Il y avait pourtant foule autour d’elle. Pas très loin, le Festival international reggae de Montréal se préparait.
Mais la lectrice du Vieux-Port était plongée dans son livre. Rien n’aurait pu la déranger.
Il y avait pourtant foule autour d’elle. Pas très loin, le Festival international reggae de Montréal se préparait.
Mais la lectrice du Vieux-Port était plongée dans son livre. Rien n’aurait pu la déranger.
Croqués rue Saint-Denis, des escaliers et des balcons fleuris et colorés. Aussi jolis que des sourires.
« Elle m’inspire! » Ce sont les mots qu’il a employés pour me parler de la lectrice de la semaine avant de plonger sa plume dans l’encre. Est-ce aussi votre cas? Nous le saurons demain!
*toile de Thomas Sully
Et dans le silence du matin, à cette heure où il faisait jour il y encore peu de temps, juste respirer. Longuement respirer. Écarter de mon esprit quelques remarques glanées ici et là au fil des deux derniers jours alors qu’il a fallu vivre en groupe. Parce qu’on doit, semble-t-il, faire le point. Une fois par année. Pour mentionner les bons coups. Ne pas négliger ce qui a été acquis. Analyser les courbes descendantes. Semer. Et prolonger les journées bien chargées. Autour d’un verre, d’un repas. Voire même d’un samedi à la campagne.
Mais il faudra faire sans moi. J’ai besoin de respirer. Et je n’y arrive pas en groupe. Vraiment pas.
*toile d’Henri Matisse
Avant de les écrire
je veux vivre tous les mots
les flatter les sentir les malmener aussi
de mes gestes
je veux les crever
faire éclater tous leurs sens
en tuer quelques-uns
en inventer d’autres qui me mettront au monde
après
après seulement
nos amours s’aimeront
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choiz de la lectrice d’Henry Lamb
Il est des livres qu’on découvre par hasard et pour lesquels on se réjouit qu’ils aient été mis sur notre chemin. Tel est le cas du roman de Jean-Pierre Martin, Les liaisons ferroviaires, dont l’action se déroule à bord d’un TGV, parti de Marseille, à destination de Bruxelles, lequel nous permet de faire connaissance avec les uns et les autres.
Habitués du trajet, voyageurs occasionnels, dont certains vont s’arrêter à Roissy afin de rentrer chez eux, membres du personnel ou chercheur qui étudie les mécanismes de séduction à bord des trains, ils nous sont ici livrés. Du timide saxophoniste au footballeur portugais qui a fait de la séduction son mode de vie en passant par une psychanalyste, un barman lettré et une championne de karaté, pour ne nommer que ceux-ci, chacun y va de son monologue intérieur qu’il nous est donné de connaître tandis que se joue le jeu des rencontres dont on ne sait encore où elles mèneront, à savoir une histoire d’amour ou une impasse.
Belle idée de départ que celle de Jean-Pierre Martin, lequel maîtrise son sujet, mène ses acteurs à la baguette et ne perd pas de vue le but de nous faire sourire. Un livre à traîner avec soi le temps d’un long parcours en train ou de quelques courts. Juste pour le plaisir de trouver dans ceux qui voyagent avec nous quelques ressemblances avec les passagers du TGV9864.
Un roman brillant et ludique à la fois.
En ce qui me concerne, il n’y a que quelques semaines que j’ai découvert au hasard d’une de mes promenades sur la toile Measha Brueggergosman, née au Nouveau-Brunswick et descendante d’esclaves afro-américains. La soprano à la crinière de lionne a obtenu un baccalauréat en musique de l’Université de Toronto puis une maîtrise de la réputée Robert Schumann Hochschule à Düsseldorf tout en poursuivant une carrière entamée dès l’âge de 20 ans qui l’a conduite d’un bout à l’autre du pays puis au delà des frontières canadiennes.
Récipiendaire de plusieurs prix à l’échelle internationale, la chanteuse qui passe aisément de l’opéra à de la musique populaire vous séduira avec Surprise!, un album paru en 2008, un an avant qu’elle ne soit opérée à cœur ouvert, dont j’ai extrait à votre intention Mahnung d’Arnold Schoenberg qu’elle interprète avec brio et sensibilité.
On a tous dans le cœur le désir de trouver une rencontre venue d’ailleurs. (Claude Nougaro)
*illustration d’Alberto Vargas
Qu’importe si ma bouche refuse
d’être l’écho de la tienne
mon regard suffit
à remplir le silence
entre tes mots
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choix de la lectrice de Pierfrancesco Cittadini
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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