Placet
Ne joignez pas mes mains lorsque je serai morte,
le grand départ n’est plus le temps de l’oraison
mais ouvrez-les plutôt comme on ouvre une porte
afin qu’un soleil neuf inonde ma saison.
Et je vous aimerai du pays sans rivages
si, me laissant dormir sans larmes, sans chagrin,
vous m’offrez simplement deux ou trois fleurs sauvages
afin de consoler le vide de mes mains.
Alice Lemieux-Lévesque
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)
*choix de la lectrice d’Yvonne Delisle (dont toute trace a disparu)



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