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Un dimanche avec Roger Lemelin 1

ROSENTHAL (Constantin Daniel) - 2

Comme il a fait très froid à Québec durant mon séjour à Québec, la lectrice peinte par Constantin Daniel Rosenthal a fait comme moi : elle s’est bien emmitouflée. Et, de plus, elle a invité les lectrices du jour à suivre son exemple afin de partager avec vous quelques citations tirées de l’œuvre de Roger Lemelin, natif de Québec, qui a notamment signé Au pied de la pente douce et Les Plouffe, en commençant par celle-ci :

Les malheurs sont des fruits qui doivent tomber de l’arbre de la vie quand ils sont mûrs.

Nord perdu 1

au ras de l’épiderme
je tâtonne

étincelles de mes passions
douces à l’oreiller
poésie de la routine
silencieux chagrin

pourtant le bonheur tatoué
sur mon ventre immense
crève les yeux

Marie Dupuis, Le soleil a perdu le nord

*choix de la lectrice de David Dellepiane

La main au collet

lucie wan

De tout temps, il y a toujours eu des chapardeurs dans les classes. Pas bien méchants. Qui vous subtilisent en douce un crayon de couleur, votre règle ou vos mitaines. Mais le voleur qui a choisi la classe de Lucie Wan Tremblay pour y commettre ses larcins semble avoir une prédilection pour les menus objets et non les plus beaux, les plus brillants et les plus neufs, soit des crayons très, très entamés et des gommes à effacer qui ont fait leur temps. Aucun objet de valeur, quoi. De plus, il agit toujours quand il n’y a pas personne dans la classe qui pourrait le surprendre.

Or, Lucie Wan Tremblay a décidé que ça ne se passerait pas comme ça. De fausse piste en faux espoir, elle finira par mettre la main au collet du voleur… Mais non sans peine, tant elle est convaincue de la culpabilité de l’un, puis de l’autre, alors que le lecteur a, quant à lui, depuis un moment deviné qui dérobe des objets pendant la nuit ou lors des récréations.

Dommage que l’auteur ait semé trop d’indices et laissé ainsi peu de place à l’erreur et au doute. L’idée de départ avait pourtant du bon, à savoir qu’il est facile d’arriver trop vite à des conclusions et d’accuser à tort. Lucie Wan a pourtant quelque chose d’attachant dans son désir de trouver le coupable.

Mais Agnès Grimaud a oublié de faire confiance à ses lecteurs.

Les écrivains

PERICOLI (Tullio) - 6

PERICOLI (Tullio) - 1

PERICOLI (Tullio) - 2

PERICOLI (Tullio) - 4

PERICOLI (Tullio) - 5

PERICOLI (Tullio) - 3

Ils s’appellent Pessoa, Woolf, Joyce, Lampedusa, Borges. Ils sont l’œuvre de Tullio Pericoli, caricaturiste politique, critique sociologique, illustrateur et publicitaire. Dont vous pourrez découvrir d’autres illustrations ici.

Ça y est!

CZACHORSKI (Wladyslaw) - 2

Ça y est! Vous avez enfin trouvé la phrase de départ du texte que vous comptez déposer sur la scène livresque de la semaine d’ici demain matin. Sera-ce le cas de la jeune femme peinte par Wladyslaw Czachorski?

C’est ce que nous saurons demain.

Les vers de Guillaume 4

Je voyageais sur toi sans m’y percevoir
Nos peaux comme attaches d’une enveloppe utopique
Onde aux échos perméables

Nos mains consentaient à cette dépossession
Nous
Ce lieu sans distance
Où rien ne se possédait plus

Guillaume Bourque, Je deviendrai toujours ce qui reste de moi

*choix de la lectrice signée Heidi Berger

Plus jamais petite

Plus-jamais-petite

Elle s’appelait Britney. Avant. Il y a longtemps. Avant que son père commette l’irréparable. Avant qu’il la brise et lui fasse promettre de se taire. Avant que sa mère mette la main sur son journal intime et comprenne pourquoi sa fille semble si triste, si différente depuis la naissance de sa petite sœur. Ça n’a rien à voir avec la place qui lui a été usurpée. Ni avec les bouteilles d’alcool de plus en plus nombreuses que laisse derrière lui le père de ses filles.

Elle s’appelait Britney. Comme la correspondante de son père, à une époque où une autre Britney ne brillait pas encore. Mais elle n’a plus de père, à peine un géniteur, duquel il ne reste qu’un prénom qu’elle a du mal à prononcer à l’heure où elle a décidé de mettre fin à ce qui l’unit encore à lui en se rendant à la prison où il purge sa peine.

Elle s’appelle Lucie. Lucie, parce que ça signifie « lumière » et qu’elle ne veut plus vivre dans la noirceur ou dans l’ombre. Elle le lui dira. C’était la dernière chose qui la retenait à lui : le prénom qu’il avait choisi.

Elle s’appelle Lucie et elle est prête à affronter pour la dernière fois cet homme qui a abusé d’elle. Qui n’a rien d’un père et tout d’un monstre.

Elle n’est plus petite depuis longtemps. Aujourd’hui, elle va devenir grande.

Sévérine Vidal signe ici un roman sobre, fort, bouleversant. Qui donnera peut-être le courage à certaines (et certains) de parler. Même si trop de mères, il y a encore peu de temps, ont été des complices et ont incité leurs filles à se taire, ou pire encore, les ont accusées de menteuses. Je pense à deux d’entre elles, dont j’ai été proche il y a une dizaine d’années, à l’heure où elles étaient mères d’adolescents, tout en n’ayant jamais réussi à guérir tout à fait de cet abus.

J’aurais aimé offrir ce livre à leurs filles.

Vitrine de rêve

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C’est à Bruxelles qu’Armando l’a dénichée. Ça ne vous donne pas envie d’aller la voir de plus près?

Ce que mots vous inspirent 1077

Délaisse les grandes routes, prends les sentiers. (Pythagore)

*toile de Ferdinand Max Bredt

Les vers de Guillaume 3

Mes mots veulent décaper l’invisible

Je demeure l’espace blanc entre deux naissances
La page qui croit sans voir

Guillaume Bourque, Je deviendrai toujours ce qui reste de moi

*choix de la lectrice d’Ilia Rubini