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Encore aujourd’hui

Encore aujourd’hui je veux rêver au lac, aux bateaux, au sable entre mes orteils. Encore aujourd’hui, je veux caresser les roches ramenées des Adirondacks ainsi que les plumes de canard ramassées après leur toilette.

Demain viendra assez vite. Aujourd’hui, je veux juste manger un carré de fudge avec au cou ma nouvelle écharpe.

Dimanche, je partagerai avec vous les photos de mon escapade.

*toile signée Hans Purrmann

Une grande écrivaine s’est éteinte

Je n’ai pas lu tous ses livres. Il y en a même deux achetés récemment qui m’attendent. Je sais juste qu’il n’y en aura plus. À moins qu’elle n’ait laissé dans ses tiroirs des nouvelles et des romans achevés.

Je n’ai pas lu tous ses livres. Mais j’ai aimé ceux que j’ai lus. Beaucoup. Orlanda. La plage d’Ostende. Moi qui n’ai pas connu les hommes. Pour ne nommer que ceux-là.

Peut-être que je lirai tous ses livres. Peut-être même que je trouverai un jour qu’ils ont quelque chose de répétitif, à la manière d’un Modiano auquel je reste fidèle et qui chaque fois m’étonne. Malgré ce qu’en disent ceux qui voient en lui l’auteur d’un seul et unique livre raconté sous plusieurs angles, lesquels disent aussi cela d’elle.

Peut-être, voire sûrement, que je prendrai mon temps. Parce que je sais qu’elle n’écrira plus.

Une grande écrivaine s’est éteinte. Belge. Universelle.

Elle s’appelait Jacqueline Harpman.

*toile de Michael Taylor

Heureuse fête des Mères!

Aux mamans et aux grands-mamans qui fréquentent le pays de Lali, heureuse fête des Mères! Puissent-elles être gâtées plus qu’en ce jour de l’année…

*photo offerte par Armando

Oubli

Il est un jour où ça ne nous manque pas, car on ignore ce que c’est. On n’en a une idée que par ce que les livres nous en donnent.

Il est un jour où on y goûte. Et parce que c’est là, au jour le jour, ça ne nous manque pas.

Il est un jour où ça nous est retiré et parce qu’on y a pris goût, ça nous manque. D’abord beaucoup. Puis de moins en moins.

Et vient un jour où ça ne nous manque plus. On a oublié ce que c’était.

*toile d’Eugène Carrière

Bon anniversaire Ève!

Que toutes les étoiles brillent pour toi en ce jour, chère filleule!

*étoiles fournies par Armando

Il y a deux semaines…

J’étais à Québec. Vous qui passez de temps en temps avez d’ailleurs vu les photos. Des photos de Québec, la ville, aucune du Salon international du livre de Québec. J’aurais voulu en faire, mais je n’ai pas eu le temps.

Des retrouvailles, des embrassades, des nouvelles qu’on se donne. On n’est jamais bien loin dans le cœur de ceux qui nous aiment. Malgré la distance, les années, l’absence prolongée, volontaire ou pas. Va savoir. Eux ne sont pas loin non plus. Écrivains comme gens du livre. Une même passion nous unit.

Conversations qui reprennent là où on les a laissées. Il y a longtemps. Ou pas. Conversations qu’on continuera on ne sait où. Mais dont on veut croire qu’elles se poursuivront.

Avec Marie-Francine. Avec Simone. Avec Sandrine. Avec Pierre. Avec Laïla. Avec Mylène.
Mais, de préférence, loin des foules.

*illustration de Daniela Zekina

En vos mots a cinq ans!

C’est en 2007 qu’a débuté l’aventure d’En vos mots, une idée qui est née parce qu’à la suite de la parution d’un texte que j’avais écrit à partir d’une toile, Armando a décidé d’écrire une toute autre histoire. S’il ne l’avait pas fait, il n’est pas dit qu’En vos mots aurait vu le jour le 15 avril 2007.

Je vous invite en ce dimanche à relire le premier numéro de cette rubrique hebdomadaire qui vous appartient. De vous promener, de relire des billets, d’en découvrir d’autres. De vous poser ici et là, comme la jolie coccinelle photographiée par le même Armando afin de ce fêter ce jalon historique des cinq ans d’En vos mots.

Merci à tous ceux qui, au fil de ces cinq ans, ont déposé quelques mots afin de faire vivre les toiles de la semaine à leur manière. Merci à Armando qui a écrit un texte chacune des 261 semaines de cette aventure. Merci à vous tous qui lisez leurs mots et qui admirez l’imagination de ces envosmotistes occasionnels ou réguliers.

Et que l’aventure continue!

J’ai laissé là les mots

J’ai laissé là les mots. Les mots des poètes. Ceux des lettres entassées dans des cartons à chaussures. Ceux qu’on m’a dits un jour. Ceux que je n’ai pas encore écrits.

J’ai laissé là les mots. Et j’ai écouté les oiseaux raconter le ciel rose d’un matin d’avril dans une langue aussi belle que certains mots.

*toile de Sun Hong-Wen

Heureux anniversaire…

À Annemarieke, à Pascal, à Denise et, avec quelques jours de retard, à Lou, mes meilleurs vœux.

J’ai choisi la fiction

J’ai choisi la fiction à l’heure où il faut tout savoir sur tout ce qui se passe dans le moindre bled comme chez son voisin.
J’ai choisi de ne pas savoir, de ne lire que les pages culturelles des journaux (pas plus d’une dizaine de fois par année) et de ne pas ouvrir la télévision.
J’ai choisi d’aller à contre-courant et je m’en porte pas plus mal.
Et tant pis si certains disent que je me ferme les yeux, que je n’ai pas les pieds sur terre. Qu’ils sachent que je les ai.
La planète est en déroute, je n’aurai jamais les moyens de prendre ma retraite et l’hiver sera toujours trop long.

J’ai choisi la fiction pour ne pas y penser.

*toile d’Aldechi-Riccardo Mantovani