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Un secret bien mince

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Un roman jeunesse portant sur la Résistance en terre belge, voilà qui avait de quoi m’intéresser! C’est donc avec beaucoup de curiosité que je me suis plongée dans Un si grand secret de Martin de Halleux. Et je dois avouer que le livre n’est pas sans intérêt, loin de là, même si on fait ici et là les coins ronds alors que les enfants aiment beaucoup les détails (notamment cet épisode où Cilia, une jeune fille de dix-sept ans gagne Londres à partir de Charleroi en passant par Lisbonne en trois coups de crayon). Et même si le dénouement final où on réalise que le grand résistant n’était pas si blanc que ça laisse un drôle de goût dans la bouche.

Et c’est là que je me suis demandée si l’éditeur avait fait lire le livre au public à qui il est destiné avant de le publier. En effet, il n’est pas tout d’avoir en main un semblant d’histoire, il faut la peaufiner, ajuster celle-ci en fonction de l’âge des lecteurs, lorsqu’il s’agit de littérature jeunesse et faire en sorte que le lecteur, même s’il a appris quelque chose au fil des pages, ne se sente pas floué par la fin. Or, hélas, c’est ce qui m’est arrivé, ce qui ne m’incite pas à vous inviter à la lecture de ce roman qui m’avait pourtant attirée dès le départ et dont j’avais aimé les premières pages.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Regard sur l’innommable

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S’il vous reste un enfant de sept ans et plus à gâter ce Noël et si vous n’êtes pas du genre à faire croire absolument et à n’importe quel prix que nous vivons dans le meilleur des mondes, Les chaussures, un album signé Pépito Matéo et Gigi Bigot, illustré par Isabelle Chatelard, est le livre qu’il vous offrir.

Cet album qui relate l’histoire de petites chaussures qui ne veulent plus avancer dresse avec infiniment de poésie l’histoire de ces enfants qui ont eu un jour à tout quitter à cause d’une guerre, en abordant des thèmes l’exclusion, l’exode, la solitude. Sans que ça soit dit expressément, sans expliquer le pourquoi et le comment, sans jugement.

Un album magnifique. Un regard sur l’innommable. De plus, les auteurs reversent leurs droits à La Cimade, une organisation humanitaire créée en 1939.

Querelle autour d’un œuf

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J’aime qu’on me raconte des histoires. J’aime quand celles-ci ont en même temps quelque chose de la littérature orale et un ton poétique. Quand elles dessinent des images au milieu des mots que je lis. Je ne pouvais donc qu’aimer ce récit véridique de José Luandino Vieira, auteur né à Lisbonne en 1935, mais ayant vécu presque toute sa vie en Angola puisque ses parents s’y sont installés alors qu’il n’avait que trois ans. Militant et engagé politiquement en faveur de l’indépendance de son pays d’adoption, il a passé nombre d’années en prison puis a été le secrétaire général de l’Union des écrivains angolais, dont il est un des membres fondateurs, pendant 17 ans, alors qu’il publiait romans, nouvelles et contes. Une carrière littéraire couronnée en 1996 par le Prix Camões qu’il a décliné pour des raisons personnelles.

Histoire de l’œuf et de la poule (Extrait de Luuanda, publié en 1963) raconte une querelle, celle qui oppose deux voisines, afin de déterminer à qui appartient l’œuf que la poule de l’une a pondu dans la cour de l’autre. Une bagarre à laquelle tout le monde se mêlera et où chacun des intervenants invités à émettre un avis y ira d’un jugement différent.

Un joli conte plein d’humour qui nous révèle avec finesse les travers des êtres humains.

Un album de toute beauté sur la neige

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Qui aime la peinture, qui a envie de découvrir le peintre québécois Clarence Gagnon, qui aime les beaux albums et les belles histoires trouvera avec Grandir dans la neige plus que du bonheur.

