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Jour de congé

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C’est jour de congé pour un grand nombre d’entre nous aujourd’hui, puisque le congé de la fête du Canada, le 1er juillet, est reporté au lundi. Certains sont partis au bord d’un lac, comme la lectrice d’Andreas Scholz, d’autres vont sillonner les pistes cyclables et quelques autres pique-niqueront dans un parc. Mais à 5 h, alors que je me promenais pour profiter de la lumière matinale, je puis vous assurer que Montréal dormait. Je n’ai croisé personne et j’aurais presque pu traverser les rues les yeux fermés, tant les voitures étaient rares. Il manquait juste un lac au bout de la rue pour un bonheur parfait.

Bonheur du dimanche matin

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Moment de bonheur pour les lectrices de Don Hatfield. Moment de bonheur pour moi, alors que c’est l’heure du café, du pain et du plateau de fruits, un peu comme elles. Moment de bonheur alors qu’elles lisent ou qu’elles rêvent avec un livre pas loin. Moment de bonheur où je lis vos commentaires laissés pendant que je dormais. Moment de bonheur que celui d’accrocher dans quelques minutes la toile de la semaine et de vous donner à lire les textes inspirés par celle de dimanche dernier.

Ça voulait dire partir

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Fin juin, ça voulait dire partir. Toute mon enfance et une partie de mon adolescence, ça a été ainsi, car c’est toujours à la fin juin que nous partions, que nous remplissions le coffre de la voiture à ras bord. Il fallait des vêtements, des serviettes de plage, des jeux, la glacière, des livres. Et au bout, une plage. Nous les avons presque toutes faites, de la pointe nord à la pointe sud de la côte est des États-Unis. Et quand il m’arrive de penser à ces vacances familiales, les souvenirs affluent et ne sont que ravissement.

Qu’il s’agisse du bébé crabe trouvé sur la plage de Virginia Beach et que nous avions mis dans un verre d’eau salée dans la chambre d’hôtel pour étudier son évolution; des galeries d’art d’Hyannis Port où nous entrions et où nous nous extasions; du jeu de Spirograph qui avait fondu sous le soleil de Miami Beach; du « Pilgrim Village » de Portsmouth où l’Histoire nous était racontée en costumes d’époque; de Walt Disney World vu sous la pluie battante en plein mois de janvier; des parties de tennis à 7 h du matin à Pompano Beach, lesquelles étaient évidemment suivies par une heure dans les vagues avant de déjeuner; de Moody Beach, près d’Ogunquit où l’eau était si froide qu’elle barrait les jambes; du homard de Bar Harbor; de ces routes qui longeaient l’Atlantique et que nous parcourions sans toujours savoir où nous allions nous arrêter; ce sont des souvenirs heureux et irremplaçables.

Et il y avait la mer et ses vagues. Les livres qu’on lisait tous les quatre sur la plage, comme les personnages du peintre Marc Tanguy. Et maman qui veillait et qui nous couvrait de crème solaire chaque fois que nous revenions de l’océan. Il me semble qu’en fermant les yeux l’odeur de cette crème me monte aux narines, encore un souvenir heureux. Comme celui du repas face à la plage de Daytona Beach, où le prix d’un repas pour enfant était celui de son poids en livres. À nous deux, ça n’avait pas du faire plus de 1,20 $, si ma mémoire est bonne. 1970, je crois.

J’ai été privilégiée. Mes parents n’ont jamais pris de vacances sans nous. Du moins, pas avant que nous ne partions seules ma sœur et moi, ensemble puis séparément. Pour eux, des vacances, c’était avec nous. Et parce que c’était ainsi, parce qu’ils savaient alterner les visites au musée avec les promenades sur la plage, parce que leur bonheur c’était de faire le nôtre, je leur serai toujours reconnaissante. Ils m’ont donné le goût des voyages, le goût de la culture et toutes ces choses qui font ce que je suis et pas une autre.

