se glisse afin de devenir, entre autres, rêveuse, chatouilleuse, en colère et supermaman.

Un album où la poésie est autant en mots qu’en images. Un album qu’on prend le temps de savourer tant il est harmonieux, même si le ciel n’est pas toujours bleu pour maman. Un album qui donne envie de s’attarder sur chacune des illustrations pour découvrir ce qu’elles cachent.

Un album à offrir à toutes les mamans pour entamer le dialogue avec leurs enfants. Parce qu’une maman, ce n’est pas qu’une maman. C’est une femme avec ses rêves et ses regrets, ses silences et ses doutes. Mais surtout une femme toute douce dans les bras de laquelle il y aura toujours une place pour ceux qu’elle aime.

Le collectionneur de gouttes d’eau

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On ne peut pas tout collectionner. Il faut un jour faire un choix et surtout se démarquer des autres. C’est ainsi que Momo, qui voulait une collection originale et différente de celles de ses amis – dédiées aux fourmis, aux papillons et aux étoiles de mer – a choisi de collectionner les gouttes d’eau et de les emprisonner dans des bouteilles pour qu’elles demeurent intactes.

Les gouttes de pluie, tout comme les larmes de joie ou de tristesse de même que les gouttes d’eau venues de partout et recueillies avec amour par Momo s’accumulent et s’entassent à mesure que la collection du jeune garçon s’étend. Tant et si bien qu’il y en a partout, partout.

Mais le père de Momo a trouvé un emploi dans une autre ville. Il faut donc quitter le grand appartement que la famille occupe pour un beaucoup plus petit, ce qui signifie que Momo devra se défaire de la plus grande partie de sa collection. Mais quelles gouttes choisir? Quelles gouttes abandonner?

Momo trouvera la solution parfaite, dont je ne vous dirai rien pour ne pas gâcher le plaisir de la découvrir tant elle vous ravira. Si, si, je vous l’assure.

Le collectionneur de gouttes d’eau est un album charmant, dont on sort avec un grand sourire. Les illustrations d’Oussama Mezher ont un côté vieillot, mais elles accompagnent joliment le texte de Gilles Tibo.

Oui, je le redis, un album charmant.

Et si je ne veux pas?

et si

Ce qui s’avère être un jeu entre mère et fils aurait pu mal tourner. C’est ce que je me suis dit à chacun des épisodes alors que Théo semblait prendre plus qu’un malin plaisir à provoquer sa mère au moyen de la question Et si je disais non?

Pourtant, celle-ci ne perd jamais son sang-froid et répond sans hésitation aux suppositions de Théo. Même les plus loufoques et les plus disproportionnées. Car Théo a de l’imagination à revendre en ce qui concerne la désobéissance. Beaucoup, beaucoup d’imagination. Mais sa mère en a tout autant en matière de punitions.

Et si Théo refusait de mettre son assiette dans le lavabo? Et s’il cassait toute la vaisselle? Et s’il sautait avec ses bottes sales sur le divan du salon? Et s’il dessinait sur les murs? Et si sa mère l’envoyait au cirque, au zoo ou sur la Lune pour se débarrasser de lui?

Le thème de l’autorité est assez bien exploité ici par Maureen Fergus, car Théo ne s’en tirera pas avec une pirouette et un bisou. Il devra quand même mettre son assiette dans le lavabo. Par contre, je demeure mitigée face aux illustrations de Qin Ling qui, bien qu’elles collent au texte, n’ont pas la démesure qu’on aurait pu attendre d’elles dans un contexte de débordement et d’escalade comme celui-ci.

Il n’en demeure pas moins que cet album pourra être bien utile à nombre de parents et d’enseignants, car défier l’autorité est toujours tentant pour les enfants. Et même de certains grands.

Les sauvages

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Je n’avais lu que d’excellentes critiques à propos de l’album de Mélanie Rutten, intitulé Les sauvages. Certaines étaient même dithyrambiques. Or, je ne suis pas arrivée à entrer dans l’histoire et à en saisir les sens. Je me suis perdue en chemin alors que les deux héros savaient où ils allaient et qu’ils y allaient sans aucune hésitation.

