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Un dimanche avec Duke Ellington 1

Comme le grand Duke Ellington est né le 29 avril 1899 et que nous sommes le 28, la pianiste peinte par Sergey Reznichenko et quelques autres musiciens ont choisi de sortir leurs partitions (car il y a toujours du papier au pays de Lali) afin de vous offrir des pièces de son répertoire question de lui rendre hommage en ce dimanche, en commençant par Take the « A » Train.

Vertiges quotidiens 4

j’habite le lieu vacillant de la mémoire
les voyages sans voix révélée
pour le ruissellement des mots
avant que le monde et ses brouillards
ne s’installent définitivement entre nous
ce lieu d’où l’on revient sans visage
mais lourd de tous les lendemains

Carl Lacharité, Vertiges quotidiens

*choix de la lectrice de Wyndham Lewis

Marchands de temps

Je n’ai pas le temps. Je voudrais plus de temps. Si le temps pouvait s’arrêter. Le temps file.
Il n’est pas de jours où nous n’entendions l’une de ces phrases, car le temps et le manque de temps ont été et seront toujours de toutes les conversations, tout comme la pluie et le beau temps.

On a beau mesurer le temps en années comme en nanosecondes, il demeure une donnée presque arbitraire, voire subjective, que chacun adapte en fonction de ses connaissances, de ses besoins et du lieu où il vit. Et à l’instar de tout le monde, Daniel Del Giudice voudrait bien avoir plus de temps. Pas beaucoup plus. Juste un peu. Suffisamment pour terminer ce qu’il est en train d’écrire.

C’est donc avec beaucoup d’intérêt qu’il capte les bribes d’une conversation entre un marchand de Rabat et un client qui semble avoir acheté du temps, laquelle le poussera à faire sa petite enquête afin de savoir s’il est vraiment possible d’acquérir du temps et si tel est le cas, où et comment.

Cela donne lieu à un court récit bien articulé, à une histoire qui a tout du vraisemblable et de l’improbable confondus, et à une quête qui va pousser le narrateur à se rendre dans un endroit secret où il pourra faire l’achat de temps.

Le récit de Daniel Del Giudice ne changera pas le cours de la littérature, mais il n’est pas dénué d’intérêt d’autant plus qu’il donne l’occasion au lecteur de se demander ce qu’il ferait avec ce temps qu’il lui serait possible de marchander. Choisirait-il de revivre une période de sa vie? De prolonger sa vie en cours? D’ajouter une minute à son passé pour éviter un drame?

On reprochera tout de même les treize pages ajoutées à la toute fin aux notes bibliographiques de l’auteur et du traducteur. En effet, ces treize pages qui constituent la liste de tous les titres de la collection La librairie du XXIe siècle du Seuil étaient-elles vraiment nécessaires?

Il fait blanc à Bruxelles

Et Armando en a cueilli pour le pays de Lali. Pour le plaisir de vos pupilles et des miennes.

C’est le temps de faire des provisions!

Le solde de livres annuel des amis de la Bibliothèque de Montréal débute aujourd’hui. L’an dernier, je suis rentrée chez moi avec une quarantaine de livres. Je me demande combien ce sera cette année…

Vertiges quotidiens 3

parce que les caresses se sont fermées
on ne sait plus le poids des saisons
qui se taisent en nous
des mots devenus méconnaissables
traquent la réalité du jour
amour et corps et ciel et nous
et les flots de la mer qui menottent les chevilles
nous aux lèvres dures
aux secrets de neige
nous avec des mains de cristal autour du cœur
pour nous séparer

Carl Lacharité, Vertiges quotidiens

*choix de la lectrice de Michael Taylor

Ydriane

La différence est un des thèmes majeurs de la littérature pour enfants. Il n’en demeure pas moins que chaque album ou roman qui aborde le sujet ne le fait pas de la même façon, ni avec le même œil ou en utilisant le même angle. Et s’il y a tant de livres sur la différence, c’est que c’est un sujet qui touche de près nombre d’enfants qui, pour une raison ou un ensemble de raisons, constatent un écart entre eux et les autres, souvent beaucoup plus grand qu’il ne l’est, et s’imaginent que les autres sont plus heureux qu’ils ne le sont.

Ydriane porte un prénom tellement unique que celui-ci la marginalise. De plus, elle fait une tête de plus que les filles de son âge. Et pour ajouter à tout ça, elle ne voit que d’un œil qu’elle cache sous une longue mèche de cheveux pour éviter que les autres ne remarquent que ses deux yeux ne regardent pas dans la même direction.

Inutile de préciser qu’Ydriane se démarque des autres pour toutes ces raisons et qu’elle voudrait bien parfois passer inaperçue. L’herbe paraît toujours plus verte dans la cour du voisin tant qu’on n’y a pas goûté, c’est bien connu.

Mais l’arrivée de Bogdan, lui aussi très grand et affublé d’un prénom rare, viendra changer la donne.

Céline Lamour-Crochet signe une fois de plus un autre bel album. Tout simple et très efficace, dans lequel les enfants se retrouveront. Et peut-être même des grands…

Des artistes du vélo

Ces artistes du vélo, c’est au 6212, de la rue Boyer que vous les trouverez. Ce sont Les artistes indépendants, un des quelques endroits où vous pouvez déposer vos dons d’organes de vélo. Un geste qui peut changer la vie d’une bicyclette et celle de son propriétaire.

Ce que mots vous inspirent 912

L’identité n’est pas donnée une fois pour toutes, elle se construit et se transforme tout au long de l’existence. (Amin Maalouf)

*toile de Jules Victor Verdier

Vertiges quotidiens 2

un fleuve s’égare
dans le bruissement d’un poème
nocturne dérobé au labyrinthe des heures
une faille à retarder
un printemps de lente gestation
déferlant au revers de l’enfance

Carl Lacharité, Vertiges quotidiens

*choix de la lectrice de Perico Pastor