Quand j’aurai cet âge

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Et quand j’aurai l’âge de l’écrivaine de Sierk Schröder, viendra-t-il des moments où écrire me manquera tellement qu’il faudra que je me précipite sur le papier ou devant l’écran ? Aurai-je, comme je l’ai ce soir, parce que j’ai passé la journée à autre chose qu’écrire, une envie de nuit blanche, de mots et de toiles ? Ou bien n’aurai-je plus rien à raconter ? Je n’imagine pas ce jour où je deviendrai muette, où l’encre se taira au bout de ma plume, mais je sais que c’est une chose qui peut arriver, même si depuis mes quinze ans, elle ne s’est jamais tarie. Mais pas ce soir, pas cette nuit, où toutes ces toiles m’invitent à les raconter, où je croque des biscuits venus de Bruges et offerts par Armando, cette nuit où la musique est là.

Pause téléphonique entre deux plages d’écriture

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Je suis si souvent dans ma bulle que j’oublie parfois d’en sortir. Heureusement que de temps en temps, parce que j’oublie de donner signe de vie, et parce que mes amis ne m’en tiennent pas rigueur, l’un d’eux fait signe et prend des nouvelles. Et je dois avouer que la petite pause téléphonique hier soir en compagnie de Denis, tandis que Nathalie n’était pas loin, a été bienvenue. Un petit rappel à la réalité. Un moment de douceur. Où mes amis m’ont sortie de mon silence. Où j’ai raconté ces mois à écrire, tandis que leur fils qui a maintenant six mois grandissait. Je le prendrai bientôt dans mes bras, des retrouvailles se préparent.

Puis, comme la lectrice de Frederick Childe Hassam, je suis retournée à ma table de travail après avoir raccroché. M’attendaient des heures de recherche, des toiles invitantes, des histoires à inventer. Comme tous les jours. Je ne pourrais plus vivre autrement.

L’endroit idéal

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Elle a essayé tous les fauteuils, toutes les chaises, et surtout tous les éclairages. Il lui a fallu beaucoup de temps pour trouver l’endroit idéal, celui qui est sien ce soir, comme c’est le cas presque tous les soirs. Chaque fois, un petit détail clochait, un petit détail que d’autres qu’elle n’aurait peut-être pas remarqué ou auquel il n’aurait pas prêté la même importance.

Il faut dire que la lectrice de William van Hasselt aime avoir des habitudes bien à elle et à en déroger le moins possible. Il va ainsi de sa brosse à cheveux, qu’elle pose là, en plein centre, et surtout pas à quelques centimètres à droite ou à gauche. Il en va ainsi des vêtements qu’elle range par couleurs. Des livres qui sont classés par pays d’origine des auteurs. Des cuillères dans un pot et non dans le tiroir à ustensiles. Elle aime qu’il en soit ainsi et pas autrement. Pour ne pas avoir à chercher et ainsi perdre du temps qu’elle aurait pu consacrer aux livres. Et maintenant que le fauteuil et la petite lampe ont été élus coin lecture, voilà une autre chose à laquelle elle n’aura plus besoin de penser.

Mon côté bohême m’empêche de faire comme elle. J’aime chercher dans mon bazar et faire des trouvailles. Rêver parce que je remets la main sur une photo laissée dans un livre, sur une paire de gants dans la poche d’un manteau que je porte peu, sur un bracelet tombé au fond d’un tiroir.

Peut-être que sa seule manière de rêver est de lire, alors qu’il y en a pour moi des milliers d’autres?

Il y a 47 ans

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Il y a 47 ans, il l’emmenait à l’église. Aujourd’hui, c’est chez l’ophtalmologiste qu’il va l’emmener pour qu’on l’opère pour une cataracte, une seconde opération en quatre semaines. Dans les deux cas, il aura le même geste. Il lui tiendra la main sur le trottoir, dans la rue, partout. Et peut-être que cet amour resplendissant fera sourire quelqu’un, comme j’ai pu le constater il y a quelque temps.