À partir de toiles de l’artiste, l’écrivain Gilles Pellerin à qui on doit de très beaux recueils de nouvelles et des essais sur la littérature, raconte l’histoire d’Olivier, cet enfant né ailleurs qui a été adopté par un couple québécois. Un enfant qui, cet hiver-là, se pose nombre de questions sur son identité, son appartenance, ses racines et sur le fait de grandir dans ce pays où la neige prend tellement de place.

Autour de lui gravitent bien entendu ses parents, mais aussi son grand-père, le meilleur ami de son père. Or, chacun d’eux par les histoires qu’ils lui raconteront éclairera cet hiver-là d’une lumière nouvelle, de telle sorte qu’Olivier pourra, fort de tout ce qu’il a entendu, traverser tous les hivers à venir.

À l’histoire d’Olivier s’ajoute aussi une rencontre, celle avec Clarence Gagnon, puisque père et fils passent un moment au musée à aller de toile en toile. Ce qui fait dire à l’aîné ceci : « Ce qui me touche dans une œuvre d’art, c’est d’y deviner la présence de sentiments. »

Oui, un très bel album que Grandir dans la neige publié par le Musée national des beaux-arts du Québec. À glisser dans la hotte du père Noël. Absolument.

Finesse, sagesse et humour au secours des mots

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Il est des livres qui nous passent entre les mains et qui nous font dire qu’il faudra bien un de ces jours s’attarder longuement à les décortiquer de la première à la dernière page. Tel est le cas d’Encyclopefdie de Pef, le créateur du prince de Motordu que, du temps de ma vie de libraire, j’avais eu l’occasion de feuilleter bien trop vite en promettant à ce livre des jours meilleurs. Des jours qui sont enfin venus, puisque j’ai passé des heures de bonheur en compagnie de ce livre qui est un pur ravissement pour ceux qui aiment la langue française et les jeux de mots intelligents qui attisent l’imagination.

Un album ludique qui offre tant de possibilités aux enfants, aux parents et aux enseignants que j’ai presque envie de dire qu’elles ne s’épuiseront jamais. Et parce qu’il n’est pas de meilleure façon pour vous montrer la finesse, la sagesse et l’humour de Pef que d’en extraire des extraits, ce dimanche sera consacré à des citations extraites de cet album qui sera, pour l’occasion, offert à des enfants et des adultes lisant ensemble, pour le bonheur des petits qui redonneront aux grands le temps d’un dimanche leur cœur d’enfant.

Un jeu qui tourne mal

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C’est un tout petit livre (une soixantaine de pages) que nous offre l’écrivain Bart Moeyaert avec Oreille d’homme. Un auteur que j’ai découvert récemment et dont je vous ai parlé ici.

Dans ce roman destiné aux jeunes, on retrouve des enfants qui, à cause d’une dispute familiale, deviennent inséparables. En fait, cousin et cousine se suffisent à eux-mêmes et deviennent l’un pour l’autre cette part manquante qui leur était nécessaire pour exister. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient jusqu’à ce que la famille se trouve à nouveau réunie à cause d’un enterrement et que Nisse montre son vrai visage. Un visage dur, voire monstrueux et même cruel. Un visage qui changera la donne du tout au tout et qui donnera aux lecteurs matière à réfléchir. Il est parfois des jeux qui vont trop loin et Bart Moeyaert nous le montre ici sans détour mais avec juste assez de subtilité.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Carrière solo, pour ne plus être une marionnette

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Décidément, l’auteur belge Nicolas Ancion, dont je vous déjà parlé deux fois récemment (à savoir ici et puis ) fait tout pour que je lise tous ses livres!

