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Et si plus personne ne me lit…

teb2

Assise à ma table, je pense à toutes ces heures que je passe à écrire. Peut-être vaines. Mais dont je ne sais plus me passer. Mais dont je ne veux plus me passer. Ces heures qui sont miennes. Précieuses. Ces heures en compagnie des mots. Dont certains, parfois, atteignent quelqu’un. Qui, la plupart du temps, restent lettre morte. Et tout cela est si peu important.

On écrit d’abord pour soi. Et si jamais quelqu’un nous lit, c’est un cadeau du ciel. Et si personne ne nous lit, rien ne nous empêchera d’écrire. Rien ne retiendra le geste. Ni le désir de ce geste.

Et si plus personne ne me lit, je continuerai quand même de m’asseoir là, à ma table, comme l’écrivaine de Theodore Earl Butler. Avec mes mots, mes toiles et mes rêves.

Il y a 40 ans

« L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine; seul l’amour le peut. »
[Martin Luther King] – Extrait du Wall Street Journal – 13 novembre 1962

rose menthe

L’obscurité s’est faite sur lui et sur la terre entière il y a 40 ans. Depuis, un par un, nous tentons de faire jaillir la lumière à nouveau.

Ceux qui écrivent

stoyanova

J’ai toujours aimé regarder ceux qui écrivent. Dans les cafés, dans les parcs, dans les bibliothèques. Depuis toujours. Peut-être parce que je le fais moi-même et que j’aime que d’autres le fassent, que ce soit à cause d’une idée soudaine, d’une inspiration qui va durer un moment ou par habitude.

Il y a dans les gestes de celui ou celle qui écrit de l’application. De la concentration. Et cette volonté inconsciente de ne plus appartenir au monde autre que celui des mots. De ne pas se laisser atteindre par ce qui ce qu’il y a autour de murmures ou de notes de musique, de bruits de klaxons ou de ceux de verres qui se heurtent, de cris d’enfants ou de conversations bruyantes.

Il y a aussi parfois ce regard qui ne regarde pas, juste les yeux qui quittent la feuille ou le carnet, le temps de retrouver le mot, l’expression et parfois le trouble quand celui qui écrivait remarque notre présence.

Et je me suis toujours demandée quel quotidien est celui de qui partage la vie de quelqu’un qui écrivait. Est-ce qu’on le regarde comme on regarde ceux qui écrivent partout ou si on a un regard différent? Se lasse-t-on de voir l’écrivain peint par Olimpiada F. Sloyanova écrire ou est-ce un bonheur continu? Il me semble que pour moi la seconde option s’appliquerait.

Oubliant le temps

alice sommer

Il y a tant de livres ici que je peux aisément aller au fil de mes rayons et faire des découvertes. Livres lus, relus, livres abandonnés en cours de lecture, livres à lire, ils sont là, un peu partout. Attendant que je pose mon regard sur eux. Que j’en prenne un et m’y attarde. Oubliant le temps, oubliant tout ce qui n’est pas le livre déniché. Ce qui fait que je me rends compte, deux heures plus tard, que je suis encore là, au salon, et que le livre est terminé. Et je me demande si ce n’est pas ce qui est arrivé à la lectrice d’Alice Sommer

Le petit chapeau sans forme

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Il n’est pas certain que j’aurais aimé entrer dans certaines toiles où les lectrices chapeautées étaient un peu guindées, pour le moins, mais dans celle-ci oui! La lectrice de Nikolay Repin a tout pour me plaire, même un petit chapeau sans forme. Et surtout un décor de printemps, voire de début d’été, qu’il me tarde chaque jour de voir arriver… Quinze degrés sous zéro le matin de Pâques, c’est un peu trop sous zéro pour moi.

C’est curieux…

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C’est curieux tout ce qu’on commence sans savoir où cela va nous mener. Ainsi, ce jour de printemps 2005 où je me suis mise à la chasse aux lectrices peintes. Qui allait être suivie par la chasse aux lecteurs, celle aux enfants en train de lire, celle aux scènes dans les bibliothèques ou les librairies, celle aux livres bien alignés ou dans le désordre. Ainsi, ce dimanche d’avril 2006 du premier En vos mots qui aurait pu rester lettre morte et qui a été suivi de nombreux autres. Ainsi, cette idée folle de lectrices aux chapeaux pour le dimanche de Pâques. Toutes si différentes. Toutes racontant un moment ou un autre. Certaines plus froides, certaines tout le contraire. Et tous ces décors qui sont les leurs. Certains sont vraiment, mais vraiment, plus que tentants. Comme celui de la lectrice d’Elisabeth Keyser, pour tout vous dire. Je cherche où est la porte d’entrée…

Je ne pensais pas m’amuser autant

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Je ne pensais pas m’amuser autant en choisissant pour ce jour de Pâques des lectrices aux chapeaux. Je ne pensais pas avoir un tel plaisir à leur imaginer des vies, à inventer des histoires, même si certaines sont tristes. Parce que la vie est aussi comme ça.

Non, je ne pensais pas que j’aurais un tel plaisir en ce dimanche pascal à inventer des histoires. Que vous pouvez terminer si vous en avez envie.

Non, je ne pensais vraiment pas à tout cela. Je pensais plutôt à moi sur un banc, avec un chapeau, en train de lire, alors que le printemps serait arrivé par miracle. Et celle peinte par Peter Cooper aurait été parfaite pour que je me glisse dedans.

Elle qui lit Germaine Acremant

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Et si on me demande ce que j’ai fait pour souligner Pâques, je crois que si je raconte que j’ai passé une partie de mon samedi et de mon dimanche à entrer dans des toiles où des lectrices arborent des chapeaux, on va me prendre pour une véritable dingue. Il vaut mieux donc que je raconte que je suis allée souper chez mes parents, ce que d’ailleurs je vais faire tout à l’heure. Peu de gens peuvent comprendre cette folie douce qui m’habite et qui ne fait de mal à quiconque.

Mais peut-être bien que la lectrice de Frederick Childe Hassam le pourrait. Pourquoi donc suis-je en train de l’imaginer en train de lire Ces dames aux chapeaux verts de Germaine Acremant, souvenir de ma propre jeunesse?

Joyeuses Pâques! Les tulipes sont commandées…

ligne tulipes

Joyeuses Pâques! Et bon chocolat. Les tulipes montréalaises sont promises pour le mois de mai… si la neige fond!

Une fleur pour une fleur

pour francine

La vie nous fait parfois des cadeaux inespérés. Et Francine est un de ces cadeaux.

Elle est un rayon de soleil pour tous ceux qui croisent son chemin. Toujours enthousiaste, souriante. Pleine de projets. Et avec des yeux qui pétillent, mais qui pétillent, vous ne pouvez pas imaginer!

Et j’ai cette chance qu’elle partage mon bureau. Qu’elle soit devenue mon amie.

Et pour cette fleur du printemps, dont c’est l’anniversaire, que lui offrir de plus que des souhaits de bonheur? Peut-être une fleur photographiée par Armando, à Bruxelles, pour lui rappeler qu’à peu près à la même date l’an dernier, elle s’apprêtait à découvrir cette ville? Et pour ajouter à une chanson qui lui est dédiée ici?

Bon anniversaire, Francine. Je sais que tu sauras fêter l’événement… Tu es la spécialiste des fêtes!!