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En effeuillant la marguerite

marguerites

Je viens bientôt partir pour la soirée wallonne du Festival juste pour rire. Y aura-t-il sur mon chemin des marguerites comme un matin cette semaine ? Serai-je tentée d’en cueillir une et de faire comme je faisais enfant, adolescente et plus rarement jeune femme, soit l’effeuiller ? Non pas en me disant : il m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout, mais : le croiserai-je demain, bientôt, plus tard, un de ces jours ou jamais… Les marguerites ouvrent la porte des rêves des filles, qu’elles aient 7 ou 45 ans.

Nulle envie de quitter son antre

middleton todd

Elle n’a pas plus envie que moi de quitter son antre. Du moins est-ce ainsi que je perçois les choses en m’identifiant à la lectrice d’Arthur Ralph Middleton Todd, assise au salon, un livre d’art ouvert à côté d’elle, prête à rêver et à se laisser emporter par les images. Non, elle n’a pas vraiment pas envie de quitter tout ça pour l’effervescence d’un bureau.

Mais pas plus elle que moi ne pourrons faire autrement.

Mais bonne nouvelle : j’ai encore 45 minutes devant moi pour écrire des histoires et installer des photos et des toiles…

Assise à ma table

schafer

Assise à ma table devant mon écran, alors que tranquillement le ciel sort de sa noirceur, je n’ai rien de la grâce de l’écrivaine peinte par Henry Thomas Schäfer. Et pourtant, j’ai ce sentiment que si physiquement nous n’avons que peu d’affinités, elle dans cet univers romantique et feutré qui me fait envie et moi, dans ce modernisme où en plus des stylos il y a notamment un clavier, nous sommes tout de même un peu semblables.

Elle aime la nuit, tout comme moi. Elle semble aimer écrire et entretenir de nombreuses correspondances, tout comme moi. Son espace d’écriture est encombré, tout comme le mien. Oui, décidément il y a quelques similitudes.

Est-elle chaque matin pressée de se lever et de mettre à jour son courrier, avant que le facteur ne lui apporte autre chose ? Peut-être bien. Y a-t-il pour elle des réponses qui tardent à arriver, comme c’est le cas pour moi, alors que la toile d’El Greco se fait muette trois jours après son installation. Je ne remets pas en cause la catégorie En vos mots, n’ayez crainte. Je constate juste que la toile de la semaine est moins inspirante ou plus difficile à traduire en mots. Mais ça ne m’empêchera nullement de poursuivre l’expérience. Mais j’avoue. J’ai tout de même hâte qu’un texte arrive pour faire vivre un peu cette toile, même s’il y a encore quatre jours avant qu’elle ne soit remplacée par une autre.

Il n’y a pas d’urgence dans ce matin qui se lève. Il y a juste des histoires à écrire, des toiles et des photos à partager, un peu de vous, un peu de moi.

Comme j’aime…

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Comme j’aime ces nuits où je suis complètement déphasée, parce que je me couche trop tôt. Comme j’aime ces nuits à me promener dans ma galerie pour inventer des histoires, comme le fait peut-être celle peinte par un artiste inconnu de l’école hollandaise. Comme j’aime pouvoir voir le ciel s’enflammer, même si une heure plus tard il ne reste rien de cela, parce que les nuages ont pris le relais. Comme j’aime les photos que mes lecteurs et amis m’envoient. Comme j’aime aussi ce café que je vais me faire et ce bain dans lequel je vais me couler. Je crois que j’aime la vie.

Le chapeau laissé à Saint-Prix

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Il fait ce soleil attendu depuis trois jours, ce soleil des débuts de soirée à Saint-Prix, dans le Val d’Oise. Ces soirées à faire la fête avec Léa en rentrant de mes randonnées parisiennes.

J’entends encore son rire de cristal. Et je la vois courir dans le jardin, du haut de ses trois ans. C’était il y a dix ans. Déjà. Je portais, cet été-là, comme la lectrice d’Alex Cree, un joli chapeau pour me promener et lire au Luxembourg. Un chapeau que j’ai laissé laissé là-bas, pour elle, pour qu’elle ne m’oublie jamais. Comme je n’oublierai jamais cet été-là sur lequel son sourire et ceux de ses parents se sont posés comme les plus belles marques d’amitié.

Mes ailes retrouvées!

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Voilà à quoi je ressemble. Oui, je saute de joie. Je ne sais pas encore ce qui est arrivé au serveur qui est à quelques rues d’ici, alors que mon blog est un domaine hébergé par un ami en Belgique. Je ne sais rien. Je sais juste les neuf heures à attendre et la gentillesse de celui qui a répondu à mon SOS à Charleroi, et celle du second à Montréal. Même un dimanche. Et la promesse que ce serait réglé le plus vite possible… Alors, je saute, je pourrais presque m’envoler. On vient de me redonner mes ailes!

Une envie de jupe rouge

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Curieusement, moi qui aime tant le rouge, moi qui ai un sofa rouge, moi qui ai craqué pour le rouge de la première toile que j’ai achetée il y a vingt ans, moi qui ai deux paires de chaussures rouges, moi qui ai possède parmi mon inventaire de foulards au moins une vingtaine dans les tons de rouge, moi dont le pull préféré est le rouge et pas un autre, moi qui ai même des lunettes rouges, je ne possède pas de jupe rouge, comme celle de la lectrice de Katherine Brown.

Et moi qui ne suis pas une acheteuse de vêtements, qui porte les mêmes des années durant, souvent ceux qui me viennent de ma mère, de ma sœur ou de mon amie Nancy, parce que je préfère aller acheter des livres, des CD ou quelque gâterie pour le palais aux séances de magasinage intensif, j’ai une envie folle de jupe rouge. Probablement venue de ces jolies toiles où une jupe rouge s’étale avec grâce.

Je ne suis pas Mary Pickford, mais…

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En ce matin où il y avait de nombreux courriels à lire venus de mes « admirateurs » à l’humour mordant et au sens de la répartie inégalable, je me sens aussi adulée que Mary Pickford, peinte par l’artiste Suzanne O’Neal. Merci, mes mecs. Je sais que la journée de certains d’entre vous n’est pas commencée, mais vous avez déjà fait la mienne. Je me suis étouffée en buvant mon café en vous lisant. De rire, il va de soi. Or, je me demande bien si les correspondants de la grande actrice avaient autant de style que vous trois. Pas sûr. Ou bien, peut-être, savait-elle conserver sa dignité et rester stoïque, elle. Ce que je ne sais pas faire. N’est pas Mary Pickford qui veut.

Plume à la main

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Dès que je me lève, ça me démange. Il me faut écrire, il me faut raconter des histoires en regardant les teintes du ciel. Il me faut du café et entrer dans ma galerie, sans savoir quelle illustration, quelle toile, quel dessin, quelle sculpture me livrera en partie ses secrets. Les cheveux en bataille, comme ceux de celle, plume à la main et un peu rêveuse peinte par Roderick Brown, je me laisse porter par la douceur du matin. Elle aussi, je crois bien.

Juste profiter de ce lundi

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Il y aura des moments de lecture devant une tasse de thé, comme c’est le cas de la lectrice du peintre russe Alexander Deyneka. Il y aura des minutes à rêver en regardant la forme des nuages. Il y aura un bol de raisins et du fromage près de l’écran pendant que j’écrirai. Il y aura un peu de rangement, un peu de cuisine, la vaisselle à faire. Et probablement aussi, de la musique. Quoi exactement, je ne sais pas encore. Je ne veux rien décider aujourd’hui, je veux juste profiter de ce lundi de congé.