C’était la nuit et ni l’un ni l’autre n’avaient peur. Au bout du tronc d’arbre dans lequel ils se sont glissés les attendaient des sauvages qui avaient chacun un rôle tandis que certaines choses disparaissaient et que d’autres apparaissaient.

Mais un jour la clairière ne fut plus aussi vaste. Ni aussi claire. Celui qui faisait peur était là tout près. Prêt à être apprivoisé. Et la nuit se termina. Les deux personnages rentrèrent. Le rêve était fini.

Et je suis retournée à la première page. J’ai tout relu une seconde fois, puis encore une fois. Et j’ai chaque fois perdu mon chemin. Probablement parce que le fantastique ne me touche pas. Et qu’il est là, partout, dans Les sauvages.

J’ai compris que ce livre ne m’était pas destiné et que je n’étais probablement pas le public cible de cette aventure à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Et qu’il valait mieux que je laisse d’autres que moi le commenter.

Pour l’amour des livres

Livres volants

Imaginez un homme qui, jour après jour, note dans un livre ses réflexions sur la vie. Imaginez maintenant qu’un ouragan vienne perturber sa vie et efface tout ce qu’il a écrit. Imaginez maintenant que, grâce à cet événement bouleversant, il mettra les pieds dans une bibliothèque et verra sa vie totalement transformée. Imaginez une histoire où il est question de l’amour des livres, un amour qui porte autant sur l’objet lui-même que sur son contenu. Imaginez tout cela et plus encore.

Imaginez que Morris Lessmore, le héros de cette histoire, ressemble à Buster Keaton. Imaginez des images qui ont un côté suranné des plus sympathiques. Imaginez des planches sans couleurs, le temps que Morris se remette de ses émotions, du fait que son livre ait perdu tous ses mots et qu’il franchisse le seuil de la bibliothèque municipale. Imaginez qu’au contact des livres la vie se colore à nouveau.

Imaginez tout cela et vous aurez entre les mains Les fantastiques livres volants de Morris Lessmore, un album créé à partir du film du même nom à qui a été accordé en 2011 l’Oscar du meilleur court métrage d’animation.

Un album à offrir pour faire aimer les livres. Et même, à s’offrir. Il n’y a pas d’âge pour certains livres.

Le bouquet de roses

bouquet de roses

Même si je ne suis pas certaine que des enfants soient en mesure de comprendre le sens véritable de cette histoire et de saisir toute la sagesse qui s’y inscrit, je dois avouer que j’ai été charmée par Le bouquet de roses, un album qui raconte une histoire vraie qui s’est déroulée au Japon dans les années 1950.

Un Français en visite chez un ami japonais reçoit le jour de son départ un magnifique kinono pareil à celui qu’il a vu la veille de la part de la grand-mère de celui-ci. Pour la remercier, il lui envoie un bouquet de roses. Et là débute une autre histoire, celle où l’on découvrira tous les détails relatifs au kimono de même que ce qu’est devenu le bouquet de roses.

Une histoire étonnante, attendrissante et totalement vraie, écrite par Claude Helt, dont on connaît le talent de conteur et de vulgarisateur. Une histoire qui donne à réfléchir et à laquelle les pastels de Nathalie Novi donnent une touche vibrante.

Peut-être pas un album facile d’accès, mais magnifique. Et très émouvant.

Quelle sacrée chance!

chance

Quel joli livre que celui-ci! Séduite par l’illustration de la couverture signée Marion Arbona, c’est avec bonheur que j’ai découvert au fil des pages que toutes les illustrations étaient remarquables. Pleines d’amour, de douceur, de tendresse, de couleurs éclatantes.

Quelle sacrée chance 1

Des illustrations qui ponctuent le texte tout simple, mais grandement évocateur de Sandrine Beau, avec tellement de justesse que cet album qui raconte ce qui précède la naissance est à vous couper le souffle.

