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Marre de l’amour

Il faut que je vous dise une chose. J’ai adoré Marre de l’amour de Maud Lethielleux. Mais vraiment et pas qu’un peu. Eh oui, je l’ai dit. Ce n’est pas parce que je ne suis plus une ado que je ne peux lire des livres qui s’adressent à eux, n’est-ce pas?

Ceci, j’avoue aussi que dès le quatrième de couverture parcouru, j’étais conquise. Et une fois n’est pas coutume, le livre a été à la hauteur de son bref résumé. Marre de l’amour est un savant mélange d’humour, de psychologie et de sociologie, qui nous raconte les aventures de Pierrot, dont la vie est bien différente de celle de tous ses amis. C’est que Pierrot vit avec ses deux parents, pas une semaine chez l’un et une semaine chez l’autre, non, des parents qui vivent ensemble. Et pire : qui s’aiment. Qui s’aiment tellement qu’ils passent leur vie à se bécoter pour la moindre raison. Non mais, un peu de tenue!

Or, Pierrot voudrait bien des parents normaux, pas ces adolescents attardés qui en portent le nom. Il va donc s’employer, avec la complicité de ses amis, à faire en sorte que ses parents se séparent. Parce que, c’est simple : il en a marre de l’amour. Vraiment marre? C’est ce que vous découvrirez si d’aventure vous vous plongez dans ce roman où tout défile à la vitesse grand V.

Il faut que je vous dise une chose. J’ai adoré Marre de l’amour. Et tant pis si je me répète.

Les petits cailloux de Mamayé

Mamayé n’est plus toute jeune. Elle est toute courbée et a maintenant des cheveux blancs. Et puis, elle est toute ridée. Mais ce n’est pas ainsi que Sandrine Lévy la décrit. Parce qu’elle a choisi de parler de la vieillesse avec poésie. Mais ce n’est pas ainsi que l’illustratrice Coralie Saudo l’a imaginée. Elle a plutôt fait d’elle une jolie vieille dame aux joues rouges qu’on a envie d’embrasser.

Mamayé n’est pas ridée, elle a le visage tout froissé. Et si elle marche pliée en deux, c’est parce que le poids de son âge la fait plier. C’est vrai que Mamayé n’est plus toute jeune. Mais elle a plein de choses à vous dire, plein de souvenirs à partager avec vous. Écoutez-la. Regardez-la. L’âge est peut-être venu lui voler la couleur de ses cheveux, mais pas la vie qui est en elle.

Un album qui fait de la vieillesse un poème.

Un roi qui bougonne

Si vous avez dans votre entourage un enfant qui a adopté le « non » pour répondre à toutes les questions et qui trouve des défauts à tout, Un ami pour le roi Bougon est le livre à lui offrir.

En effet, dans cet album qui met en scène le personnage créé par Philippe Béha, lequel est le héros d’autres épisodes, le roi Bougon qui bougonne tout le temps voudrait bien un animal de compagnie. Mais aucun ne semble lui convenir. Préférerait-il la solitude à un chien parce qu’il est trop collant, à un cochon parce qu’il pue, à un perroquet parce qu’il parle tout le temps? C’est la question que soulève ici l’auteur et illustrateur de cet album plus que ludique, car l’enfant, au détour de chaque page apprend que nul n’est parfait. Pas même un ami. Et que c’est bien comme ça.

À offrir, même aux enfants qui ne disent pas tout le temps « non ».

Comment naissent les vagues?

Imaginez un enfant à l’imagination des plus fertiles assis sur un banc face à la mer en compagnie de sa mère. Imaginez-le maintenant en train de poser des questions sur les vagues. Des questions loufoques qui vous feront sourire bien grand d’autant plus que la mise en page choisie pour cet album est une belle réussite. Dans la page de gauche, la question. Dans celle droite, l’illustration qui lui correspond.

Vagues qui boivent du lait, usines à vagues, dompteurs de vagues et même une collection de vagues ne sont là que quelques-unes des idées que suggère l’enfant face à la mer, lesquelles pourront sûrement susciter d’autres questions chez l’enfant à qui vous l’offrirez.

Maman solo

Quel album de toute beauté que Maman solo! Chaque illustration est un poème en soi et l’histoire qui nous est racontée ici a de quoi faire rêver longtemps, longtemps…

Comme la maman de Malou est soliste dans un orchestre et qu’elle élève seule sa petite fille, elle la traîne partout avec elle. La petite voyage donc beaucoup, bien sûr. Cela l’amuse al plupart du temps de changer de ville, d’hôtel, de salle de concert. Mais elle a le sentiment qu’il lui manque quelque chose, comme il manque aussi quelque chose à sa maman malgré la vie qu’elles se sont faite. Et si tout changeait un jour? Et si une autre vie les attendait? Et si elles étaient faites pour la vie de cirque et une grande famille?

Un livre à offrir pour le texte plein de finesse de Paule Brière et pour les illustrations exceptionnelles de Gabrielle Grimard. Ou à garder pour soi. Pourquoi pas?

Titre pour le Challenge Des notes et des mots challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg

De câlin en câlin

Sitôt qu’un câlin est donné, il est bien difficile de le ravoir. C’est ce que raconte Nick Bland dans cet album destiné aux 3 à 6 ans, lequel met en scène Lucie qui demande un câlin à sa maman puis le donne à un autre membre de sa famille, avant d’en recevoir un autre et ainsi de suite. Jolie idée, qui le serait davantage s’il n’y avait cette idée qu’il faut toujours demander un câlin, voire même supplier la personne de qui on en voudrait un, pour obtenir le moindre petit câlin de rien du tout.

