Admin:
Archives:
juillet 2026
D L M M J V S
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  
Un luxe

de-togores-i-llach-josep-4.jpg

Un quart de siècle de vie de libraire ne m’a pas habituée à ce luxe de me soigner quand je suis malade, parce que je n’en avais pas les moyens. Quand seules les heures travaillées sont payées et que les congés de maladie n’existent pas, on ne se demande pas si on a trop de fièvre pour aller travailler. On ne se demande pas si ça va aggraver la situation. On y va et c’est tout, quitte à tousser toute la journée. Parce qu’on n’a pas le choix.

Or, il y a quatre ans, quand je cherchais du travail après qu’on ait coupé mon poste à la librairie parce qu’elle allait fermer et que j’avais pu prendre le temps de soigner le rhume du moment comme il se doit, en restant au lit, notamment, je me suis dit que peu importe ce que me réserverait l’avenir, je n’irais plus dans l’avenir travailler « malade comme un chien ».

Or, la vie m’a choyée. Je peux, et c’est ce que je fais depuis mercredi après-midi, éliminer mes microbes au chaud et même lire ou écouter de la musique quand je ne dors pas… ou que je ne tousse pas! En moi tout de même l’idée que c’est là un luxe, alors que la plupart des gens vous diront que c’est normal de prendre le temps de se remettre sur pied.

*toile de Josep de Togores i Llach

Je pense à vous

jekel-brian-2.jpg

Voilà des jours que je cherche les mots pour leur dire que je pense à eux. À Gérald, dont j’ai révisé la thèse de doctorat. À Donalda et à Corinne, mes anciennes élèves. À Solédad, dont le sourire charmait quiconque entrait dans la pharmacie de mes parents. À Michel, qui m’a initiée à la cuisine haïtienne il y a un quart de siècle alors que nous collaborions à la même revue littéraire. À Jean-Yves, que mon cousin Hubert a adopté alors qu’il était gamin. Et à tant d’autres qui ont croisé ma vie un temps et dont les racines sont désormais entremêlées. Racines d’un sol qui a tremblé. Racines d’un autre qui les a accueillis ou qui les a vus naître.

Voilà des jours que je cherche les mots. Mais il n’y a pas mille façons de dire Je pense à vous.

*toile de Brian Jekel

Ne le dites pas…

constantini-virgilio.jpg

Bien qu’il m’arrive de slalomer sur les pentes de la vie, je ne skie pas pour autant. Pas que je n’aie pas essayé un jour. Plutôt deux fois qu’une. Mais je n’ai aucun talent pour la chose et surtout aucun intérêt non plus. Me laisser porter en haut d’une montagne pour la descendre en évitant les arbres, les autres skieurs et les bosses, en faisant gaffe de ne pas tomber et de ne perdre ni ski ni bâton, très peu pour moi.

Et si jamais un jour l’idée de me mettre au ski avant mes 50 ans me prenait, attachez-moi, il y a bien d’autres occasions que le ski pour faire une folle de moi.

Si je vous raconte tout ça, c’est qu’un collègue bien intentionné est en train de nous organiser une sortie de gang à la neige, laquelle plaira à la majorité. Mais comme je ne fais à peu près jamais partie de la majorité, je déclinerai bien évidemment l’invitation. Pas question que je perde une journée de congé à descendre des pentes, d’autant plus que les rassemblements ne constituent pas ma tasse de thé.

Je préfère de loin à ceux-ci des soirées – voire des journées entières – avec pour seule compagnie mes livres et la recherche de toiles pour le pays de Lali. Ne le dites pas, je le sais déjà : un jour je deviendrai ermite.

*toile de Virgilio Constantini

Bon anniversaire Armando!

i0wud2t0.gif

À toi Armando!
Et aussi à Zin Zin!
À Zinzonnette!
À Yo-Yo!
À Ya-Ya!
À Yu-Yu!
Et à beaucoup d’autres…

Ce que j’ai envie de retenir de Rohmer

karbassioun-michele-1.jpg

Il y avait dans les films d’Éric Rohmer des conversations, de nombreuses conversations. Ses détracteurs vont le diront.

