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Heureusement qu’il y a les livres…

APPLE (Linda) - 19

Il pleut et il va pleuvoir toute la journée demain. Ce n’est pas ça qui va faciliter la vie de mes voisins, de mon facteur et la mienne. En effet, voilà des mois que des travaux sur le domaine rendent notre vie misérable. Des grues et des camions ont arraché le gazon, détruit l’asphalte, créé de profondes ornières, tant et si bien que pour sortir de chez soi et marcher vers le trottoir est une expérience de haute voltige et des plus salissantes.

J’ai laissé mes talons dans un trou que je n’ai pas réussi à éviter, je me suis enfoncée dans tellement de boue que je pensais m’enliser, j’ai lancé un petit morceau de glace dans un lac pour en tester la profondeur – un mètre, selon mes calculs – et j’ai failli tomber une cinquantaine de fois.

Et les travaux n’avancent presque pas. Certains n’ont plus de balcon depuis octobre. Des murs sont en cours de briquettage depuis des semaines.

Heureusement qu’il y a les livres. Des cartes postales à envoyer. Des billets a écrire pour le pays de Lali. Ça m’empêche de regarder dehors et d’y voir les lacs, des ornières et de la boue.

Je vais fermer les stores jusqu’à dimanche.

*toile de Linda Apple

Ce que mots vous inspirent 1155

ALPHONSE (Fritzner) - 1

Il ne faut jamais faire de confidences, cela abîme les sentiments. (Raymond Queneau)

*toile de Fritzner Alphonse

Les arbres aussi 10

CHASE (Jamie)

un seul mot
et tout se replace
comme par enchantement
mais le mot demeure creux
faute d’immerger dans l’encre
du silence

Alain Mabanckou, Les arbres aussi versent des larmes

*choix de la lectrice de Jamie Chase

El Zaziummm, miam!

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J’ai fréquenté assidument le premier emplacement du restaurant El Zaziummm. J’y ai même emmené une amie bourguignonne qui avait adoré son expérience, et fait un lancement de revue littéraire. C’était il y a quinze ans.

Or, le restaurant au décor kitsch étudié — qui peut plaire comme déplaire — a déménagé ses pénates et ouvert d’autres succursales, en a fermé certaines. Les modes changent, tout comme les goûts. Et j’ai, quand à moi, quitté le quartier, si bien que je n’ai plus fréquenté les lieux.

Pourtant, le restaurant de la rue Laurier est toujours là, aussi accueillant, aussi coloré et aussi chaleureux qu’à l’époque. Avec presque le même menu. Si bien qu’y retourner, c’est comme retrouver un vêtement confortable dont on avait oublié l’existence.

C’est sûrement pour cette raison que j’ai eu tant de plaisir à photographier nombre de ses recoins avant de m’attabler devant un savoureux plat tex-mex aussi agréable au goût qu’à la vue.

J’y retournerai sûrement bientôt.

Ce que mots vous inspirent 1154

MARGITAY (Tihamér) - 6

Vois un monde dans un grain de sable et un paradis dans une fleur sauvage, retiens l’infini dans la paume de ta main, et l’éternité dans l’heure présente. (William Blake)

*toile de Tihamér Margitay

Les arbres aussi 9

MUNTER (Outi)

deux êtres se croisent
parce qu’ils ne peuvent s’éviter
ce sont les empreintes
qui s’interpellent

le regard est le prolongement
de la destinée
l’illusion d’un instant
d’immortalité

Alain Mabanckou, Les arbres aussi versent des larmes

*choix de la lectrice d’Outi Munter

Comme un coup de tonnerre

comme un coup de tonnerre

Apprendre qu’on a un cancer a de quoi bouleverser. Apprendre qu’un des siens en est atteint peut faire tout basculer. Et quand cette personne est sa maman et qu’on est une petite fille, c’est un véritable coup de tonnerre.

C’est l’annonce de cette nouvelle qui va faire chavirer les certitudes et créer une multitude de doutes que nous raconte Claudie Stanké qui, après quelques romans pour adultes en solo et en tandem, se consacre depuis quelques années à la littérature jeunesse.

C’est aussi le combat d’une famille et pas seulement celui de celle qui a été frappée de plein fouet par la maladie alors qu’elle ne s’y attendait pas, autant celui de sa fille, de son conjoint, que celui de ses sœurs et de son frère, qu’elle nous raconte aussi. Avec beaucoup d’amour. Beaucoup, beaucoup d’amour. Et c’est peut-être cet amour qui permet à l’héroïne de Comme un coup de tonnerre de traverser ces moments difficiles sans être totalement anéantie.

Le roman de Claudie Stanké, inspiré par sa propre expérience de cancer, est sensible, émouvant et plein de moments de tendresse, malgré le sujet des plus graves abordé ici. Et nul doute que les 9-12 ans à qui il s’adresse devraient trouver ici des personnages attachants comme un portrait sans concession de ce qui arrive à une famille dont la vie prend un chemin inattendu et difficile.

Claudie Stanké utilise les vrais termes et n’enrobe pas les choses pour les rendre plus simples. Le cancer est un mauvais quart d’heure à passer, mais on peut le vaincre.

Un beau message d’espoir en même temps qu’une roman réaliste qui fera prendre conscience aux jeunes lecteurs du cancer, de ce qu’il change dans une vie et de l’importance des proches aidants dans la vie de celui qui se bat.

Un livre que devraient posséder toutes les bibliothèques publiques et scolaires.

Une journée importante

JILE

Le 2 avril 1805 naissait Hans Christian Andersen, l’auteur de La petite sirène. En 1967, pour cette raison, le 2 avril a été choisi pour célébrer la Journée internationale du livre pour enfants.

Belle occasion (si vous cherchez un prétexte pour le faire) de lire un livre destiné aux jeunes.

Moi, je fais ça souvent!
Et surtout : je ne me lasse pas de ce plaisir.

Ce que mots vous inspirent 1153

ILUFI (Chenco)

La paix, c’est quand la fuite du temps n’a pas d’importance. (Maria Schell)

*illustration de Chenco Ilufi

Les verbes aussi 8

DANCE-HOLLAND (Nathaniel) - 4

il suffit d’un tiret
d’une marge
d’un enjambement
des points de suspension
pour que se faufile
le grain de sable
qui ébranle tout

Alain Mabanckou, Les arbres aussi versent des larmes

*choix de la lectrice de Nathaniel Dance-Holland