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Toutes les trois

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Nous avions quinze ans. Des trois, j’étais celle qui lisait alors que les deux autres pensaient à leur chevelure et aux garçons. Elles pensent d’ailleurs encore à leurs cheveux et elles ont trouvé LE garçon. Et je n’ai pas cessé de lire. Ni d’écrire.

Peut-être sommes-nous toutes les trois figées à jamais dans une toile d’Anita Klein?

Les samedis d’autrefois

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Je me souviens de samedis d’autrefois alors que j’habitais sur le Plateau Mont-Royal. Je me souviens de l’animation du quartier, de mon panier bleu pour faire les courses, de mon arrêt pour prendre un café en ouvrant le journal offert gracieusement. Je me souviens du bonheur de ce temps-là. Du bistro où je retourne parfois. Où j’ai emmené quelques amis chers à mon cœur. Je me souviens de ces samedis d’autrefois en regardant la lectrice de Peter Collins avec nostalgie.

Mon carnet

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Je sortirai mon carnet, comme en a un le personnage de Zulia Gotay de Anderson. J’y trouverai des phrases jetées en cours de semaine, quelques notes sur des lecteurs potentiels, des impressions sur d’éventuelles lectrices à raconter. J’y trouverai peut-être aussi des mots qui, sur le coup, ont été semés, pensant que quand je les lirais plus tard, me sembleraient évidents mais qui vont me laisser coite et ne rien évoquer. Et puis, j’écrirai, cherchant une toile à joindre à un texte ou m’inspirant d’un tableau. Parce que ce n’est jamais pareil. Le tableau se raconte parfois et d’autres fois, j’illustre ce que je veux raconter. Il n’y a pas de règles. Et je n’aime pas qu’il y en ait quand je peux les éviter…

L’espoir fait vivre

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Il suffit qu’un jour il fasse -21 et le lendemain -8 pour que je me mette à rêver de lire au jardin, comme le fait la lectrice d’Arvid Frederick Nyholm.

Je sais que ce n’est pas pour tout de suite, les prédictions sont là pour le confirmer, mais l’espoir fait vivre, dit-on…

Tout peut arriver

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Le trajet a beau être court, je ne pourrais quitter la maison sans un livre ou deux sous le bras, en plus de celui qui est dans mon sac. Je sais que c’est complètement insensé et que je n’aurai pas le temps de lire plus de trois pages, mais ça me sécurise. Si jamais il arrivait quelque chose, une panne d’électricité au bureau ou un retard quelconque en cours de trajet, je ne serais pas démunie. Il y aurait avec moi un livre, ou deux, ou trois… Je partirai donc tout à l’heure, livre sous le bras, comme la lectrice de Jim Rowe, heureuse. Tout peut arriver : j’ai de quoi lire.

Jour de parfait bonheur

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Il y a des jours de parfait bonheur. Parce que mon amie Caroline m’a envoyé de jolies toiles pour le pays de Lali. Parce que Denise et Géraldine ont fabriqué de magniques diaporamas, la première sur le givre, la seconde sur la beauté de l’hiver, et qu’elles me les ont envoyés pour que je me délecte. Parce qu’Armando m’a envoyé de la musique. Tout comme Denis. Parce que le ciel est toujours aussi bleu et qu’il y a des croissants. Parce que j’ai un fauteuil confortable comme celui de la lectrice de Bruce McColl. Oui, je l’affirme, le parfait bonheur existe.

Les petits livres carrés de mon adolescence

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Y a-t-il encore parmi les lectrices du pays de Lali, certaines qui se souviennent des minuscules romans carrés que nous lisions à l’âge de la lectrice de Kathleen McKenna, dans la collection Mademoiselle Âge Tendre? Ils étaient tout droit issus de la revue du même nom, petite sœur de Salut les copains. Oui, je sais, ça fait un bail tout ça… Trente ans?

Je les avais tous. Comme j’avais aussi une montagne de ces deux revues. Et puis, à vingt ans, grand ménage. Je n’étais plus une adolescente. Je faisais des études littéraires. Pas question que mes amis d’université connaissent mon époque fleur bleue. Et pourtant… Je pouvais passer à quatorze ans de ces romans miniatures (dont certains écrits par Didier Decoin, pas encore lauréat du Goncourt) à Émile Nelligan ou Victor Hugo. Sans problème. Sans cas de conscience, non plus.

On ne peut pas tout conserver, c’est vrai. Et probablement que je n’aurais plus jamais touché aucun de ces romans… Je regrette tout de même de ne pas en avoir gardé un. Juste un, en souvenir de moi…

Probablement

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Comme il est bon le café de ce dimanche matin, alors que la lumière entre par toutes les fenêtres (six en tout) éclairant ma journée de tous les espoirs et me donnant une grande envie d’écrire, de lire, d’écouter de la musique… Des livres sont éparpillés ici et là. Il y en a sur le sofa, comme c’est le cas pour la lectrice de Karen Kinser. Un dans la salle de bains. Trois dans mon lit. Un nombre incalculable dans mon bureau… Certains sont commencés, d’autres attendent leur heure. Et toujours cette soif de tout goûter, de tout lire, de tout écouter. De vivre? Probablement.

La rêveuse

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Il m’arrive de faire comme la lectrice d’Alice Ruggles Sohier, de sortir un livre illustré et de rester des heures à tourner les pages. C’est parfois un livre d’art, d’autres fois un livre d’architecture ou sur un pays. Et le temps passe à me gaver de couleurs et à rêver. Ça ne fait de mal à personne, ça ne dérange personne non plus. Et rêver est une de mes activités préférées… Maman ne m’appelle-t-elle pas « ma rêveuse »?

Sois heureux, Armando

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Même fleur, même jour, même heure. Celle du haut, version Armando. Celle du bas, version Lali. Heureux souvenir que celui où il m’apprenait les angles et la lumière. D’ailleurs, chaque jour il m’apprend quelque chose, même s’il dira le contraire. Et tout ce qu’il m’enseigne éclaire mes jours et les pages de Lali.

Et puisque c’est son anniversaire aujourd’hui, je ne lui souhaite qu’une chose : d’être heureux, heureux jusqu’à l’overdose. Oui, heureux, vraiment. Pleinement. Pas qu’aujourd’hui, mais jour après jour.