Or, j’aimais Rohmer. J’aimais son regard sur la vie. J’aimais les questions qu’il suscitait. J’aimais ces flots de paroles continues qu’on trouve dans ses films. Qui agaçaient certains. Mais jamais moi. Comme si mes silences n’étaient autres que ces conversations qui traînaient en moi, retenues ou empêchées.

Et quand j’ai appris la mort du réalisateur de films que j’ai vus et revus, comme Pauline à la plage, Ma nuit chez Maud, Les nuits de la pleine lune, c’est une des 4 aventures de Reinette et Mirabelle qui m’est venue en tête. L’heure bleue, pour tout vous dire. Cette heure bleue, unique, qu’a chantée Françoise Hardy :

C’est une heure incertaine, c’est une heure entre deux
Où le ciel n’est pas gris même quand le ciel pleut

saisie par le cinéaste de belle façon dans cet extrait (malheureusement pas en français).

*toile de Michèle Karbassioun

Minutes si douces

skarbina-franz.jpg

Minutes qui doucement s’égrènent dans le jour qui se prépare. Qui filent entre les doigts comme grains de sable quand le cœur se laisse porter par ses rêves. Minutes si douces du silence d’un samedi aux odeurs de café et de bonheur.

*toile de Franz Skarbina

Ce moment où je pense déjà au lendemain

huang-mingshi-1.jpg

Il y a toujours, le samedi soir, alors que je suis plongée dans mes livres, à l’instar de la lectrice peinte par Mingshi Huang, ce moment où je pense déjà au lendemain. À cette heure où je validerai les commentaires sur la toile de la semaine alors qu’une autre sera prête à être accrochée. Moment de douce attente, alors que je ne sais pas si aux textes reçus d’autres s’ajouteront.

Un sourire se glisse sur mes lèvres. Il est des bonheurs difficiles à décrire. Celui-là en est un.

Le bonheur de quelques mots

sahlsten-anna-1.jpg

Jour de nuages, jour de flocons, jour de ciel bleu, on ne sait jamais tout à fait lequel se profile à l’horizon quand le soleil timidement sort de sa nuit. On sait juste le bonheur de quelques mots.

*sur une toile d’Anna Sahlstén

Où j’aimerais lire un jour

ladrak-nicole-3.jpg

C’est un billet de Luciamel qui m’a incitée non pas à me demander où j’aimerais dormir avant de mourir, mais où j’aimerais lire un jour. Pour le plaisir de me poser la question. Pour rêver. Pour voyager. Pour plonger dans mes souvenirs. Pour le jeu.

Voici donc ces lieux de lecture connus ou à découvrir…

-à la terrasse du Rostand, en face des grilles du Luxembourg, comme je l’ai déjà fait
-à la British Library de Londres, après avoir fait le tour des manuscrits, entre autres ceux de Charlotte Brontë, comme en 1988
-à Venise, place Saint-Marc, ou même – pourquoi pas? – dans une gondole
-dans l’Orient-Express entre Paris et Istanbul
-à Quiberon, loin des touristes, là où la mer se déchaîne à souhait
-à Prague, au café Tynská
-à Saint-Pétersbourg, dans une des salles du musée de l’Ermitage
-à Reykjavík, à l’époque du soleil de minuit
-à Lisbonne, face au Tage
-au cimetière du Père-Lachaise, pour le plaisir de le refaire
-dans les jardins du château de Schönbrunn, à Vienne
-du haut de la citadelle de Dinant
-dans un café de Greenwich Village
-à San Francisco, dans un tramway
-en contemplant le Taj Mahal

… et dans les bras de celui que j’aime, n’importe où dans le monde.

*toile de Nicole Ladrak

À chacun ses souvenirs

tozzi-mario.jpg

On choisit toujours un angle, le sien. Parce que c’est le seul qu’on connaisse intimement. Même si nous savons qu’il y en a d’autres, différents, voire même opposés, quand il s’agit de raconter un événement ou de résumer un livre.

On choisit toujours un angle, le sien. Car, à chacun ses souvenirs.

*sur une toile de Mario Tozzi