Cet homme qui a demandé très officiellement la main de celle qu’il aimait à son père il y a bien longtemps et qui s’est vu répondre quelque chose comme Je te donne sa main, et tout le reste qui va avec, mais tu ne me la ramènes pas, a tenu parole. Il a pris la main, l’a tenue fermement toutes ces années.

Celle qui a dit oui ce jour de juin 1960, celle qui a été et est toujours sa complice, son amoureuse, a les mêmes yeux bleus qu’à 20 ans, la même admiration pour celui qui n’a jamais lâché sa main.

Et 47 ans plus tard, ils sont là côte à côte, à regarder des cartes et à faire des projets de voyages, tels les amoureux de Frederick Leighton. Et 47 ans plus tard, ils vont au concert régulièrement, en se tenant par la main. Et 47 ans plus tard, parce que ses yeux à lui ne sont plus et ne seront plus ce qu’ils étaient, elle lit à voix haute pour deux des romans historiques ou policiers. Et 47 ans plus tard, ils cuisinent ensemble. Ils se sourient, ils s’aiment.

Et je les aime. Et ils m’aiment. Je suis née de cet amour où les mains ne se quittent pas.

Arrêt au pays de Lali

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Les lecteurs et les les lectrices peints qui s’arrêtent ici sont de partout, de toutes les époques, et c’est là une chose que j’aime. Cette découverte perpétuelle. Ces voyages sur la planète et dans le temps. Cette quête aussi qui me nourrit en continu. Cette joie quand je trouve et que je mets les toiles de côté dans ma galerie en attendant de les exposer.

Les lecteurs et les lectrices qui s’arrêtent ici sont de partout, de tous les âges. Et c’est aussi une chose que j’aime. Comme j’aime aussi leurs commentaires, leurs textes, les photos qu’ils m’envoient.

La lectrice de l’artiste haïtienne Carol Theard s’est arrêtée ici. J’aime la pose et les couleurs.

Puisse-t-elle continuer de lire en toute quiétude. Nous ne la dérangerons pas.

La Bretagne de Denise

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Ne me dites pas que le net ne peut pas générer des amitiés, ne peut pas être un lieu de partage et de création, ne peut pas d’une certaine manière changer notre regard sur le monde et ouvrir des portes. Ne me dites rien de cela. Je ne vous croirai pas. Et puis, vous qui passez, qui restez, vous ne pourriez pas le dire, de toute manière.

Ces pages, offertes un jour de novembre 2005, par un ami belge, et avec lesquelles je ne savais vraiment pas ce que je ferais tant – oui, je l’avoue – l’idée me paraissait saugrenue, me sont devenues essentielles. Et si vous n’étiez pas là pour me faire signe – encore merci Olivier SC -, je continuerais à écrire, sûrement, parce que je ne sais faire que ça, mais il me manquerait ce lien irremplaçable qui nous unit désormais.

Ce lien exceptionnel qui fait que Denise, ma lectrice suisse, à son retour de vacances en Bretagne, m’a fait parvenir quelques photos. Généreusement et dans le but de partager.

J’aurais pu toutes les installer, mais j’ai choisi celle-ci. J’ose penser que c’est le Mont Saint-Michel de mes souvenirs, mais je ne sais pas. À Denise de le dire, de raconter la photo. À vous de dire si vous pensez que je fais fausse route. À vous aussi de raconter votre Bretagne par un anecdote ou un souvenir, si le cœur vous en dit.

Petit matin sans me précipiter

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Elle n’a pas envie de se précipiter. Pas plus que moi, en fait.

J’ai écouté les oiseaux bien avant que le soleil ne daigne se montrer, puis j’ai juste rêvé. Aucune urgence en moi. Nulle envie de faire autre chose que de manger de la confiture de tomates à la portugaise en buvant mon café. Bien sûr, comme la lectrice de Kristin Grevich, j’ai un livre entamé pas trop loin. Le reste s’improvisera. Parce que la vie, c’est aussi et bien souvent surtout ça : se laisser guider par l’inspiration.