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Tant pis s’il pleut…

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Et tant pis s’il pleut pour ce jour qui n’est pas férié chez nous et qui d’une certaine façon l’est pour moi puisque je prends aujourd’hui ma dernière journée de vacances de l’année 2008. Oui, tant pis. J’entrerai dans les toiles de l’artiste Giuseppe Cacciapuoti et je serai tour à tour liseuse ou écrivaine.

Il y aurait une fenêtre

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Il y aurait une fenêtre qui donne sur un champ, un jardin, un parc ou des fleurs. Il y aurait une table pour écrire au bord de la fenêtre. Et toute la journée, je serais là à cette table. À rêver, à lire, à écrire. Peut-être qu’un oiseau viendrait me dire bonjour avant de partir sillonner le ciel. Et que je le laisserais partir avec mes mots pour qu’il les dépose au hasard de ses voyages.

*sur une toile d’Aaron Johnson

Bonnes vacances Lilas!

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Dans 24 heures, notre amie Lilas prendra la route. Puissent ces vacances lui donner l’occasion de se dévêtir de toutes les douleurs qui l’encombrent, comme on effeuille une marguerite, que lui offre Chantal pour lui dire qu’elle pense à elle. Puissent-elles aussi être moments de bonheur, ceux où elle cueille en images quelques moments attendrissants dont nous pourrons profiter à son retour.

Les livres qu’on ne finit pas

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Longtemps, j’ai lu des livres qui ne m’intéressaient dès la première et ce jusqu’à la dernière. Parce que je me sentais coupable si je ne le faisais pas. Même si le livre me tombait des mains, si je n’en aimais pas l’écriture, si je trouvais le personnage principal antipathique, si j’estimais que rien ne tenait debout, s’il y avait un nombre impressionnant de coquilles, même si, quoi.

Et puis, un jour, j’ai dit assez. Est-ce que je mangeais un plat trop salé ou une viande pas suffisamment cuite; est-ce que je buvais du lait qui avait tourné; est-ce que je tolérais des musiques qui m’agressaient; est-ce que je déposais ma main sur un rond allumé? Non, je ne faisais rien de tout cela. Pourquoi alors devais-je aller au bout d’un livre alors que si celui-ci avait été un CD je l’aurais rangé après trois chansons? Pourquoi devais-je gober sans ronchonner toutes ces erreurs de dates alors que ça me donne de l’urticaire au cerveau? Pourquoi devais-je en voir la fin? Pour dire ouf? Pour dire enfin? Non, la vie est bien trop courte pour cela.

Je ne suis pas coupable. Ni de ne pas tout aimer ni d’abandonner un livre avant la fin.

*toile de Pierre Lohner

Petits bouts de phrases

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Petits bouts de phrases trouvés dans ses poches ou ailleurs. Mots qui sont siens mais dont elle n’a aucun souvenir. Mots qu’elle met côte à côte, qu’elle assemble comme la couturière fait un vêtement, comme l’artiste colle ses pièces pour que se crée une image. Et de cette construction naît parfois un texte ou un morceau qui trouvera sa place un jour ou l’autre.

*sur une toile de Cathleen Rehfeld

Ce que je vois dans ma pile

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Je ne me souviens pas d’une époque sans pile de livres à côté de mon lit, que ce soit sur la table de nuit ou par terre. Mais pile il y avait, pile il y a. Presque toujours faite d’une dizaine de livres, rarement moins, parfois plus. Une pile que je regarde et qui, à sa manière, me rassure. Des jours de bonheur m’attendent dans ces pages que je tournerai, dans ces livres que je tirerai de la pile au hasard ou selon l’humeur. Oui, c’est cela que je vois dans ma pile. Des instants à venir, et l’assurance qu’ils me combleront.

*sur une toile de Lesley Banks

Il doit bien y en avoir encore quelque part

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J’aimerais un jour trouver une de ces vieilles machines à écrire dans un marché aux puces ou une vente de garage. Car il doit bien en traîner encore quelque part.

Si un jour j’avais la chance de faire une telle trouvaille, je déposerais celle-ci sur une table ou sur un des rayons de mes nombreuses étagères. Comme je le ferais d’une œuvre d’art. Et je la regarderais, en caresserais les touches, en me disant que de grands romans ont été tapés sur une machine comme celle-ci.

*illustrations de Monica Barba

Allez hop!

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Allez hop, un dernier café et je suis en route pour Québec. Pas pour longtemps; le temps d’une réunion autour d’un repas. Mais avec l’espoir que nous serons un peu en avance, ce qui me permettra de prendre quelques photos. Ah oui, faut pas que j’oublie l’appareil. Ni mon carnet ou ma plume.

Je crois que j’ai tout. Je peux y aller. J,ai même pensé à vous programmer de la lecture.

*toile de John Michael Carter

Comme pour arrêter le temps

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J’ai eu le bonheur, il y a quelques jours, de recevoir un commentaire de l’épouse de Murat Kaboulov sur ce billet. Un commentaire qui m’a grandement touchée, d’autant plus que pour le tableau de ce billet, c’est elle qui a servi de modèle.

Et quand on lit ce qu’il dit de l’art, on ne s’étonne pas de lire ceux de celle qui l’accompagne. Si bien que j’ai envie de vous offrir une autre toile de cet artiste qui a quitté la Russie pour les États-Unis et qui sait retenir avec tendresse quelques traces de l’existence. Comme pour arrêter le temps.

Et je resterais là toute la journée

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Une fois encore, comme si souvent, je n’ai nulle envie de partir.

Je m’installerais dans une toile, je prendrais la pose et peut-être que le bruit des pages qu’on tourne serait si subtil qu’on penserait que je ne bouge plus.

Et je resterais là toute la journée.

*toile de Christina Backlund Newton