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Je flotte…

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Il fait ce ciel un peu trouble qui sied avant que le soleil ne s’installe vraiment. Ce ciel un peu flou, un peu blanc, taché de rose, comme celui qu’il y avait encore sur Montréal il y a une demi-heure alors que je suis sortie marcher un peu. Il fait un ciel de rêve dans la toile de Quint Buccholz, si bien que la lectrice ne porte plus à terre. Est-ce le livre ou le ciel qui a déclenché ça ? Les deux ? Est-il besoin de le savoir si l’effet est là ?

À l’heure où le ciel un peu bleu, un peu blanc, me surveille, je crois que je ressemble un peu à cette lectrice. Je flotte. La fin heureuse des mésaventures d’hier y est pour quelque chose. Et puis, flotter, ça ne peut qu’être bon…

Il faut une fleur pour Patrick

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Il faut une fleur pour fêter le retour de Lali après une journée qui m’a mise à rude épreuve, puisqu’une faille dans la vieille plate-forme de WordPress que j’utilisais a permis à des pirates de s’insérer dans mes pages et de me faire disparaître en effaçant tous mes fichiers et même mon existence.

Il faut une fleur pour Patrick qui a tout transféré sur une nouvelle plate-forme. C’est donc au grand manitou belge qu’ira la rose auvergnate de Géraldine, à défaut de lui offrir tout un bouquet!

Je l’avais prédit

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Je savais qu’elle serait belle, je l’avais prédit ce matin. Et comme j’ai aimé cette journée! De belles photos de Denise, l’admiration de tous devant la vitrine photographiée par Armando, Nancy contente de mon petit billet qui lui est dédié, une longue révision laborieuse enfin terminée, une conversation téléphonique avec Denis pour concocter notre samedi à la campagne, quelques nouvelles toiles pour ma provision pour les mois à venir, des Popsicles au congélateur et un livre qui m’attend et qui me rendra aussi rêveuse que la lectrice de Saied Dai. Et si je tiens bon, quelques billets pour ceux qui se lèveront bien avant que je ne le fasse.

Je décrète que ce sera une belle journée

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Le café était bon. La toile d’En vos mots a déjà inspiré cinq personnes. J’ai une nouvelle lectrice à Bruxelles. J’ai plein de photos en banque à partager avec vous. Aucune nouvelle que pourra lire la lectrice de Willem Haenraets ne pourra être mauvaise. Je décrète que ce sera une belle journée.

Amitiés

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Nul ne la conçoit de la même manière et chacun y va de sa définition pour l’exprimer. C’est qu’elle fait battre nos cœurs, l’amitié. C’est qu’elle est créatrice de souvenirs, de moments de partage, de tendresse, de fous rires ou de larmes.

Or, est-elle moins vraie ou moins sincère si elle si vit sur le net ? Caroline de Fenêtres sur la cour dresse un portrait tout en nuances de ce qu’est l’amitié pour elle, en ne négligeant pas d’ouvrir la porte sur ces amitiés qui se tissent avec des mots, en entrant dans des univers, en s’y identifiant. Et je me suis reconnue en elle. Comme ça m’arrive souvent. Car j’aime l’univers de Caroline. J’aime les portes qu’elle ouvre sur le monde et sur sa propre vie. C’est encore une amitié naissante, mais c’est une amitié tout de même. Du moins, j’ai envie de lui donner ce nom, parce que nous nous lisons, nous nous laissons des commentaires, nous échangeons de temps quelques courriels. En espérant, du moins dans mon cas, que la vie fasse si bien les choses qu’elle nous réunira un jour devant un café ou ailleurs.

Or, je me sens encore toute neuve dans cette blogosphère, alors que j’y vis en partie depuis près de 20 mois. Je suis chaque fois émue des mots que je trouve, des liens qui se créent chez moi. Entre nous. Entre vous. Et je crois que, oui, il peut y avoir un sentiment d’amitié qui naît ainsi par le partage d’idées, d’impressions.

Il est, dans mon cas, quelquefois né grâce au net. Je pense à Nancy que j’ai rencontrée parce qu’un soir nous avions toutes les deux rendez-vous avec deux frères venus de la toile, d’un site de rencontres amicales, plus précisément. C’était il y a quatre ans. Déjà. Nous n’avons pas revu les frères, mais nous sommes devenues de véritables amies l’une pour l’autre.

