Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Martial, un résistant attachant

martial-facteur.jpg

Avec Un facteur dans la résistance Martial, 20 ans, roman destiné aux jeunes, Christine Deroin signe un roman qui nous permet de découvrir l’implication des employés des PPT en tant que résistants par l’interception de courrier, la distribution de tracts et par les cachettes dans les caves des immeubles qu’ils fréquentaient.

Un roman d’autant plus remarquable qu’il est suivi d’un dossier permettant d’éclairer tout jeune lecteur à la fois sur la montée du nazisme, sur les interdictions faites aux Juifs, sur l’Occupation allemande et sur le rôle des PTT. Et de plus, un roman qui se démarque de tous les autres sur le sujet qu’il m’ait été donné de lire et qui met en scène un personnage attachant.

Un conte qui donne de l’espoir

bunting.gif

Nous sommes en 1990 en Bosnie. La guerres est là et il est temps de fuir en apportant le minimum avec soi. C’est ainsi que Viktor, huit ans, Mariana, sa petite sœur et leur mère laisseront pratiquement tout derrière eux espérant au delà de la frontière retrouver le père, vivant dans la clandestinité depuis un moment.

C’est l’histoire de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants qui ont parcouru à pied des kilomètres, dormant le plus souvent à la belle étoile, espérant des jours meilleurs. C’est aussi l’histoire de leur retour chez eux alors que tout est dévasté, que les terres sont ruinées et les maisons brûlées. Pourtant, la vie est là qui a germé en leur absence. Les poissons rouges abandonnés à leur sort dans l’étang familial se sont tant et si bien multipliés qu’une lumière d’or émane d’eux.

Un conte, oui, mais aussi une histoire vraie qui s’est produite à Jézéro et qui a permis à tous ceux rentrés chez eux de survivre. Un livre édité chez Syros avec la collaboration d’Amnesty international.

Un superbe album sur l’intolérance

indesirables.jpg

Il n’y a rien de pire au monde que les intolérants. C’est ce que nous apprenons à la lecture de ce très bel album signé Paule Brière, illustré par le pionnier de l’illustration jeunesse au Québec, c’est-à-dire Philippe Béha.

Oui, disais-je, rien de pire que les intolérants, lesquels sont ici personnifiés par un roi et une reine ayant décidé de n’avoir que des sujets parfaits et pour cela de faire emprisonner tous les indésirables, comme les archipipiques, les yakabeurkset autres xénobtus. Ce qui fait beaucoup de monde.

Heureusement, l’album se termine par un formidable coup de théâtre. Les indésirables, récipiendaire du Prix du livre jeunesse des bibliothèques de Montréal en 2007, est un album qui devrait faire partie de toute bonne bibliothèque jeunesse.

Une aventure loufoque qui vous plaira

echange.jpg

Et si un jour on vous proposait deux magnifiques poissons rouges, qu’échangeriez-vous pour les avoir en votre possession? Votre père? C’est pourtant ce qu’a fait le héros imaginé par l’écrivain britannique Neil Gaiman. Ce qui déclenche une série d’aventures quand il faut le récupérer alors que le papa est passé de maison en maison, chaque fois échangé pour autre chose.

Une aventure loufoque et fantaisiste, vous l’aurez compris, et efficacement illustrée par Dave McKean. Où finalement on se rend compte qu’un papa — même s’il passe son temps à lire le journal — vaut mieux que tous les poissons rouges de la terre.

Rose Blanche, un album bouleversant

rose-blanche.jpg

Rose Blanche voit la ville où elle vit envahie de soldats et de camions et est un jour témoin d’une scène qui changera sa vie. D’un de ces camions tente de s’échapper un garçon de son âge qu’elle ne connaît pas et qui est très vite ramené à l’ordre, ce qui lui donne l’idée de suivre ce camion.

C’est ainsi qu’elle se retrouvera face à des barbelés encerclant des baraquements et qu’elle tendra le quignon de pain qui est dans sa poche à ces inconnus qui meurent de faim. Geste qu’elle répétera quotidiennement, se privant de manger pour les nourrir. Jusqu’à ce que d’autres soldats, d’autres camions arrivent. Des camions ennemis devant lesquels la population fuit, des soldats qui voient l’ennemi partout…

Un album magnifiquement illustré par Roberto Innocenti et écrit par le journaliste et écrivain suisse Christophe Gallaz dont la fin vous bouleversera.

L’étoile d’Erika

l_etoile_d_erika.jpg

L’étoile d’Erika, c’est celle qu’elle n’a jamais portée, mais celle que les siens avaient sur eux le jour où sa mère la lança d’un train en route vers le camp de Mauthausen. Cette étoile, c’est aussi celle qui veillera sur celle qu’on a projetée dans la vie alors que la mort attendait ceux restés dans le convoi. Cette étoile, c’est celle qui brille depuis et brillera à jamais grâce à cet album racontant son histoire qu’elle a elle-même racontée à Ruth Vander Zee. Une histoire qu’a magnifiquement illustrée Roberto Innocenti.

Un album fort, poignant. Une histoire parmi tant d’autres. Mais chacune est unique et cet album nous le rappelle.