Son humour décapant, les belgicismes qu’il dépose au hasard des pages, son imagination sans bornes, tout est là pour faire de Carrière solo un roman qui saura plaire à nombre d’ados en démystifiant le beau monde du show-business qui n’est pas si beau que ça quand on voit comment on peut fabriquer un groupe à partir de rien et en manipulant la presse. Tel est en quelque sorte la toile de fond de ce roman qui raconte la fugue de Michaël qui en a marre d’être une marionnette au sein d’un groupe de quatre garçons qui se trémoussent sur scène afin que jeunes demoiselles (et leurs mères) en redemandent. Une fugue qui le mènera chez son ami Tony, en banlieue de Liège, et qui le sauvera de sa propre vie dans laquelle il n’est pas heureux. Un livre qui écorche le star système — ce qui n’est pas pour me déplaire — tout en étant un beau roman sur l’amitié. Un livre qui vous donne envie de vous étendre dans un champ pour regarder le ciel tandis que les vaches broutent tout à côté. Une envie de Michaël qui deviendra la vôtre si d’aventure vous parcourez ce roman au rythme enlevant où tout bouge plus vite que le Thalys!

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Un album pour suivre le parcours d’une lettre

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Quel bel album que celui proposé par l’artiste belge Catherine Fradier. Un album plein de tendresse qui raconte l’histoire d’une lettre couverte de cœurs qui va traverser la planète pour atteindre son destinataire. Non sans s’arrêter ici et là en passant de main à main.

Un album qui raconte le parcours d’une lettre. Tout simplement. Un bien bel album à ajouter à votre liste d’incontournables si vous avez de petites mains à gâter dans votre entourage. Il saura vous ravir tout autant que celui ou celle à qui vous l’offrirez.

Et si vous avez envie de faire plus ample connaissance avec Catherine Fradier, n’hésitez pas à parcourir son blog plein d’humour.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Quand adolescence rime avec secrets

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C’est au bord d’un lac, là où s’échangent des secrets, en douze scènes, que se déroule Embrasse-moi de Bart Moeyaert, natif de Bruges, un roman destiné aux ados. C’est là que Molly et la Fausse Blonde doivent faire part l’une à l’autre d’un secret. Mais la seconde se défile, ce qui donne lieu à la déception, la rancœur et tout ce qui peut agiter le cœur d’une adolescente peu entourée, laissée pour compte à cause de son obésité et qui espérait autre chose que cette fuite.

Un roman qui a le ton du secret tout en étant là son thème, tel était le défi de cet auteur prolifique. Un roman qui commence par nous dérouter, mais qui peu à peu nous emmène avec finesse dans les terres retranchées de l’adolescence dont nous ne sommes pas si loin, malgré tout. Celle des amitiés qui égratignent, celle du mal de vivre, celle des blessures jamais refermées. Un roman qui dévoilera son secret, tout comme son titre, à la toute fin.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Au pays de la funama

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Jean-Yves Loude connaît bien le Cap-Vert tout comme il connaît les quartiers africains de Lisbonne. Il nous l’a d’ailleurs montré dans un formidable récit dont il est question ici. Pas étonnant donc que Le fantôme du bagne, un roman destiné aux 7 ans et plus se déroule dans un pays qui lui est cher et où la musique est omniprésente.

Il est donc question de musique, de la funama, cette « musique chaude, inventée par les descendants des esclaves noirs de mon île, Santiago, pour répondre aux coups de bâton du destin », raconte Zé, dix ans, le narrateur. Une musique qu’il a si bien dans les veines que le plus souvent possible il sort son accordéon que lui ont envoyé ses parents, partis pour Lisbonne dans le but d’y trouver un meilleur sort, afin d’accompagner la voix de son grand-père à qui il a été confié.

Il est aussi question du bagne transformé en école, là où il passe ses journées mais où il n’entrerait jamais quand il fait noir d’autant plus que nuit après nuit on entend gémir le fantôme d’un prisonnier dont l’âme n’a trouvé ni la paix ni la liberté. C’est sans compter sur les beaux yeux d’Esperança… C’est son père le fantôme du bagne et elle a besoin de Zé… La suite? Vous la découvrirez dans ce très beau roman de Jean-Yves Loude illustré par Alex Godard.