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De moins en moins de mots

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De moins en moins de mots pour dire. Mots enfuis, mots sur lesquels j’ai glissé. Mots dont le murmure efface mes pas. Mais continuer de les poursuivre, de les débusquer au fond de mes souvenirs là où ils se terrent et se défilent. Pour ne pas me taire, pas tout de suite.

*toile de Jan Catharinus Adriaan Goedhart

Quelques minutes auront passé

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Dans peu, je regarderai les minutes s’égrener sur la droite de l’écran. C’est toujours ainsi la dernière heure. Parce que je sais qu’ailleurs m’attendent les cinq ou six livres que je mène de front.

Puis je penserai aux gamins qui jouent au hockey devant la porte d’entrée et qui me cèdent le passage quand j’arrive et demande qui mène. Ils ont depuis hier une heure de plus pour jouer à la lumière du jour, maintenant que le Québec est passé à l’heure d’été. Tout comme la bande de filles qui jouent au soccer dans l’allée d’à côté et ma voisine qui me salue matin et soir, elle qui attend chaque année le printemps avec plus d’impatience que d’autres, car il lui rend sa liberté, elle qui ne peut circuler à son aise l’hiver, sa chaise roulante n’aimant ni la glace ni la neige.

Et je repenserai aux livres qui m’attendent. Et quelques minutes auront passé.

*sur une toile d’Endre Komaroni-Kacz

Un matin comme ça

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Pas envie de faire le lit. Envie que du livre qui est resté sur la table de nuit et qui m’attend. Pas envie non plus d’aller voir sur la toile ce qui s’y tisse. Besoin de mots qui ne blesseront pas.

*sur une toile de Paul Rafferty

Écrire, c’est ça aussi

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Hésiter. Chercher le mot. L’adjectif. Hésiter encore. Douter, même. Et puis laisser les mots se poser eux-mêmes sans intervenir. Constater l’effet. Hésiter une nouvelle fois. Biffer l’adjectif inutile. Laisser le mot respirer sans lui. Écrire, c’est ça aussi.

*sur une toile de George Goodwin Kilburne

Les vacances ne durent qu’un temps

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Tout à l’heure, laisser là ma vie, cette vie de liseuse qui est la seule que j’ai, que j’ai eue, que j’aurai, même s’il m’arrive parfois d’en sortir. De moins en moins souvent. Parce que de moins en moins envie, de moins en moins besoin.

Tout à l’heure, laisser là le livre commencé. Les vacances ne durent qu’un temps.

*toile de Dana Saxerud

Pour tenir le cœur au chaud

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Une lettre qu’on déplie. Une lettre dont on avait oublié l’existence. Une lettre d’amour, bien évidemment. Une lettre qu’on replie et que toute la journée on portera sur son cœur. Pour que celui-ci soit au chaud.

*toile de Deborah DeWit Marchant

La nuit peut venir

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La nuit peut venir. Je sais que tant que les livres veilleront sur mon sommeil, le ciel pourra lui aussi dormir. Et qu’il pourra lui aussi rêver du nouveau jour, de la saison à venir et de toutes ces phrases qui viendront bouleverser son parcours comme autant d’étoiles minuscules que seul celui qui aime peut déceler à l’œil nu.

Oui, la nuit peut venir.

*sur une toile de Quint Buchholz

Comme un appel à danser dans le vent

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Lumière encore incertaine. Et pourtant cette envie d’y plonger. Parce que la vie est là à se tramer à petits coups de pinceau dans les nuages. Parfois en dehors des mots et des livres. Comme un appel à danser dans le vent.

*toile de Jonathan Stewardson

Laisser le temps glisser…

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Maintenant que j’en ai enfin fini avec le nettoyage du PC qui durait depuis lundi soir, ce qui m’a permis de retrouver ce soir mes bonnes vieilles habitudes d’aller lire les nouveaux billets des blogs amis, chose qui me manquait, je peux maintenant prendre le temps d’examiner la pile de livres que j’ai rapportée de la bibliothèque. Et ainsi ouvrir l’un d’eux au hasard et laisser le temps glisser sur lui comme sur moi…

*toile de Francisco Borès

La semaine sera douce

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J’étais partie avec ma liste — une longue liste, devrais-je dire. Pas question de commencer les vacances autrement que par un tour à la Grande Bibliothèque afin de faire des provisions pour les jours à venir. Et à mesure que j’allais de rayon de rayon et qu’étaient absents des tablettes la plupart des livres que je me préparais à emprunter, j’ai eu une curieuse impression. Lali aurait-elle un double qui serait passé avant elle?

Puis, j’ai trouvé autre chose à me mettre sous la dent — ou plutôt sous les yeux — et je suis rentrée avec mon sac rempli de friandises. La semaine sera douce entre mon sofa rouge et mes promenades.

*sur une toile de Joan Griswold