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Piqué des vers 26

JERICHAU-BAUMANN (Anna Maria Elisabeth) - 4

Peut-être le poème est-il un passage
Défiant la rumeur?

Ou
Une certaine clarté
Qui borderait le cristal et l’abîme?

Peut-être est=il l’abîme ou le cristal?

Peut-être est-il aussi l’absence d’abîme
Et l’absence du cristal?

Yves Namur
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)

*choix de la lectrice d’Anna Maria Elisabeth Jerichau-Baumann

Tout à fait d’accord

blessed

Je ne connais pas l’auteur de ces mots.
Je sais seulement que je suis tout à fait d’accord avec ceux-ci.

Cette envie

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Cette envie de suspendre le temps, ou alors de le prendre, pour soi, juste pour soi. Quelques heures. Juste assez longtemps pour dévorer un livre, écrire une nouvelle ou de rêver.

Cette envie, aussi, que le temps s’arrête. Ou qu’il ralentisse son rythme. Pour pouvoir se laisser prendre au jeu du temps perdu.

Cette envie, oui, que le temps cesse d’en faire à sa tête et qu’il me laisse les rênes.
Mais acceptera-t-il?

*toile de Konstantin Kacev

Sous l’eau

illustration de Daria Nyberg

Quand j’ai découvert l’univers de Daria Nyberg, l’illustratrice de cette jolie scène envoyée d’Ukraine par Alexandra, j’ai tout de suite été conquise! Vous aussi?

Piqué des vers 25

CAILLAUD (Joel)

Il ne voit que par elle

Je me mélange à toi si fort que je ne sais
Comment me retrouver, comment me dégager
De cet être nouveau que nous sommes à deux.
Je ne distingue plus ce qui t’appartenait
De ce que j’apportai, ni de ce qui te ressemble
De ce que j’inventai. Je te vole mes mots,
Mais toi tu tisseras du fil de mes idées.
Le songe que j’emprunte est né de ton sommeil;
Tu parles par ma bouche et je vois par tes yeux.
Ta mémoire s’étend aux yeux de mon enfance;
J’ai des amis perdus qui ne m’ont pas connu;
Je sais des lieux secrets que toi seule a hantés.
Tu me fais déterrer des choses enfouies;
Je cours en liberté dans tes jardins reclus.
Tu prévois mes erreurs et je connais tes chances.

Hors d’ici, hors de nous, je ne sais plus que moi.

Jean Mogin
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)

*choix de la lectrice de Joel Caillaud

Love, Peace and Happiness

Love, peace and happiness - illustration de Carola Pabst
(illustration de Carola Pabst)

Certaines cartes sont si jolies qu’on a envie de les mettre en évidence et d’y jeter un œil régulièrement. C’est le cas de celle-ci, envoyée d’Allemagne par Anja, dont j’aime le message et chacun des détails!

Ce que mots vous inspirent 1358

ANGLADA (Pau)

Une liberté perdue, puis regagnée, mord à plus belles dents qu’une liberté jamais mise en péril. (Cicéron)

*illustration de Pau Anglada

Piqué des vers 24

TOUSSAINT (Fernand) - 15

Tu es partout
Tu brûles doucement dans les creux de ma nuit
Tu te penches
Tu te penches et l’odeur de la laine douce
Tu me frottes la peau des joues tu t’enfuis
Tu viens le jour et tu reviens le soir
Hanter mon rêve ou les mouvements oubliés de
mon corps
Un peu comme l’eau un peu comme la forêt
Tu te laisses boire
C’est comme si de toujours je t’avais reconnue
Toute petite et toute longue silhouette
Toi pour qui la place en moi est depuis si longtemps
creusée
La chaleur tant de bras tant de jambes
Toi ma sœur et mon enfant et ma mère
Ma toute infinie familière
Tu me mets au monde
Et tu perces mes paupières
Et tu laves le sommeil séché

François Emmanuel
(dans Piqué des vers! de Colette Nys-Mazure et Christian Libens)

*choix de la lectrice de Fernand Toussaint

Une adaptation un peu rapide

Ici-cest-différent-de-la-bas

Avec l’immigration importante de jeunes familles provenant d’Afrique du Nord, des pays d’Europe de l’Est et d’Asie, il était temps que la littérature jeunesse de chez nous s’intéresse à ce phénomène qui fait de nos classes de véritables tours de Babel.

C’est ce que propose Ici, c’est différent de là-bas, qui met en scène Souad, une jeune Marocaine de 11 ans à l’heure de la grande traversée. En effet, ses parents sont déjà à Montréal depuis un moment quand elle quitte les siens pour cette nouvelle vie qui l’inquiète.

Pour exprimer ce que ressent Souad de l’intérieur, Naïma Oukerfallah a choisi le journal intime. C’est donc Souad qui nous raconte, avec ses yeux d’enfant, ce qu’elle ressent. Qu’il s’agisse du lien avec son pays d’origine, tant au niveau des habitudes alimentaires que des relations qu’elle entretient avec les siens, des différences qui sont flagrantes et de celles qui le sont moins, de la façon d’agir des enfants de son âge, la plupart issus de différentes communautés culturelles, ou de ce qu’elle ne comprend pas, Souad le raconte en toute simplicité dans les 80 pages de ce roman destiné aux enfants du deuxième cycle du primaire.

Le roman n’a rien d’une étude sociologique. Ce n’est pas son but, lequel serait plutôt de nous donner un aperçu de ce que peut ressentir quelqu’un venu d’ailleurs au moment où il est tenu de s’adapter à sa nouvelle vie dans un pays qui ne ressemble pas à celui d’où il vient.

Souad a tout de même une chance qui n’est pas donnée à tous les enfants. Ses parents et elle-même parlent le français. Et contrairement à nombre d’immigrantes, sa mère ne vit pas dans la peur et ne passe pas son temps à tout interdire à sa fille. Souad peut donc recevoir une amie à souper et aller jouer aux échecs avec son vieux voisin.

Mais c’est loin d’être le lot de tous les jeunes arrivants. Je suis donc loin d’être certaine que cette image un peu rose de la situation trouvera écho auprès du public ciblé, qui estimera peut-être que l’adaptation de Souad se fait vraiment un peu trop facilement et pour le moins, très rapidement, puisqu’au bout d’une semaine, elle est tout à fait dans son élément.

Malgré ces problèmes de contenu que d’autres pourront voir d’un autre œil, l’écriture est fluide, simple et souriante, ce qui est déjà beaucoup.

Texte publié dans

Le bonhomme de neige

20150115 001

Les joies de l’hiver ne sont pas nécessairement nombreuses pour quelqu’un comme moi, qui préfère l’été.

Mais un bonhomme de neige croisé sur la route ce matin me ferait presque aimer cette saison!