Le Saint-Laurent
Si vous n’avez pas vu sa rive enchanteresse,
Si vous n’avez bruni sous sa rude caresse,
Vous ne comprenez pas
Ce que ressent mon cœur quand je revois la plage
Du Saint-Laurent superbe et que sur le rivage
Je marche à petits pas.
Vous ne comprenez pas ce que m’est la falaise,
Où je grimpais enfant, le fleuve où seule, à l’aise,
Sur le flot écumant
Dans un canot léger, j’allais braser l’orage,
Quand l’onde est en furie et le nordet en rage
Tout gris le firmament.
Vous ne comprenez pas ce que chantent les vagues
Aux étoiles de mer, aux oursins et aux algues,
De leurs voix de cristal.
Cette berceuse est douce et pleine d’harmonie,
Pitoyable, elle endort à l’heure où l’insomnie,
Monte son guet brutal.
Marie Boissonneault
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)
*choix de la lectrice d’Otto Herschel



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