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Les piles du bonheur

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Bonheur de toutes ces piles. Sur la table de chevet. À côté de l’écran. Sur le sofa. Dans mon lit. Dans tous ces endroits où je n’ai qu’à tendre le bras.

Bonheur de toutes ces piles où se côtoient recueils de poèmes et romans, récits et guides, desquelles je tire ce que j’emmènerai avec moi pour glaner quelques pages en cours de journée.

*toile de Kiko Rodriguez

Papotage de filles

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-Tu sais qu’un homme qui a plusieurs femmes, on dit qu’il possède un harem, tandis qu’une femme qui a plusieurs hommes, on dit qu’elle a une cour à scrap*?
(*une cour à scrap, anglicisme en usage au Québec est l’équivalent d’une décharge de voitures où on peut acheter des pièces)

Cette phrase est tirée d’un recueil de Suzanne Myre, mais elle a tout des conversations entre filles. En tout cas, celles que j’ai entendues. Et plus d’une fois, d’ailleurs. Ne serait-ce que quand une chanteuse d’origine italienne a épousé un président et qu’on a cru bon d’étaler la liste de ses conquêtes pour faire d’elle une trainée.

Bien sûr, celles qui font craquer les hommes ne sont jamais bien vues. Elles ont tous les défauts du monde. Ce sont des arrivistes, des briseuses de ménages, des sans scrupule et sans morale, des trainées, quoi. La plupart des femmes vous le diront.

Bien sûr, les hommes qui font craquer les femmes sont des séducteurs. Ils sont beaux, ils ont du charme, du charisme et tout un tas de qualités qu’il serait trop long de lister ici. D’ailleurs, la plupart des femmes vous le diront.

Et ça me dérange qu’il en soit ainsi. La femme qui a connu plusieurs hommes, y a-t-on jamais songé, en a peut-être connu autant parce qu’elle a été souvent rejetée et non pas pour faire collection. Qui, en effet, veut toute sa vie aller de l’un à l’autre sans qu’aucun ne veuille la garder? Et pourtant, celle qui n’a pas eu de chance doit en plus être lapidée par ses sœurs.

Il y a décidément quelque chose qui ne tourne pas rond. Et qui risque de ne pas tourner rond encore longtemps. Juger est si facile. Rejeter aussi. Tout comme dire du mal.

Pourtant, celle aux conquêtes nombreuses ne dira jamais du mal des malheureuses qui ont épousé le premier venu et qui toute leur vie se plaindront de s’être mariées trop tôt, tout en maintenant le carcan dans lequel elles sont enfermées de peur de se retrouver seules ou de devenir des trainées. Elle se tait. Elle sait qu’on ne veut pas entendre sa note discordante dans le magma des idées toutes faites.

Secrètement, elle espère qu’un jour un homme sera fier d’avoir à son bras celle qui ne va plus de bras en bras parce qu’elle a trouvé ceux qu’elle attendait, et que ces bras ce sont les siens et ceux d’aucun de ceux dont elle a gommé les prénoms et les visages et qui sont retournés d’où ils venaient : d’une cour à scrap.

*toile de John Yardley

Il faut que je te lise quelque chose

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Ça commence toujours ainsi. Il faut que je te lise quelque chose. Un article, un paragraphe, un chapitre ou un poème, trouvés au hasard de sa bibliothèque ou dans un livre qu’il vient d’acheter. Et il m’emporte avec lui dans une histoire écrite il y a cinquante ans, dans un billet d’un quotidien, dans ce paragraphe d’un magazine qu’il vient de retrouver. Et il devient pendant quelques minutes ou quelques heures Shéhérazade et moi le sultan.

Et souvent, j’attends la petite phrase magique Il faut que je te lise quelque chose.

*sur une toile d’Allan Burch

Ce jour qu’on finit par souhaiter

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À force de se tromper vient un jour où on ne sait faire que ça. Jour après jour. En pensant faire plaisir, en voulant aider. Mais chaque fois on commet un impair, on dit le mot qu’on ne devrait pas dire, on pose le geste qu’il ne fallait pas. Et le livre ouvert sur les genoux, on sait qu’approche le jour où on se taira pour de bon. Et même, on finit par le souhaiter.

*sur une toile de Joan Breckwoldt

Cahiers et papiers

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J’ai pourtant des cahiers, comme en a un celle peinte par l’artiste brésilien Virgilio Dias. De toutes les tailles. Avec des lignes, sans, avec des carreaux, des pages de couleurs. Et je note des bouts de phrases dans chacun d’entre eux. Phrases que je retrouve longtemps après, quand bien évidemment je ne les cherche plus.

Il est si simple d’attraper un bout de papier ou une enveloppe quand la phrase vient à nous, de notre imagination ou du livre qu’on est en train de lire. Tellement plus simple que de se demander où est le cahier dans lequel on a écrit la veille. Sur la table de nuit? Au salon? Dans son sac?

Et voilà que la vie devient multitude de papiers, d’enveloppes qu’on glisse ici et là. Et qu’on retrouve quand on ne les cherche plus…

Meilleurs vœux Cath!

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Et que ces fleurs photographiées avec tendresse par Denise servent lieu de cadeau d’anniversaire en attendant le vrai : nous attabler à Gand ou à Montréal toutes les deux! Le plus tôt possible, souhaitons-le!

Pour les vacances d’Armando

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À partir de demain, notre ami Armando ira retrouver ce Portugal qu’il aime tant et qu’il nous a fait aimer. Si bien que pour l’accompagner pendant son séjour en Algarve, chaque journée commencera au pays de Lali par une toile représentant des lecteurs et des lectrices en vacances, comme celle de l’artiste Pat Magers. De plus, chaque toile sera accompagnée d’un peu de musique, portugaise il va sans dire, puisque depuis deux ans il n’a pas cessé de me la faire découvrir et parce qu’il me fait plaisir de partager avec vous un peu de tout ce que j’ai aimé grâce à lui.

Les douces heures du petit jour

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Une pile de livres rapportée de la bibliothèque m’attend. Une haute pile dans laquelle certains livres ont pour décor la ville de Lisbonne dont notre ami Armando nous parle avec le regard plein de tendresse de ceux à jamais restés amoureux d’une ville. Des livres qui, je l’espère, me feront un peu rêver, comme le font ces nuages roses qui se sont installés dans le ciel du matin alors que je savoure mon bol de café en écoutant les oiseaux. Quelles douces heures que celles du petit jour. Celles du samedi, en particulier.

*sur une toile de Graciela Genovés

La théorie d’Einstein

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Suis-je la seule à me poser cette question ou si la lectrice peinte par Mona H. Bell se demande aussi pourquoi les lundis arrivent toujours trop vite? J’ai beau tenter de comprendre le pourquoi de la chose, je n’arrive pas à saisir la théorie de la relativité du grand Einstein quand il s’agit de la vitesse avec laquelle on passe du vendredi soir au lundi matin, laquelle me semble beaucoup plus courte que celle qui fait passer du mercredi matin au vendredi soir, alors que selon tout calcul mathématique, elle serait la même.

Décidément, il y a des lacunes dans cette théorie.

Un immense merci!

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Parce que vous avez été là pour commenter ces nouvelles débridées qui demandent beaucoup de travail, je ne peux que vous dire un immense merci. Auquel j’ajoute une tulipe signée Armando dont l’humour au pays de Lali est une joie quotidienne. Et même si nous n’avons pas son sens de la répartie!