Chaque épisode de la vie amoureuse des parents, au moyen de questions qui commencent toutes par « Et si », jusqu’à la conception est attendrissant et fait sourire. Et le fait qu’il s’adresse directement à l’enfant n’est pas sans ajouter un gros plus à cette histoire pour laquelle j’ai eu un énorme coup de cœur.

Quelle sacrée chance 2

J’ai même eu envie d’y coller ma photo, là où il est suggéré de le faire. Parce que mes parents s’aimaient beaucoup et qu’ils s’aiment encore beaucoup. C’est dire à quel point j’ai aimé ce livre!

La reine du Niagara

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Quand il apprit l’existence de celle qu’on appelait autrefois la « reine du Niagara », Chris Van Allsburg, connu notamment pour ses récits fantastiques, décida pour une fois de s’écarter de ses habitudes et d’écrire une histoire vraie afin qu’Annie Edson Taylor ne soit jamais oubliée.

La veuve de 62 ans, n’ayant plus rien à perdre, car sans travail depuis la fermeture de son école de maintien, avec peu d’argent de côté et aucune envie de terminer sa vie dans un hospice, avait décidé qu’elle allait faire fortune en posant un geste spectaculaire et inédit. Descendre les chutes Niagara dans un solide tonneau s’imposa assez rapidement, car elle avait conservé un souvenir très vif de sa visite lorsqu’elle était enfant. Son défi ne pourrait qu’attirer l’attention de milliers de personnes et la rendre riche.

Mais ce ne fut pas ce qui arriva. L’exploit de la sexagénaire attira bel et bien une foule impressionnante et impressionnée. Mais Annie Edson Taylor ne devint jamais riche.

Mais elle demeure à jamais la première à avoir réalisé cet exploit et la seule femme à l’avoir fait seule. Ce que nous raconte Chris Van Allsburg avec talent, ses illustrations étant comme toujours à couper le souffle et le texte sobre et sensible à la fois.

Qu’est–ce qu’elle a maman?

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La dépression n’est pas un sujet facile à aborder, et encore moins dans un album destiné aux petites mains. Le défi était donc de taille pour la la comédienne Sophie Faucher qui avait choisi de s’attaquer à ce thème pour son premier livre pour enfants, en se glissant dans la peau de Théo.

Théo a huit ans et il a décidé d’écrire son journal même si sa sœur lui dit que c’est un « truc de fille ». Et pour une bonne raison : il veut comprendre ce qui arrive à sa mère. Une mère qu’il ne reconnaît plus, qui traîne en robe de chambre, qui pleure souvent, qui panique pour rien et qui est aussi lente qu’une tortue. Une mère qui n’a presque plus rien à voir avec celle qu’il connaît et qui prend plein de pilules de toutes les couleurs. Une mère en pleine dépression. Mais dont elle viendra à bout. On s’en doutait. Un tel album se devait de bien finir.

Mais le chemin emprunté m’a laissé perplexe. Je ne savais pas que le ski avait le pouvoir de guérir les dépressions. C’est pourtant l’impression que j’ai eu au détour d’une page où tout s’est précipité à l’occasion de voyage de ski. Et « précipité » est presque peu dire tant le virage a été rapide. J’ai même pensé que l’éditeur avait fixé le nombre de pages et qu’on n’avait dû en retirer pour s’en tenir au nombre choisi tant le passage de l’ombre à la lumière a été rapide.

Une deuxième lecture a eu le même effet. Je n’ai pas été en mesure de croire en cette histoire malgré les scènes bien décrites et des illustrations signées Florence Leroux pour la plupart assez efficaces, même si un peu rudimentaires. Et je me demande encore pourquoi il n’y a pas de dossier pour les adultes à la fin, ce que j’estime essentiel pour un tel livre.

Autrement dit, Qu’est-ce qu’elle a maman? ne m’a pas convaincue. Un autre album sur le sujet s’avère nécessaire.