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Un dimanche avec Agatha Christie 3

Vous ne pouvez empêcher les oiseaux de la tristesse de passer au dessus de vos têtes mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveux. (Agatha Christie)

*toile de Joseph Sandora

Un dimanche avec Agatha Christie 2

Faites comme moi, épousez un archéologue. C’est le seul homme qui vous regardera avec de plus en plus d’intérêt à mesure que passeront les années. (Agatha Christie)

*toile de Lois Woolley

Un dimanche avec Agatha Christie 1

Parce que c’était hier l’anniversaire de la naissance d’Agatha Christie m’est venue l’idée de lui consacrer un dimanche. Parce qu’elle a été importante dans mon parcours de lectrice. Parce que c’est elle qui m’a fait aimer les romans policiers, même si je n’en lis presque plus aujourd’hui.

Je n’avais pas encore dix ans en juin 1971 quand j’ai lu mon premier Agatha Christie. En manque de livres, parce que j’avais tout lu de ce que j’avais apporté pour les vacances, j’ai eu le droit de m’approvisionner à même les provisions livresques de mes parents. C’est ainsi que j’ai lu Le chat et les pigeons. Peut-être pas le meilleur de ses livres, mais un titre que je n’oublierai jamais, parce que c’était le premier.

À Hercule Poirot, pourtant le héros de ses meilleurs livres, j’ai toujours préféré Miss Marple. C’est ainsi. C’est pourquoi en ce dimanche j’ai invité quelques lectrices aux cheveux blancs à partager avec vous quelques citations de la grande dame du crime à qui l’on doit notamment Les dix petits nègres. Mais avant de passer à celles-ci, je vous propose de revoir la bande annonce du film de Michael Apted.

*toile de Frank O. Salisbury

Les vers de Wislawa 2

Nuages

La description des nuages
exige de faire diligence —
en une fraction de seconde
ils ne sont plus eux, ils sont autres.

Leur trait principal consiste
à ne jamais reproduire
ni formes, ni teintes, ni poses, ni dessins.

Jamais porteurs d’aucune mémoire,
légers, ils survolent la gravité des faits.

Témoins de quelque chose — vous voulez rire!
au moindre souffle, voilà qu’ils s’éparpillent.

En regard des nuages
la vie semble solide,
presque enracinée, quasi éternelle.

À côté des nuages
les pierres sont nos cœurs,
nous pouvons compter sur elles,
alors qu’eux : des cousins lointains et volages.

Que les gens soient, s’ils y tiennent,
et qu’ils meurent ensuite un à un,
les nuages n’en ont rien à faire
de ces affaires
extraordinaires.

Au dessus de ta vie parfaite
et de la mienne, imparfaite pour l’instant,
ils paradent, fastueux comme avant.

De périr avec nous ils ne sont point tenus.
Pour voguer, nul besoin d’être vu.

Wislawa Szymborska, Je ne sais quelles gens

*choix de la lectrice de William Oliver

Parce que j’aime les mots…

J’ai envie de partager avec vous ce que j’ai trouvé chez Lucie :

Saviez-vous que…

1. Le plus long palindrome de la langue française est « ressasser ». On peut donc le dire dans les deux sens.
2. « Squelette » est le seul mot masculin qui se finit en « ette ».
3. « Institutionnalisation » est le plus long lipogramme en « e ». C’est-à-dire qu’il ne comporte aucun « e ».
4. L’anagramme de « guérison » est « soigneur »
5. « Où » est le seul mot contenant un « u » avec un accent grave. Il a aussi une touche de clavier à lui tout seul!
6. Le mot « simple » ne rime avec aucun autre mot. Tout comme « triomphe », « quatorze », « quinze », « pauvre », « meurtre , « monstre », « belge », « goinfre » ou « larve ».
7. « Endolori » est l’anagramme de son antonyme « indolore », ce qui est paradoxal.
8. « Délice », « amour » et « orgue » ont la particularité d’être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle. Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l’amour au pluriel. C’est ainsi!
9. « Oiseaux » est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x] « Oiseau » est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles (hormis le y). Eh oui !

*illustration de Shelley S. Davies

Au fait…

Est-ce que regarder dehors lui apportera l’inspiration? Nous le saurons demain et pas avant puisque c’est à ce moment que seront validés les textes inspirés par la toile du 300e En vos mots. Au fait, avez-vous envoyé le vôtre?

*illustration de Constantin Alajalov

Les vers de Wislawa 1

Coup de foudre

Ils sont convaincus, tous les deux,
qu’un sentiment soudain les a réunis.
Belle est cette certitude
mais plus belle encore l’incertitude.

Certains que, puisqu’ils ne se connaissent pas,
entre eux rien ne s’était jamais passé.
Et qu’en pensent les rues, escaliers et couloirs
où depuis des lustres ils pouvaient se croiser?

J’aimerais leur demander
s’ils ne se souviennent pas —
peut-être, dans ce tourniquet,
autrefois, face à face?
quelque « pardon » dans la cohue?
un « c’est une erreur » au téléphone?
Mais je connais par avance la réponse.
Non, ils ne s’en souviennent pas.

Ils seraient fort étonnés d’apprendre
que, depuis un bon moment
le hasard jouait avec eux.

Sans être tout à fait prêt
à se faire destin pour eux,
il les rapprochait et les éloignait,
il les croisait en chemin
pour s.écarter aussitôt
en riant sous cape.

Il y eut des signes, des indices,
illisibles, mais quelle importance.

Qui sait, peut-être il y a trois ans,
sinon mardi dernier,
une feuille avait volé
d’une épaule l’autre?
Quelque chose de perdu et de ramassé?
Peut-être ce ballon, déjà,
dans les aubépines de l’enfance.

Il y eut verrous et sonnettes
où, bien avant l’heure dite,
un toucher se couchait sur un autre toucher?
Des valises, côte à côte, à la consigne?
Un rêve identique, une nuit,
aussitôt effacé le matin?

En fait, tout début n’est jamais qu’une suite,
et le livre des événements
à jamais ouvert au milieu.

Wislawa Swymborska, Je ne sais quelles gens

*choix de la lectrice d’Albert Bartholomé

Ce que mots vous inspirent 837

Dans la nuit intérieure où chacun est plongé
on peut voir s’agiter une aurore boréale.

(Michèle Lalonde)

*toile de Wilfredo Alicdan

Voix d’Argentine 3

Déjà vu

Une femme se déshabille dans ma mémoire
cependant que dehors la ville resplendit
ou qu’il pleut et qu’il fait froid

Une femme lave ses cheveux noirs à l’eau de mon enfance
il se crée peu à peu une distance

Sa peau est douce et fraîche comme la caresse du matin
sa voix se fait lointaine

Une femme me rejoint
le premier sein découvert
le premier sein caressé

Cependant que dehors resplendit la mémoire

Rodolfo Alonso
(extrait de Poésie argentine du XXe siècle d’Horacio Salas)

*choix de la lectrice de Chelin Sanjuan

Un autre univers à découvrir!

Aujourd’hui, je vous propose de faire connaissance avec Gennady Privedentsev. Son univers plein d’imagination devrait séduire plus d’un d’entre vous!