« Voler » un câlin me semble beaucoup moins agréable que le recevoir spontanément. Bien montrer qu’on dérange ceux de qui on veut un câlin enlève à mon avis toute la saveur à celui-ci. Dommage. L’idée du câlin qui se transporte et se passe de l’un à l’autre était jolie.

Un livre raté de A à Z

Il est si facile de se faire piéger par le titre d’un livre. Ça m’est arrivé plus d’une fois. Encore il y a quelques jours. Il faut dire qu’avec un titre comme Le pays où poussent les glaces, j’étais déjà séduite. Mais hélas! c’est tout ce qui est réussi dans ce roman destinée aux jeunes lecteurs. Anthony Burgess, l’auteur d’Orange mécanique, avait pourtant une idée : celle de nous entraîner dans un pays où on trouve des cornets géants et des eskimos. Mais il n’a pas su nous faire rêver tant l’histoire nous est contée platement, sans style, sans finesse, à la manière d’un fait divers banal. Quant à Fulvio Testa, responsable des illustrations, il n’a pas réussi à sauver le bateau du naufrage. Pas une minute vous n’aurez envie de goûter ces glaces qui s’offrent sans relâche aux personnages de cette courte histoire. Celles-ci sont fades, moches, sans intérêt.

Il faut plus qu’un semblant d’histoire et un titre pour un livre réussi. Le pays où poussent les glaces nous montre à quel point un livre peut être raté de A à Z.

Une terre pas ordinaire

Il n’est ni évident ni facile d’aborder un sujet comme la mort, et encore moins quand on s’adresse à des enfants. C’est pourquoi il faut lever bien haut notre chapeau au duo composé d’Agnès de Lestrade pour le texte et de Charlotte Cottereau pour les illustrations/collages, à qui l’on doit un album émouvant qui sait dire les choses avec poésie.

L’histoire se déroule sur une planète de papier où vivent Toi et Moi, puis plus tard leur fils Petit Lui. Une petite planète dissimulée derrière la Lune, un lieu paisible où tout est légèreté. Un lieu où il fait bon vivre et aimer, et où grandit Petit Lui qui souhaite voir du pays maintenant qu’il a fait le tour de son univers. C’est ainsi qu’il embarquera à bord d’un avion spécialement conçu pour lui, lequel peut voler grâce à des ailes de papillon.

Au cours de leur périple, les trois personnages de La petite terre de papier feront la connaissance d’une vieille dame qui s’apprête à faire son dernier voyage. Elle veut en effet rejoindre son compagnon qui l’a quittée depuis longtemps maintenant qu’elle estime avoir vécu ce qu’elle avait à vivre. Belle occasion de parler de la vie comme de la mort, de ceux qui nous quittent, et de le faire avec tendresse et pudeur grâce au texte d’abord puis aux illustrations aux teintes chaleureuses faites composées notamment de papier découpé, ce qui ajoute au charme de ce très, très bel album que je recommande sans aucune hésitation.

Les larmes de Fanette

Vous allez adorer Fanette. Même si elle pleure depuis des mois. Même si les illustrations de Manon Gauthier vont vous sembler à prime abord bien tristounettes.

Vous allez adorer Fanette. Parce qu’elle aime les livres. Parce qu’elle aime les bibliothèques. Parce que vous pleurerez aussi quand vous saurez pourquoi elle pleure. Tant et tant que ce ne sont plus des larmes, mais une mare pour les canards qui s’étale à ses pieds. Et qu’il y a tellement d’eau un jour que même les poissons élisent domicile chez Fanette.

Oui, vous allez adorer Fanette. Parce que vous aussi vous aimez les livres et que sans eux il vous est impossible de vivre.

Un livre que vont adorer les bibliothécaires. Et tous ceux, petits et grands, qui fréquentent les bibliothèques.

La longue marche des doudous

Le livre n’est peut-être plus de saison, mais peu importe. Comme j’ai eu un véritable coup de foudre pour La longue marche des doudous, je n’ai pas envie d’attendre à décembre avant de vous parler de ce très bel album qui a pour héros des doudous pour tous les goûts et de toutes les tailles, de l’ours en peluche aux poupées en passant par tous les animaux de tissu et les couvertures.

L’histoire se déroule juste avant Noël alors que tous les doudous ont pris la route du pôle Nord. Ils vont à leur rendez-vous annuel. Et quel rendez-vous! En effet, chacun des doudous, du plus petit au plus grand, du plus jeune au plus vieux et au plus usé, a une requête (ou deux) à faire au père Noël au nom de celui ou celle qui le traîne partout, qui le mâchouille, qui dort avec lui, afin que le 25 au matin tous les propriétaires de doudous trouvent sous le sapin ce qu’ils attendaient.

Par grand froid, comme c’est le cas chez moi en ce moment, rien de mieux qu’un album qui réchauffe le cœur. La longue marche des doudous est le livre parfait pour ça. Mais n’oubliez pas d’installer votre doudou près de vous. Il va adorer cette histoire. C’est Frédéric, mon lion en peluche, qui me l’a dit.