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Mots

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Mots. Pour tout univers. Pour toute raison d’être. Pour tout quotidien. Pour tout passé, pour tout futur. Pour un sourire ou une larme. Pour quelques morceaux de rêve. Pour tout ciel et toute lumière.

Mots. Pour vivre.

*sur des illustrations d’Alma B.

Parce que je veux croire que les artistes sont généreux et ouverts

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Je suis habituée à la gentillesse des artistes, à leur ouverture d’esprit face à ma démarche, et au fait que je veuille les faire connaître à ma manière. Ce qui avait fait dire à l’artiste Édith Gorren sur ce billet à mon sujet : « Il y aurait un tableau à faire : une femme au visage bienveillant qui tient le monde dans ses bras comme un enfant. Avec elle, plus de guerres. »

Je n’ai donc pas compris l’attaque d’hier de la part d’un peintre qui s’en est pris à moi comme si j’avais été l’auteure d’un crime, alors que je lui avais fait une place dans ce lieu qui célèbre les peintres qui ont mis la lecture à l’honneur dans un ou plusieurs de leurs tableaux. Pas plus que ceux d’entre vous qui ont lu son commentaire.

Tant d’artistes, depuis quatre ans, ont laissé ici des messages qui m’incitent à continuer. À ne pas me laisser atteindre au point de prendre le large quelques jours, chose à laquelle j’ai pensé.

Et bien que j’aie pensé un long moment à faire disparaître billet et commentaires, j’ai préféré modifier ces derniers, en masquant le nom de l’artiste supposément lésé, afin de pouvoir conserver vos messages pleins de sympathie ou d’humour, défenseurs de ma démarche.

Et parce que je veux croire que les artistes sont généreux et ouverts.

*sur une toile de Jose Ruesga Salazar

D’abord et avant tout

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Tellement de règles à suivre. Tellement d’obligations. Tellement de lieux où il faut agir selon. Tellement, tellement.

Puis un endroit où on peut faire à son aise. Où personne ne nous dicte ce qu’on doit faire. Où on peut respirer et être. Où on en arrive même à oublier le regard sur nos propres mots. Même si ce lieu est ouvert aux autres. Parce qu’il est d’abord et avant tout le sien.

Et y déposer en vrac d’autres mots, des images, des morceaux de rêves. Parce que « la meilleure façon de penser est d’écrire », a écrit Pascal Quignard.

*toile de Zhao Kailin

Je pense à eux

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Je pense à eux. À eux qui m’attendent et qui comptent les heures. Qui savent que dès vendredi midi je leur consacrerai quasi tout mon temps pour une semaine. Et déjà, ces heures qu’il faudra traverser jusque là me semblent moins loin.

*sur une toile de Christine Taherian

Et pourtant, je l’entends toujours

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Il me semble parfois l’entendre me dire : « Encore dans tes livres, cousine? »

Mais ce n’est que la voix de la mémoire qui parle. Celle de Philippe s’est tue il y a dix ans aujourd’hui. Et pourtant, je l’entends toujours.

Elle vient peut-être du ciel, lui qui aimait tant voler et dont le dernier vol a été fatal. Elle vient peut-être de tous nos souvenirs. Mais elle est là, souvent. Tout comme son rire, ses yeux pareils aux miens hérités de notre grand-mère maternelle.

Et quand parfois tout me retient au sol, je pense à lui, fils d’Icare. Et je sais que nous avons tous des ailes. Il me l’a dit.

*toile de Gary J. Whitehead

Publier

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Il y a toujours non pas une satisfaction, mais un immense bonheur, quand on voit imprimés dans une publication littéraire ses mots. Même si ce n’est pas la première fois. Même si ça fait plus de trente ans que la « grande première » a eu lieu.

Un doux bonheur qui n’efface pas ceux de toutes ces fois où un poème ou une nouvelle ont trouvé des lieux pour prolonger leur vie au fil des ans; où deux romans pour les jeunes ont rencontré en cours de route les yeux affamés d’enfants curieux.

Et tandis que je caresse le plus récent numéro de XYZ. La revue de la nouvelle, encore émue d’y voir mes mots, je me dis que publier c’est additionner les premières fois.

*composition graphique de Christopher Clack

Rien ne m’empêche de rêver

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Non, l’été n’est pas arrivé au cours de la nuit et ce n’est pas aujourd’hui que j’irai pieds nus au travail. Mais rien ne m’empêche de rêver et de m’imaginer dans un décor peint par Lisa Hannaford jusqu’à ce qu’il me faille partir affronter l’hiver…

Ailleurs que dans ma tête

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J’ai étiré ma lecture le plus longtemps possible, mais soixante pages c’est si court. Tellement court. Surtout quand on voudrait qu’elles ne se terminent jamais, qu’il y ait toujours soixante pages devant soi.

Puis, j’ai posé le recueil de Robert Lalonde sur les draps.

Et je suis restée là, avec tous ces mots en moi qui affluaient, désordonnés. Un jour, peut-être seront-ils en mesure de vivre ailleurs que dans ma tête.

*toile de Margarita Matus

Un anniversaire important pour la littérature québécoise

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Dominique Blondeau, dans ce très beau billet, sensible, digne d’une auteure qui aime vraiment la nouvelle, dit tout ce qu’il y a à dire du numéro 100 de XYZ. La revue de la nouvelle.

Un numéro qui me tient à cœur, une revue qui me tient à cœur. Pas juste parce que je fais partie de son collectif depuis près de quinze ans. Pas juste parce qu’on trouve dans ce numéro une nouvelle que j’ai signée. Mais surtout parce que XYZ. La revue de la nouvelle fête ses 25 ans. Et de nos jours, une telle vitalité, un souffle qui ne s’est pas éteint, on ne peut que les souligner et s’en réjouir. La nouvelle est vivante, changeante, sans cesse renouvelée. Ceux qui la suivent de près le savent, les autres le découvrent.

Partez à la découverte de cette revue littéraire unique en son genre au Québec. Et profitez de l’occasion pour vous abonner. C’est une autre façon de donner vie à cent numéros dont quelques-uns sont déjà en chantier.

Un lieu pour ma plume

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Un lieu pour ma plume. Un lieu pour ranger mes rêves et mes souvenirs. Un lieu pour inscrire des moments et des coups de cœur. Un lieu à moi, où s’arrête qui veut. Ainsi est ce « pays » que je nourris jour après jour. Au fil de l’encre qui coule dans mes veines.

*toile d’Alexander Sigov