La rédaction de Pedro

laredaction.jpg

Quand j’ai parcouru La rédaction, un album signé Antonio Skármeta — à qui on doit Une ardente patience, un livre magnifique — illustré par Alfonso Ruano, je n’ai pu m’empêcher de penser à Jose, dont la famille a fui le Chili alors qu’il était adolescent. Tant et si bien que Pedro, le héros de l’album, et Jose sont devenus une seule personne. Non pas parce que Jose a peut-être aimé le football dans sa jeunesse, mais parce qu’il a vécu cette même terreur, cette même angoisse que vit Pedro alors qu’a été arrêté le boulanger, le père de son ami Daniel, parce qu’il s’opposait ouvertement à la dictature.

Une peur sourde à mesure que l’enfant comprend que ses parents aussi sont des opposants au régime alors que soir après soir seuls ou en compagnie d’amis ils sont rivés à la radio qui grésille. Et quand on lui demandera d’écrire ce que font ses parents le soir, il rendra une rédaction qui sauvera ceux-ci. Je n’en dis pas plus. La rédaction, à qui l’UNESCO a décerné le Prix du livre de jeunesse sur la tolérance en 2002, devrait faire partie de toute bibliothèque ouverte sur le monde.

Le violon d’Esther

violondans.gif

C’est en découvrant un « tattoo » fait de chiffres sur l’avant-bras d’Esther, sa grand-tante, qu’Alexandra posera des questions à celle-ci. Ce qui réveillera chez elle des souvenirs douloureux dont elle n’aime pas parler. Son arrestation par les nazis, le convoi de Nancy vers une destination inconnue, son violon écrasé par un soldat à son arrivée au camp, ses cheveux rasés, son habit de bagnard, la faim, un soir de décembre 1943. Mais il y a ces chiffres sur sa peau qui lui rappelleront toujours qu’elle est une survivante et qu’elle doit à ce titre ne pas se taire.

L’histoire, racontée avec simplicité par le prolifique Didier Daeninckx et illustrée avec sobriété et efficacité par Pef, est ponctuée au fil des pages de vignettes explicatives qui éclairent le jeune lecteur. Un livre à ajouter à toute bibliothèque jeunesse historique. Pour que nul n’oublie.

La sagesse d’Orpha

wersba.gif

Dès que j’ai lu ce billet signé BelleSahi, j’ai su que j’aimerais moi aussi Notre petite vie cernée de rêves de Barbara Wersba. Peut-être parce qu’on y parle de littérature et de théâtre. Peut-être à cause de l’illustration de la couverture dans laquelle je me suis reconnue.

Mais aussi, maintenant que j’ai dévoré ce roman destiné aux adolescents publié en 1968 sous le titre The Dream Watcher et traduit en français quarante ans plus tard, parce qu’il est questions de différence et des rêves qui sont en nous à propos desquels Orpha affirme : « Les rêves sont la matière de la vie, mais il faut les surveiller et les protéger, comme on protégerait un magnifique château. »

Nous sommes tous des Albert d’une certaine manière. Des adolescents déguisés en adultes qui tentent de vivre leurs rêves ou de les conserver bien au chaud si ces rêves sont pour le moment inatteignables. Nous sommes tous un peu des Albert, mais nous n’avons pas tous eu le bonheur de croiser un jour Orpha, une vieille dame de 80 ans, un peu fantasque, vivant au milieu de ses livres et de ses souvenirs. Mais qu’à cela ne tienne, il suffit d’ouvrir ce livre pour qu’elle nous livre sa sagesse…

Simon, l’enfant rescapé du 20e convoi

simon.jpg

Le 20e convoi est parti de Malines en avril 1943 à destination d’Auschwitz. Il comptait à son bord plus de 1600 Juifs incarcérés à la caserne Dossin (l’équivalent belge de Drancy). De tous les convois qui partirent de Malines, seul celui-ci put être intercepté par la Résistance belge, ce qui permit à 231 personnes de s’échapper (23 furent retrouvées et tuées) dont un enfant.

Cet enfant, c’est Simon Gronowski, le héros de Simon, l’enfant du 20e convoi, une adaptation de L’enfant du 20e convoi (publié une première fois en 2002, puis dans une édition revue en 2005) faite par l’écrivaine belge Françoise Pirart en collaboration avec Simon Gronowski et destinée aux jeunes.

Récit bouleversant qui, dès les premières pages, nous décrit ce convoi qui va vers la mort où sont entassées 1600 personnes dans des conditions qu’on ne penserait même pas donner à du bétail. Simon a chaud, il a soif, il a peur, même si sa mère n’est pas loin. Pour passer le temps, il compte.

Et de compter, il passe à raconter. Son enfance à Bruxelles, ses amis, sa famille, la maroquinerie de ses parents puis les privations, les regards, l’antisémitisme montant, la fuite. Tout ça avec ses yeux d’enfant. Des yeux qui tentent de comprendre. Mais peut-on comprendre une telle haine?

Simon, l’enfant du 20e convoi, c’est l’histoire de Simon avant la caserne et après la fuite jusqu’aux retrouvailles avec son père qui n’a pas été « pris » parce qu’il était à l’hôpital lorsqu’on les a emmenés sa mère, sa sœur et lui. Un livre qui vous touchera, j’en suis certaine, et qui vous poussera à en savoir plus sur la déportation des Juifs de Belgique. Pour ce, n’hésitez pas à visiter le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

challenge.gif