Je pense au Scrabble auquel je jouais beaucoup à une certaine époque, lequel a mis Jacques sur ma route, ce qui allait me mener vers ma première incursion en Belgique. J’allais me lier avec d’autres de même façon, ou presque, puisque tandis que je préparais mon voyage, je fréquentais parfois des salles de clavardage internationales. C’est là que j’ai trouvé Fabien, que je considère comme mon petit frère, qui sera là pour Noël avec sa jolie Québécoise qu’il vient d’épouser.

Je pense à une autre salle, belge, où m’a entraînée Ricardo, l’ami de Nathalie, qui était l’amie de Jacques, le joueur de Scrabble, et où sur mon chemin il y a eu Patrick, Christel, Carine et Sébastien.

Je pense à un forum qui n’est plus, mais qui m’a permis de croiser Armando et Géraldine que je rencontrerai un jour, mais pour lesquels j’éprouve déjà de l’amitié. Comme j’en éprouve aussi pour Caroline et Denise. Je pense à Jean-Marc venu aussi de la toile que Cath est venue rejoindre au pays de Lali alors qu’il est allé la rejoindre dans leur maison du bonheur.

Je n’irai pas jusqu’à nommer tous ceux qui sont entrés dans mon cœur en passant par mon modem. Ce n’est pas le but. Et si but il y a, c’est de dire que l’amitié entre dans nos vies de mille façons, dès l’enfance où, comme les lectrices de Debs Higginson, nous partageons les livres et les secrets. Que nous la rencontrons aussi à l’école, au travail, en voyageant, et j’en passe.

Et si parfois certains amis ne restent pas, d’autres ne partiront jamais. Je pense à Olivier et à Sabine. Pas besoin que je ne quitte Montréal pour la Champagne toutes les fins de semaine pour qu’ils sachent que je les aime.

L’amitié se vit dans la liberté. C’est un sentiment du cœur. Et c’est bien pour cette raison que je ne puis être présente en continu dans la vie de tous. Mais je suis là. Avec mes mots. Il y a ici mes amis qui me lisent et ceux qui me lisent qui deviennent des amis.

Il y a ailleurs mes amis qui ne me lisent pas, mais qui font partie de ma vie, et auxquels je tiens très fort.

Oui, je suis dépendante

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Tout va bien. Je peux, telle la lectrice de William McCance, lire à mon aise loin de l’ordi, écouter de la musique, sans me préoccuper d’un éventuel service interrompu. Je suis branchée. Je peux donc lire mes courriels ou partir à la recherche de toiles.

Oui, je suis dépendante. Accro. Appelez ça comme vous voulez. Mais je ne peux pas plus vivre dans un lieu sans livres que sans Internet. Oui, je suis soulagée. Je ne serai pas là prostrée, à regarder l’écran en me demandant quand les choses seront rétablies ou pendue au bout du fil, en attente d’une voix humaine qui me dira ce qui se passe. Et voilà peut-être longtemps que tout est à nouveau fonctionnel, mais loin de Socrate – c’est le nom de ma bête, mon ordi chéri -, je ne pouvais être en mesure de constater que tout allait.

Je respire. Oui, je suis dépendante. Accro. Appelez ça comme vous voulez. Mais surtout, là, en cette minute, je suis heureuse. Mon monde est redevenu normal.

L’abribus qui m’attend

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C’est le moment du café à la vanille, plaisir que nous n’avons pas le temps de nous offrir souvent, mais qui, en ce jour, est plus que bienvenu. La courte pause est si bonne qu’elle me fait lorgner l’abribus au coin de la rue. Je me précipiterais bien là. Avant que la pluie prévue ne se mette à tomber, à moins qu’elle n’attende plus tard.

