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Hanna et son père

C’est par hasard, au cours du ménage du grenier, qu’Hanna a mis la main sur l’adresse de son père. En effet, elle a trouvé une enveloppe vide adressée à sa mère indiquant l’adresse de l’expéditeur. Un homme dont elle connaît le nom, mais qu’elle ne connaît pas. Hanna n’a jamais vu son père et ne pensait presque plus à lui alors qu’enfant elle lui inventait des vies pour lui donner une réalité. Elle en avait même fait un pilote d’avion afin d’expliquer son absence. Ou un grand trompettiste pour les mêmes raisons.

Le fait de trouver son adresse la pousse à agir, à lui écrire à Izmir, en demandant l’aide d’une amie turque pour traduire la lettre. Ce geste la met dans une situation d’attente avec laquelle elle a du mal à composer. Mais elle n’a pas le choix. Elle a écrit et la lettre a quitté l’Allemagne…

Le jour où j’ai cherché mon père parle de solidarité et d’amitié. Il traite aussi du sort des Kurdes, de la Turquie, des liens parents-enfants, de ce moment où on n’est pas encore un grand mais où on a franchi une étape qui vous éloigne de l’enfance. Bien sûr que tout finit bien. Et puis, une fois de temps en temps, des histoires qui finissent bien, ça fait du bien, non?

Le seul élément qui me laisse tout de même perplexe, car le roman n’est pas vieux (il date de 2005) est l’absence d’ordinateurs et d’Internet. N’est-ce pas, de nos jours, une des meilleures façons de retrouver les gens?

Le tournesol

J’ai rencontré un tournesol galant. Il s’est même penché pour me saluer. Les hommes n’en font pas autant…

Rue Saint-Dominique

J’ai trouvé des lauriers-roses magnifiques sur le trottoir!

Ce que mots vous inspirent 738

Qui ne voit que le passé est borgne, qui oublie le passé est aveugle. (Proverbe russe)

*toile de Gregorio Prieto Muñoz

Les vers de Chantal 3

Écrire pour rester morte
aux jours insignifiants
écrire pour diviser l’absence
en pages noires
écrire sans espoir
car les désespérés avancent
elles aussi

Chantal Motard, Les enfarges du temps

*choix de la lectrice de Mary Alaine Thomas

Un livre difficile, mais essentiel

Dédié « aux enfants dont on prend la photo quand la guerre leur a déjà tout pris; aux photographes sans lesquels le reste du monde ignorerait leur existence », Tu me prends en photo est un des albums les plus bouleversants qu’il m’ait été donné de lire au cours de ma vie.

Mettant en scène une petite fille qui a tout perdu, un enfant qui n’est pas son frère, mais qu’elle porte, parce que lui aussi n’a plus rien, ni famille, ni maison, et un photographe qui prend des clichés d’elle, d’eux, des lieux dévastés, l’album signé Marie-Francine Hébert et illustré par Jean-Luc Trudel raconte les émotions de celle qui ne peut plus parler, de celle qui a connu l’horreur et qui voudrait tant l’oublier, de celle qui n’a plus que son regard pour exprimer ce qu’elle ressent tant aucun mot ne sera assez juste ou suffisamment fort pour le faire.

Tu me prends en photo es un cri pour ces enfants victimes de la guerre et aussi un hommage à ceux qui leur donnent un visage pour qu’ils ne meurent pas, même s’ils demeurent impuissants face au drame. Un livre difficile, mais essentiel.

Léon et Valérie

J’ai fait leur connaissance il y a sept ans, à Louvain-la-Neuve. On a tenté de les séparer en mai 2011, mais Léon et Valérie, les personnages de la sculpteure wallonne Gigi Warny (qui expose aussi au Québec) sont à nouveau réunis. Armando les a photographiés il y a quelques semaines à notre intention.

Ce que mots vous inspirent 737

La perte du temps est la plus irréparable, et c’est celle qui inquiète le moins. (Axel Oxenstiern)

*toile de Wyndham Lewis

Les vers de Chantal 2

On ne tue pas le temps
impunément
sans qu’il ne lui vienne
un jour
le goût de se venger

Chantal Motard, Les enfarges du temps

*choix de la lectrice de Leo Gestel