Lali

29 janvier 2017

Détournement 1

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 23:59

PRONASZKO (Zbigniew) - 2

Bretagne

Du contemplatif
En Bretagne grand air vif
Aux verts incisifs

Instant délicieux
Un ravissement des yeux
L’océan si bleu

Mer descendante
Atmosphère reposante
C’est la détente

Les soupirs d’extase
De bien-être, de bonheur
Devant l’océan

Des flocons d’écume
Tourbillonnent comme des plumes
Un jour sans brume

On imaginait
Où les vagues déferlaient
Ce qu’elles écrivaient

Aujourd’hui le vent fort
Multitude de moutons
Rouleaux d’écume

Ciel noyé d’éclairs
Atmosphère démoniaque
Reflets bleus d’enfer

Éclairs sur la mer
Tags de dieux, lumineux
Voici le tonnerre

Le plus beau tableau
Du monde, de l’univers
Crépuscule sur l’eau

Horizon splendide
Soleil couchant mordoré
Sur mer bleu profond

Demi-lune ce soir
Comme un chemin sur la mer
Son rayon scintille

Reflets sur la mer
Scintillement argenté
Nature et beauté

Îles illuminées
Soleil couchant orangé
Lumière enchantée

Crépuscule serein
Des stries roses dans le ciel
Murmure du ressac

Catherine Perreau, Détournement de haïkus

*choix de la lectrice de Zbigniew Pronaszko

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 10

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 20:01

fc robinson 4

Puis il comprit lucidement
Que l’ennui est partout le même,
Le spleen lui pèserait toujours,
Même sans vie à Pétersbourg,
Sans bals, sans cartes, sans poèmes –
comme votre ombre, cet ennui,
Comme une épouse, il vous poursuit.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Frederick Cayley Robinson

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 9

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 18:01

ROCKWELL (Norman) - 16

Oui. J’ai atteint midi. Il faut
Sans doute que j’en sois conscient.
Eh bien ! Quittons-nous bons amis,
Ô ma fugitive jeunesse.
Merci à toi pour les plaisirs;
Pour la tristesse et les tempêtes,
Pour les souffrances délicieuses,
Pour les fêtes et leurs folies,
Pour tout ce que tu m’as donné.
Merci. J’ai connu des alarmes;
Mais je t’ai pleinement goûtée.
Il suffit. C’est l’âme lucide
Que j’entre dans une autre voie.
J’en ai fini et je respire.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*illustration de Norman Rockwell

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 8

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 16:01

GROSSMAN (Barbara) - 30

Moscou compte autant de beautés
Que la nuit d’aimables étoiles;
Mais la lune sur le ciel noir
Brille, et éclipse ses compagnes.
Mais celle que je n’ose pas
Troubler par le chant de ma lyre,
Comme une lune en majesté
Brille seule parmi les femmes.
Elle semble fouler la terre
Avec une fierté céleste!

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Barbara Grossman

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 7

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 14:01

COLSON (Ricky) - 2

Je me rappelle un jour d’orage;
J’étais jaloux de tous ces flots
Qui venaient, chacun à son tour,
Ramper, pleins d’amour, à tes pieds!
J’aurais voulu, comme la mer,
Effleurer ces pieds de mes lèvres!
Non, jamais à l’époque folle
Où ma jeunesse s’exaltait,
Je n’ai désiré aussi fort
Baiser les lèvres des Armides,
Les roses en feu de leurs joues,
La douce langueur de leurs seins;
Non, jamais l’élan du désir
N’a si fort torturé mon âme.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Ricky Colson

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 6

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 12:01

COONAN (Emily)

Dommage qu’inutilement
La jeunesse nous fût donnée.
Nous la trahîmes à chaque instant,
Et par elle fûmes dupés,
Ainsi nos désirs les meilleurs,
Ainsi nos rêves pleins de fraîcheur,
Comme des feuilles, par le temps d’automne pourri,
Vite en poussière, se sont réduits.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile d’Emily Coonan

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 5

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 10:01

CURTIS (Rita) - 4

J’avais comme lui rejeté
Le poids des vanités mondaines;
Et nous liâmes amitié.
J’aimais en lui son fier visage,
Son inclination à rêver,
Son étonnante étrangeté
Et la rigueur de son esprit.
J’étais aigri; il était sombre.
Nous connaissions tout des passions.
La vie nous avait épuisés.
Nos cœurs avaient perdu leur feu.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Rita Curtis

En vos mots 512

Filed under: Couleurs et textures,En vos mots — Lali @ 8:00

MOSZ (Gosia) - 2

Le livre est resté ouvert sur la table. Est-ce un livre de recettes? Un dictionnaire? Un recueil de poèmes? À vous de nous raconter en vos mots ce que dissimule ou met en évidence ce livre de l’illustratrice Gosia Mosz, comme vous le faites si bien dimanche après dimanche depuis près de dix ans.

C’est avec plaisir que nous lirons autant les textes que vous avez déposés sur la scène livresque de dimanche dernier qui viennent tout juste d’être validés que ceux qui le seront dans sept jours puisque les commentaires ne sont validés qu’au moment où une nouvelle scène livresque vous est offerte.

D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous!

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 4

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 6:01

CHIASSON (Denis) - 27

Or notre été caricature
Le tiède hiver méridional,
Il brille et meurt – la chose est sûre,
Mais l’avouer nous ferait mal.
L’automne errait dans les parages,
Le ciel se chargeait de nuages,
Les jours, déjà, étaient plus courts,
Les arbres sombres, tour à tour,
Bruissaient, perdaient leurs feuilles sèches,
Le brouillard dormait sur les champs,
Les oies sauvages, en criant,
Partaient au sud – un temps, n’empêche,
Assez barbant s’inaugurait :
Déjà, novembre s’instaurait.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile de Denis Chiasson

Un dimanche avec Alexandre Pouchkine 3

Filed under: À livres ouverts,Couleurs et textures — Lali @ 4:01

JOHNSON (Eastman) - 16

Le monde est trop fier pour me lire;
Je n’écris que pour mes amis.
J’aurais voulu te présenter
Un cadeau plus digne de toi,
Plus digne de ton âme fière
Où domine un rêve sacré,
De ta limpide poésie
Et de tes sublimes pensées.
Mais qu’importe! Sois indulgent.
Prends cette suite de chapitres
À la fois plaisants et tragiques,
Populaires et éthérés.
Ils disent, ces fruits de mes veilles,
De mes joueuses rêveries,
De ma jeunesse disparue,
Ce qu’a vu l’esprit trop lucide
Et ce que le cœur a souffert.

(extrait d’Eugène Onéguine d’Alexandre Pouchkine)

*toile d’Eastman Johnson

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