ma vie est le long fil décousu
d’un rêve
que je ne cesse de prolonger
avec l’espoir inaltéré
de sa réalisation possible
il me manque
l’absolue raison de poursuivre
cet itinéraire
barbare et inutile
il me manque un visage
pour permettre l’inscription insensée
de mon existence
dans le parcours chagrin
de mes yeux tendresse
il me manque des mots pour situer
l’absence de métamorphose
dans l’histoire quelque peu assoupie
de mes instants épars
je ne suis qu’un pauvre instant
dans un quotidien soupir
(mai 1982)
* toile de Maurice Mann



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