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Les poèmes de Silvina 1

Tue-moi, splendide et sombre amour,
si tu vois dans mon âme s’égarer l,espérance,
si le cri de douleur en moi se lasse,
comme dans mes mains succombe cette fleur.

Dans l’abîme de mon cœur
tu trouvas un espace digne de ton attente,
en vain de ton ciel tu m’éloignas
laissant en flammes ma désolation.

Contemple la misère, la richesse
de qui connaît toute la joie.
Contemple mon hypnotique tristesse.

Ô toi qui me fis don de l’harmonie!
Je crois sans espérance en ta promesse.
Amour contemple-moi, dans tes bras, prisonnière.

Silvina Ocampo, Poèmes d’amour désespéré

*choix de la lectrice de Guy Mazeau

Les aventures de la princesse Échalote

Décidément, on n’a plus les princesses qu’on avait! La reine Bergamote est totalement découragée. La princesse Échalote, sa fille, n’a rien à voir avec l’image traditionnelle qu’on se fait d’une princesse. Mais rien du tout! La princesse Échalote ne sait pas marcher comme tout le monde, elle préfère courir. Et pour ce qui est de valser, de se tenir à table, on repassera. Ces choses-là n’intéressent nullement Échalote, qui préfère courir et ne pas se peigner.

Mais la reine Bargamote a décidé qu’il était temps que sa fille apprenne les bonnes manières, du moins celles propres à une princesse et décide de l’inscrire dans une école où on apprend Comment devenir une parfaite princesse en cinq jours. Ce sera pour le lecteur l’occasion de constater à quel point la princesse Échalote n’a aucun talent pour tout ce qui est requis pour faire d’elle une parfaite princesse.

« De jolies petites princesses qui restent assises toute la journée, ce n’est pas bien difficile à trouver. Mais des princesses qui courent plus vite que celle-là, il n’y en a pas! » affirme la reine Bergamote à titre de conclusion. Beau message pour bien des parents qui voudraient tant que leurs enfants soient parfaits au lieu de cultiver leur différence. Heureusement, ma mère a vite compris (et sans que j’aie besoin de courir à perdre haleine) que je ne serais jamais une petite fille parfaite. Elle m’a sauvée de l’ennui.

Comment devenir une parfaite princesse en cinq jours : à offrir à toutes les mamans. Et à leurs filles, quand les premières auront bien compris le message.

Des sculptures qui ne laissent pas de bois!

Les sculptures de l’artiste italien Nino Orlandi ont de quoi fasciner et séduire. Je vous laisse découvrir la suite!

Ce que mots vous inspirent 894

Comme il n’y a pas de fleuve sans méandre, il n’y a pas de vie sans épreuve… (Duong Thu Huong)

*toile de George Hayter

Les vers de Stuart 6

Au temps de la mort des marjolaines

Au temps de la mort des marjolaines,
Alors que bourdonne ton léger
Rouet, tu me fais, les soirs, songer
A tes aïeules les châtelaines.

Tes doigts sont fluets comme les leurs
Qui dévidaient les fuseaux fragiles.
Que files-tu, sœur, en ces vigiles,
Où tu chantes d’heurs et de malheurs?

Seraient-ce des linceuls pour tes rêves
D’amour, morts en la saison des pleurs
D’avoir vu mourir toutes les fleurs
Qui parfumèrent les heures brèves?

Oh! le geste fatal de tes mains
Pâles, quand je parle de ces choses,
De tes mains qui bénirent les roses
En nos jours d’amour sans lendemains!

C’est le vent d’automne dans l’allée,
Sœur, écoute, et la chute sur l’eau
Des feuilles du saule et du bouleau,
Et c’est le givre dans la vallée.

Dénoue – il est l’heure – tes cheveux
Plus blonds que le chanvre que tu files;
L’ombre où se tendent nos mains débiles
Est propice au murmure des vœux.

Et viens, pareille à ces châtelaines
Dolentes à qui tu fais songer,
Dans le silence où meurt ton léger
Rouet, ô ma sœur des marjolaines!

Stuart Merrill, Poèmes 1887-1897

*choix de la lectrice de Poul Friis Nybo

Maya a perdu sa pantoufle

Rien ne va plus pour Maya! Juste au moment où maman l’appelle parce que c’est l’heure des crêpes, une de ses pantoufles manque à l’appel. Pas question de descendre sans celle-ci! Il faut de toute urgence retrouver la disparue.

Pour Maya, tenter de mettre la main sur sa pantoufle sera l’occasion pour elle de vaincre ses peurs et de faire appel à des personnages qu’elle préfère ignorer ou fuir d’habitude, comme le monstre de l’armoire, les moutons sous le lit, l’araignée au plafond. Que ne ferait-elle pas pour des crêpes!

Illustré avec juste ce qu’il faut de démesure pour donner aux uns un aspect terrifiant et à ceux qui font peur un aspect beaucoup moins rébarbatif, l’illustrateur Ian De Haes a su donner à l’album signé Charlotte Bellière assez de fantaisie pour donner du courage aux jeunes lecteurs qui trouveront dans la détermination de Maya de quoi contrer leurs propres peurs et les pousser à foncer! Une belle réussite!

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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À Bruxelles, l’hiver s’éternise…

Ce qui donne l’occasion à notre ami Armando de croquer sur le vif quelques merveilles!

Ce que mots vous inspirent 893

Regarder le monde, ce n’est pas juste s’asseoir sur un banc et le couvrir des yeux; c’est aussi y pénétrer, s’y promener, en faire le tour. (Chris Ware)

*toile de Linda Apple