Assise à ma table, je pense à toutes ces heures que je passe à écrire. Peut-être vaines. Mais dont je ne sais plus me passer. Mais dont je ne veux plus me passer. Ces heures qui sont miennes. Précieuses. Ces heures en compagnie des mots. Dont certains, parfois, atteignent quelqu’un. Qui, la plupart du temps, restent lettre morte. Et tout cela est si peu important.
On écrit d’abord pour soi. Et si jamais quelqu’un nous lit, c’est un cadeau du ciel. Et si personne ne nous lit, rien ne nous empêchera d’écrire. Rien ne retiendra le geste. Ni le désir de ce geste.
Et si plus personne ne me lit, je continuerai quand même de m’asseoir là, à ma table, comme l’écrivaine de Theodore Earl Butler. Avec mes mots, mes toiles et mes rêves.










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