Elle s’est assise dans une rue de rue de Leibniz. On ne sait rien d’elle, on sait seulement qu’elle s’est assise là pour l’éternité. Et que le temps la laissera presque intacte. Sa peau de pierre s’abimera peut-être un peu sous le soleil, le vent et la pluie, mais jamais elle ne quittera la pose, jamais le livre ne sera ouvert à une autre page. Et pourtant, je sais qu’elle est vivante, que les sculptures s’animent. Mais qu’il faut pour cela bien regarder. Comme on regarde les nuages auxquels on associe des visages, comme les toiles auxquelles on prête des histoires. Oui, elle est bien vivante. Je le sais, nous le savons. Mais nous ne dirons rien, je crois qu’elle aime bien que certains croient qu’elle est figée dans la pierre à jamais.

Une réponse
La beauté
« Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière. »
Baudelaire (Première strophe)