Admin:
Archives:
juillet 2026
D L M M J V S
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  
Ce serait si facile

heiss-hermann-1.jpg

Ce serait si facile si les mots venaient tout seuls au bout de la plume chaque fois qu’on en a envie, chaque fois qu’on a le temps. Oui, si facile et si simple, mais ça ne se passe pas comme ça. Si bien que je n’ai d’autre choix que d’écrire dans des carnets que je traîne avec moi et que je sors peu importe l’endroit. C’est dans ces carnets que se tissent des débuts d’histoires, dans ceux-ci que je note les phrases que je lis – ou que j’entends – et dont je ne sais pas si elles me seront utiles ou non un jour.

Non, les mots ne viennent pas quand on le veut, en claquant des doigts… Mais quand ils sont là, quel bonheur! Je les laisse couler et vivre et je programme des billets que j’éparpille dans le temps. Par jeu, pour me surprendre moi-même, parce que je finis par les oublier et qu’ainsi je les découvre à nouveau, au moment où ils sont publiés.

*toile signée Hermann Heiss

La fenêtre ouverte

lorenzo-dante.jpg

Quel bonheur que de pouvoir enfin ouvrir les fenêtres. Lilas, qui en a été témoin à distance, vous le dira : de là-haut on entend les enfants rire et jouer. Et tout ce qu’on a envie de faire, c’est de sourire et de se pencher à la fenêtre pour participer à leurs jeux même de loin. Oui, que bonheur que celui d’ouvrir la fenêtre et d’entendre la joie monter jusqu’à moi, malgré les quelques flocons de neige qui fondent au sol!

Je manquerai toujours de temps

allinson-adrian-paul.JPG

Je manquerai toujours de temps. Même en me levant avant que le soleil ne pointe son nez.

Je manquerai toujours de temps. Pour lire tous ces livres qui s’empilent. Pour écrire toutes ces histoires qui me trottent dans la tête. Pour laisser parler ces toiles qui, jour après jour, croisent mon regard et attendent patiemment mes mots. Parce qu’il faut aussi faire autre chose. De moins poétique, de moins artistique. Telle est cette vie où la vaisselle ne se lave pas toute seule, pas plus que la salle de bain.

Je manquerai toujours de temps. Le pire est de l’accepter.

*sur une toile de Paul Adrian Allinson

Tandis qu’avril s’installe

mozhaev-alexey-vasilievich.jpg

Finiront bien par venir ces beaux jours où on lit dehors, comme c’est le cas de la lectrice peinte par Alexey Vasilievich Mozhaev. Je veux y croire. J’y crois. Matin après matin. Je les sens poindre à l’horizon tandis qu’avril s’installe. Malgré la pluie.

Celui dont je rêve tous les après-midi

bell-fred.jpg

Il y a toujours un moment dans l’après-midi où je me mets à rêver de mon fauteuil. Il n’est pas bleu, comme celui peint par l’artiste Fred Bell, mais vert. Il n’est pas neuf non plus, c’est celui que mes grands-parents avaient dans leur chambre et qu’on a recouvert depuis. Mais c’est MON fauteuil. Celui qui était dans ma chambre d’adolescente. Celui qui me suit depuis mon premier appartement. Celui qui verra sûrement mes vieux jours. Celui dont je rêve tous les après-midi.

Essentiels

kindle-lauren.jpg

Essentiels comme le sont le pain, les œufs et les fruits, comme l’est le café pour certains. Essentiels comme l’air qu’on respire. Ces mots qu’on dépose ici et là. Ces mots qui nous sont envoyés par la poste ou par courriel.

Ces mots d’amour ou d’amitié qui, au quotidien, ponctuent le rythme de journées qui n’en finissent plus de finir et qui, d’une certaine manière, font plus que nous tenir en vie.

*sur une toile de Lauren Kindle

Sur une page à venir

appleton-jean-1.jpg

appleton-jean-2.jpg

Quels mots apportera le nouveau jour? Quelles nouvelles qu’on aimerait mieux ne pas connaître? Quelle tristesse ou quel tourment qui en découlera? Tant de mots parfois font si peur que le livre de la vie semble à jamais ouvert sur la page où ils se posent. Et pourtant, il y a sûrement un papillon qui s’envole sur une page à venir.

*sur des toiles de Jean Appleton

Est-il normal?

alison-david.JPG

Est-il normal que je ne supporte pas le brouhaha quand je rentre dans ma tanière? Est-il normal que mes voisins tiennent une partie de leurs conversations avec qui entre et qui sort de chez eux sur le palier à haute voix et qui plus est, pendant un long moment, bien plus long que ne l’exigent des salutations? Est-il normal, de plus, que ça m’exaspère autant de les entendre comme s’ils étaient dans la pièce où je suis?

*sur une carte postale de l’artiste David Alison

Probablement que je me tairai

mertz-tisa.JPG

Probablement que je me tairai. Que je ne raconterai pas que je suis allée examiner de près les bourgeons d’un arbre. Ni que j’ai déposé du pain sur le bord de ma fenêtre pour les merles qui ont élu domicile dans le sapin en face de celle-ci. Ni que j’ai passé du temps dans les pages d’un livre en levant parfois les yeux pour voir si les nuages avaient bougé. Ni que j’ai laissé la fenêtre grande ouverte parce que j’étais heureuse qu’il fasse presque 15 degrés. Oui, probablement que je me tairai. Ces choses-là se vivent, mais se racontent si peu.

*sur une toile de Tisa Mertz

J’aime parfois certains objets

brodie-jean-1.jpg

brodie-jean-2.jpg

J’aime parfois certains objets. Des foulards. Des vases ou des boîtes peintes. Des sculptures. Plus rarement, certains bijoux.

J’aime surtout les livres et les toiles. Presque rien n’est plus beau qu’un livre ou une toile qui m’inspire.

Seul le visage de celui que j’aime peut les égaler. Objet seulement… de mon désir.

*sur des toiles de Jean Brodie