Oui, je prendrais bien une marche jusqu’au feu de circulation pour retrouver l’abribus et par la suite, la maison. Sans savoir si le net est revenu là-bas, étant donné qu’une partie du réseau d’un des deux plus importants fournisseurs d’Internet au Québec est tombé en panne dès 7 h 30 ce matin et que le secteur touché est immense, couvrant en plus d’une section de Montréal de nombreuses municipalités de la rive nord comme de la rive sud. On me dit que le retour à la normale ne devrait plus tarder. Espérons-le, croisons les doigts. Je n’aimerais pas rentrer chez moi après une course vers l’abribus quand ce sera l’heure pour me retrouver loin de tout,

Pour écrire ou peindre, il faut d’abord regarder

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Peut-on écrire sans lire, sans regarder vivre les gens, sans écouter ce qu’ils ont à dire ? Peut-on imaginer sans ne rien faire de cela ? Peut-on peindre en passant outre la vie qui bat et s’agite ?

La toile d’Elizabeth Gordon Werner raconte une histoire. Une histoire de café où on se croise, où certains se connaissent, où certains lisent. Et c’est parce qu’elle a su regarder toute cette vie qui s’anime que nous sommes à même d’inventer des vies aux personnages qu’elle a saisis. D’imaginer une rencontre déterminante dans ce café. D’y entrer, même. Pourquoi pas ?

Si je ne passais pas le plus clair de mon temps à regarder autour de moi, à écouter des conversations dans l’autobus ou ailleurs, serais-je à même d’écrire ? Peut-être bien. Mais je ne parlerais que de moi, je ne saurais rien de la vie qui gravite, j’aurais les yeux fermés. L’imagination commence pour le peintre, le photographe ou l’écrivain par un regard sur le monde et ce qui se dit parfois tout bas.

Je peux vraiment faire ça

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-Tu peux vraiment rester des heures à chercher des toiles et des liens, à écrire, à lire, à rêver, sans que la vie dehors ne te manque ?

-Bien sûr que je peux vraiment faire ça. C’est ce que je fais d’ailleurs. La vie dehors, comme tu dis, ne me manque pas, puisque j’en fais partie, quand l’envie m’en prend. Mais le reste du temps, je suis dans ma bulle, avec mes mots. Et en plus, je suis heureuse.

Je crois qu’il m’a regardé d’un drôle d’air. Il avait devant lui un personnage de la peintre australienne Dee Jones et il n’était pas certain qu’elle ne soit pas plutôt une extraterrestre. Il faut dire aussi que j’ai ajouté tous ces petits détails qui font mon quotidien, comme les photos qui m’arrivent de mes lecteurs et lectrices et auxquelles j’accorde une place importante. Il faut dire aussi que je lui ai raconté que je mettais en contact mes lecteurs quand je sentais des affinités entre eux. Il faut dire aussi que mon enthousiasme avait quelque chose qui le dépassait. Mais bon, quand Jean-Philip aura aussi son lieu où écrire, ce qui est dans l’air, je crois qu’il comprendra.

Celle qui s’ennuie

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Elle s’ennuie. Le journal est ouvert, mais elle s’ennuie. Ce n’est pas parce qu’elle avait envie de s’informer qu’elle l’a étalé sur la table, mais bien parce qu’elle cherchait une façon de tromper son ennui. La lectrice de Yasuo Kuniyoshi se demande à quoi elle pourrait bien s’occuper, puisque rien n’y fait : elle s’ennuie.

Je reste toujours étonnée, quasi incrédule, quand quelqu’un me dit qu’il s’ennuie, car je n’ai aucune idée de ce que ça peut-être. Je ne m’ennuie jamais. Même pas des gens. Ils me manquent, mais je ne m’ennuie pas d’eux. Il y a nuance. L’ennui est tellement quelque chose d’apathique. Et il est si facile de s’y complaire, de telle sorte que l’ennui devient de plus en plus grave et nous enlève toutes les raisons de vouloir en sortir.

Ceux qui nous manquent, c’est bien autre chose. Ce sont ces moments qu’on voudrait partager avec eux au moment où ils surviennent, mais qu’on ne peut pas, parce qu’ils sont absents. Le manque a quelque chose d’actif, finalement.

Mais l’ennui… Non, je ne connais pas. Il y a trop de levers de soleil, trop de chansons, trop de livres, trop de gens à qui je tienne, trop à écrire pour que je trouve un jour le temps d’en faire mon modus vivendi. Je laisse ça à d’autres. Sans regrets.