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En vos mots 270

Allongée au milieu des roses, avec pour tout compagnon un livre, la lectrice peinte par Edith Mitchill Prellwitz attend que vous la racontiez en vos mots, que vous lui dessiniez un passé, que vous lui inventiez des aventures. Vous avez une semaine pour le faire, comme le veut l’habitude, puisque les commentaires ne seront pas validés avant dimanche prochain.

D’ici là, si le cœur vous en dit, profitez-en pour vous mettre sous la dent les textes qui ont animé la toile de dimanche dernier. Et bien entendu, bon dimanche!

Les mots voyageurs 4

VINIEGRET; VINAIGRETTE (russe, anglais) : salade russe — La viniegret russe n’est pas une sauce pour la salade. C’est une macédoine de légumes dont l’ingrédient de base est la betterave, d’où sa couleur caractéristique. Entre-t-il au moins du vinaigre dans son assaisonnement? Pas la moindre goutte. Dans les pays anglo-saxons, la vinaigrette s’entend comme en France (on l’appelle French dressing en Grande-Bretagne), mai le mot désigne aussi ces boîtes ou bouteilles, percées à leur extrémité, qui contiennent une préparation aromatique.

Franck Resplandy, My rendez-vous with a femme fatale

*pour la lectrice de François Gérard

Les mots voyageurs 3

BELMONDO (russe) : de « Jean-Paul Belmondo » — Au pays d’Eisenstein et de Tarkovski, belmondo signifie familièrement un homme qui se croit beau et irrésistible; belmonda ayant le même sens pour une femme.

Franck Resplandy, My rendez-vous with a femme fatale

*pour les lectrices de Daniel Hernandez Morillo

Les mots voyageurs 2

APACHKA (polonais) : petit foulard noué autour du cou, de « apache » — Les Apaches fut le surnom donné aux voyous des grandes villes au tournant du XXe siècle. Il fut inauguré le 12 décembre 1900 sous la plume d’Henri Fourquier dans le journal Le Matin : « Nous avons l’avantage de posséder à Paris une tribu d’apaches dont les hauteurs de Ménilmontant sont les montagnes Rocheuses. Peuple à demi nomade de jeunes gens sans famille, sans métier fixe, qui constitue ce qu.à la préfecture de police on nomme l’armée du crime. » Portant la casquette, le foulard rouge, un pantalon « pattes d’éph » avant l’heure, ces sauvageons chantés par Aristide Bruant furent immortalisés — et idéalisés — à l’écran par le film Casque d’or.

Franck Resplandy, My rendez-vous with a femme fatale

*pour les lectrices de Paolo Giovanni Bedini

Les mots voyageurs 1

Le personnage peint par Bernard Louis Borione s’est littéralement précipité sur le recueil de Franck Resplandy, My rendez-vous with a femme fatale, pour le feuilleter, tant ce que j’en ai dit hier soir a piqué sa curiosité.

Et il a tant aimé les découvertes qu’il a faites qu’il a décidé d’en copier quelques-unes afin de les envoyer à ses divers correspondants au cours de la journée, en commençant par celle- ci :

DEGOLOWKA (polonais) : képi, de « de Gaulle » — Étonnant: le képi fut un accessoire de mode en Pologne à la fin des années soixante. Il se portait chez les jeunes hommes dans des versions vert foncé, gris sombre ou marron. Cette mode dura peu mais elle a laissé son empreinte dans le lexique polonais. Son origine est la visite officielle, en 1967, du général de Gaulle dans les principales villes polonaises.

Place donc à ces mots qui ont voyagé!

Le silence 2

au plus fort de la déroute
il suffit de creuser
assez longtemps le silence
pour découvrir l’histoire
qui nous multiplie
le paysage qui nous ouvre

Catherine Fortin, Le silence est une voie navigable

*choix de la lectrice d’Élisabeth-Louise Vigée-Lebrun

Dans 24 heures, la suite

Mais que lit-elle ainsi avec tant d’attention? Serait-ce les mots qu’elle compte déposer sur la toile de la semaine? Suite dans 24 heures et pas avant!

*toile de William Oliver

Le silence 1

C’est le titre qui a séduit la lectrice peinte par Monika Seidenbusch. Il faut avouer que j’ai aussi été séduite par le titre du recueil de Catherine Fortin, Le silence est une voie navigable. Et pas juste par le titre, mais aussi par les mots de la poète. Notamment ceux-ci :

ce qui meurt à la fenêtre
nul ne peut le retenir
mais à l’extrême l’indicible
repousse toujours plus loin
le jaillissement ordonné
de la lumière où s’amenuise
la force entière du matin

Chez Catherine

C’est chez l’artiste Catherine Nolin, du Massachusetts, que je vous emmène aujourd’hui. Parce que j’aime ses couleurs et ses scènes livresques.

Merci à Clairedelune qui me l’a fait découvrir.

Ce que mots vous inspirent 684

Ne plus lire depuis longtemps, c’est comme perdre un ami important. (Proverbe chinois)

*toile de Julia Ciccarone