Et si la grande toile qui constitue mon univers quotidien, mon lieu de recherche et d’échanges, n’était pas aussi riche, aussi diversifiée, aussi invitante, aussi stimulante, probablement passerais-je à côté de tellement de choses qui ne me seraient pas accessibles. Comme ces tableaux du peintre Aung Kyaw Htet, natif de Rangoon, qui ne seraient jamais venues jusqu’à moi et dont l’univers a réveillé em moi un souvenir de lecture qui date d’un peu moins de six ans. Une époque où je tentais par tous les moyens du monde de me reconstruire et de retrouver le fil de ma vie.
« Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être, d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous… », a écrit le Dalaï-Lama, dont le nom signifie Océan de Sagesse. Était-ce dans L’art du bonheur ou ailleurs? Je sais seulement que ce livre m’a fait comprendre beaucoup de choses. Entre autres, le fait que j’avais le droit au bonheur, que je devais rechercher le bonheur, que le bonheur était essentiel était à la vie. Et qu’il ne servait à rien de chercher le bonheur des autres si on ne pensait à son propre bonheur, ou même pire, au détriment de son propre bonheur. Et curieusement, les phrases du Dalaï-Lama que j’ai lues en ce mois de mars 2002 cautionnaient une décision récente : celle d’être heureuse. Et même si certains jours le parfait bonheur ou celui avec un grand B semble inaccessible, je me dis que la paix avec soi et l’addition de petits bonheurs, c’est peut-être aussi ça le bonheur.
















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