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Au pays des racines pataouètes 7

Maigre comme une estocafitche :
Expression pour dire que le pauvre il est aussi plat et sec qu’une morue salée et tassée. Les Espagnols sont allés le pêcher chez les Anglais (stockfish) et nous, on l’a accomodé en pataouète.

Roger Bacri, Trésor des racines pataouètes

*toile de John J. Porter

Au pays des racines pataouètes 6

Cagate :
Du mot cagada qu’en espagnol, c’est l’échec le plus total. Par l’extension que ça a pris en Algérie, c’est le gâchis tout à fait où on est jusqu’au cou.

Roger Bacri, Trésor des racines pataouètes

*toile d’Elizabeth J. Cadwalader

Au pays des racines pataouètes 5

Badjoc :
Du catalan bajoc, pas très intelligent. Vous êtes badjoc si vous comprenez toujours ça qu’y faut pas, c’est énervant, vous comprenez?

Roger Bacri, Trésor des racines pataouètes

*toile de Clifford Thompson

En vos mots 281

Parce que la lectrice peinte par l’artiste canadienne Janet Hill a quelque chose de moi ces jours-ci, j’ai eu envie de l’offrir à vos mots et à votre imagination tandis que, de mon côté, je vais faire mon choix parmi tous les titres étalés autour de moi. Je pense que 20 livres c’est trop pour huit jours de vacances! Heureusement d’ailleurs que j’en ai six devant moi avant le jour du départ pour ne pas faire ma sélection avec précipitation.

À vous donc, cette petite scène livresque à raconter en vos mots. Les commentaires seront validés dans une semaine et pas avant, alors que je serai au bord de la mer, ce qui vous laisse amplement le temps de concocter une histoire à la hauteur de votre imagination!

Au pays des racines pataouètes 4

Faire scapa :
C’est de l’italien scappare que ça vient. À toutes jambes puisque c’est dans le sens de fuir, justement. Vous m’suivez?

Roger Bacri, Trésor des racines pataouètes

*toile de Franko Camue

Au pays des racines pataouètes 3

Tâcher moyen :
C’est essayer mais avec toute la conviction qu’y faut pour bien faire réussir la tentative.

Roger Bacri, Trésor des racines pataouètes

*illustration de Koren Shadmi

Au pays des racines pataouètes 2

Babao :
Quelqu’un qui n’est pas fort en intelligence, vous comprenez? Rester babao, c’est rester avec le yeu ronds figé comme si vous saviez pas quoi dire et quoi faire tellement vous êtes interloqué.

Roer Bacri, Trésor des racines pataouètes

*toile de Fernando Botero

Au pays des racines pataouètes 1

Quand le bibliophile peint par Theodorus Ludovicus Mesker a découvert, au hasard de ses promenades chez les bouquinistes, les Trésors des racines pataouètes de Roger Bacri, et du coup appris que le pataouète, c’est cette langue colorée qu’on parle en Algérie, mélange de français naturel, d’espagnol, d’italien, de grec, de provençal, d’arabe et de judéo-arabe, il s’est empressé de le feuilleter.

Ce qui lui a permis d’apprendre que rester axe, c’est être étonné dans les grandes largeurs. Comme quand, sidéré comme tout, on écarte les bras pour dire que ça nous dépasse. D’où l’envie qui lui est venue de partager ce livre avec d’autres bibliophiles et amoureux de la langue.

Place donc en ce dernier dimanche d’août aux racines pataouètes!

Les vers de Chantal 6

Je ris sur ta peau
que j’avais prise pour la mienne
tout bas
pour ne pas l’effaroucher

Chantal Motard, Les enfarges du temps

*choix de la lectrice d’Henry Bone

Un roman réjouissant

Roman publié un quart de siècle après la mort de son auteur, Alvès & Cie, de l’écrivain et diplomate José Maria de Eça de Queirós ou Queiroz, qui a notamment séjourné à Montréal (où un des bancs mettant à l’honneur des écrivains portugais lui est dédié), est un formidable comédie qui n’a rien à envie à certaines pièces de Feydeau où tout est bien qui finit bien quand l’ombre du drame a disparu.

C’est à Lisbonne, dans les beaux quartiers, alors que le XIXe siècle tire à sa fin que Godofredo trouve sa Lulu chérie dans les bras de Machado, son jeune protégé devenu son associé, et cela le jour même de son quatrième anniversaire de mariage. Il lui faut donc sans tarder réagir et prendre une grave décision afin de punir la coupable : la retourner chez son père. Et bien entendu, affronter Machado en duel.

Mais Godofredo ne veut pas tuer Machado. Il ne veut pas mourir non plus. Et puis, ce n’est peut-être pas si grave. C’est ce que disent ses amis qui veulent à tout prix qu’il sorte cette idée de duel de sa tête au même moment où ses employées de maison lui rendent la vie dure parce qu’il a chassé sa femme.

Le tout est d’un burlesque qui séduira même le plus blasé tant ce portrait d’une certaine bourgeoisie à une époque révolue est réussi. Très réussi. Un roman réjouissant. Malgré le drame. Enfin, le presque drame.