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Des histoires pour cent ans!

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Elle regarde la pile devant elle. Comme je regarde aussi les miennes. Avec davantage de tendresse quand elles contiennent des livres qu’on m’a offerts ou écrits par des écrivains que j’ai côtoyés, que j’ai interviewés, avec qui j’ai correspondu, tels ces écrivains montréalais des escaliers du dimanche 7 juin. Journée que j’ai visitée à nouveau ces derniers jours avec beaucoup de bonheur. Peut-être parce que sur les 24 écrivains cités de ce dimanche, il n’y en avait que trois que je n’ai jamais rencontrés.

Et ont surgi de ma mémoire des images. Le piano à queue de Jean-Éthier Blais et sa collection de tableaux, tellement imposante qu’il les laissait appuyés en pile contre les murs, comme dans les galeries. Un Festival national du livre que j’animais où le fils d’Hélène Rioux avait accompagné la lecture de Yann Martel. André Major, l’écrivain rencontré pour une entrevue télé et avec qui j’ai travaillé à deux reprises à la radio de Radio-Canada, lui en tant que réalisateur, moi comme animatrice. Alice Parizeau et son accent polonais un après-midi d’hiver. Les yeux pétillants de Monique Proulx.

Et tous ces souvenirs d’une vie m’ont rendue heureuse. Et je me suis dit qu’un jour – peut-être, pourquoi pas – je continuerais à raconter ces anecdotes dans ma rubrique Mes rencontres littéraires que je nourris décidément trop peu… Et cette simple idée m’a fait sourire. J’ai encore des histoires pour cent ans!

*sur une toile de Roberto Diaz

Bon anniversaire les amoureux!

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Il y a 49 ans, une pharmacienne, fille et sœur de pharmacien unissait sa destinée à un futur pharmacien. Ils ne savaient pas encore qu’ils auraient deux filles dont une pharmacienne. Et que l’autre serait une rêveuse qu’un jour on appellerait Lali. Ils ne savaient rien de tout cela. Ni qu’un jour ils auraient leur propre pharmacie. Ils n’avaient que leur jeunesse et leurs rêves. Puissent-ils encore en avoir beaucoup d’autres et la chance de les réaliser. Et pourquoi pas un voyage au Portugal où ils pourraient faire le tour des pharmacies, surtout qu’Armando a trouvé durant ses vacances en Algarve un azulejo qui a tout pour les tenter d’aller y voir de plus près. Pour leurs 50 ans de mariage? Pourquoi pas?

Bon anniversaire les amoureux!

Bonne fête de la Saint-Jean!

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Congé férié depuis 1925, la Saint-Jean-Baptiste a une histoire. La voici brièvement. Question d’appliquer à la lettre notre devise : Je me souviens.

Mais j’ai ce petit pays qui est à moi

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Je n’ai jamais été du genre « raisonnable » et je crois qu’à l’âge que j’ai, j’ai tous les symptômes pour devenir une petite vieille excentrique. Si bien que, oui je l’avoue, je passe beaucoup de temps à préparer mes billets, à chercher des toiles, à réduire des photos, à me promener ailleurs pour vous trouver des suggestions du jour. Et aussi, pour mon propre plaisir.

Après tout, les philatélistes et les adeptes du jardinage ne consacrent pas moins de temps à leur dada que j’en dédie au pays de Lali. Chacun ses dadas, donc!

Bien évidemment que je sors peu, que je suis bien dans mon petit univers de livres, avec l’arbre que je regarde pousser par la fenêtre du bureau, avec les enfants qui jouent au ballon et dont les rires montent jusqu’ici. Bien évidemment que je ne suis pas une vraie ermite, que quand je rentre le soir je prends le temps de discuter avec Chantal ou Éric qui habitent l’un en face de l’autre et qui, malgré qu’ils ne puissent circuler qu’en chaise roulante, ont toujours le sourire.

Bien évidemment aussi que ne vois pas le temps passer et que les jours coulent sur moi à une vitesse grand V. Mais j’ai ce petit pays qui est à moi. Que je cultive à ma manière. Qui peut plaire ou pas. Mais qui est mien. Et probablement qu’il y a un ange quelque part qui veille sur moi, comme il y en a un qui veille sur la lectrice du peintre russe Andrei A. Alimasov.

Des pivoines pour Marthe

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Marthe, ma grand-mère, savait que le jour où elle partirait pour l’hôpital elle ne reviendrait pas. Elle le savait. Maman le dit toujours. Mais pas question qu’elle nous quitte en hiver. Elle avait choisi de mourir en été. Quand les pivoines qu’elle aimait tant auraient déployé leurs pétales.

C’était il y a longtemps, si longtemps, mais une gamine de six ans qui sommeille en moi ne l’oubliera jamais et ne pourra qu’avoir les yeux humides devant des pivoines.

Bon été à tous!

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Et de nombreuses roses et autres fleurs sur votre route!

Bonheur du samedi matin

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Bonheur du samedi matin quand on ne sait pas encore ce qu’on fera de celui-ci. Quand on regarde le ciel enveloppé de nuages blancs et qu’on se dit que des livres nous attendent, ainsi que du café. Quand on a décidé que la journée sera belle, coûte que coûte et en faisant fi de tous les malgré. Quand on sait qu’à midi il y aura du filet de sole et du taboulé. Et de la granita.

Bonheur du samedi à doucement le rêver avant de le vivre.

*sur une toile d’Audrey Bechler

Bonnes vacances Denise!

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Qu’elles soient reposantes et qu’elles te donnent le loisir d’examiner quelques fleurs de près. Et ce n’est pas parce que je t’offre une rose que tu ne peux pas en ramener de ton séjour en Valais… au contraire!

Il me parle d’elle…

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Il me parle d’elle et ses yeux deviennent humides. Autant lui que moi savons que son amour ne sera jamais autre chose qu’un amour non partagé. Il me parle d’elle et il bafouille, il tremble, il rougit. Nous savons tous deux qu’il aime sans retour. Sans espoir. Il me parle d’elle et je l’écoute. Je sais, nous savons tout de ces amours à sens unique qui font battre le cœur et qui en même temps le laissent en mille miettes.

Puis, il se tait. Nous partageons le silence de ceux qui n’en ont pas peur.

Quand son cœur à arrêter de se débattre dans sa poitrine, il rompt finalement le silence pour me parler de ses lectures. De ce roman qui se passe en Sicile. De la biographie de cet acteur dont personne ne se souvient. Ou de Nat King Cole et de Frank Sinatra. Et la vie reprend son cours. Quiconque frappera à ma porte ne pourra deviner que ses yeux ont séché.

*sur une toile de Zoe Bray

Une lectrice heureuse

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Dommage que tout lien vers Paolo Silini, à qui on doit cette lectrice heureuse, ait disparu de la toile. Une lectrice à qui je ressemble par ses rondeurs, par le bonheur qui l’anime, parce qu’il y a des livres autour d’elle, parce que le café est bon, parce qu’il n’a pas plu, parce que les uns et les autres lui ont envoyé des photos à partager, parce que c’est samedi, parce que… Une lectrice heureuse, vous dis-je. Voilà ce que je suis ce soir.