De quoi faire un magnifique bouquet!
Nous nous blottirons au lit des saisons
L’odeur de l’arbre sur nos paumes
Le goût du pain sur nos lèvres
La fraîcheur de l’eau sur nos silences
Puisque tes yeux sont ma géographie
Je sais que nous ferons un beau voyage
Bernard Noël, Par monts et par mots
*choix de la lectrice de Jimmy Kelly
J’ai lu il y a quelques semaines L’amie slovène de Françoise Houdart, un livre qui m’a tant touchée que j’ai voulu lire le roman auquel il donne suite, lequel constitue le premier roman de l’écrivaine belge. La vie, couleur saison met en scène les personnages de L’amie slovène vingt ans plus tôt dans une suite de tableaux qui peuvent dérouter quelqu’un qui s’attend à une histoire linéaire.
En effet, Françoise Houdart a choisi de ne donner que des indices. Nous n’aurons pas toute l’histoire de Sarah. Ni vraiment celle de Laura. Juste ce qu’elle voudra bien nous livrer dans un roman elliptique et sensible auquel je reprocherai la surabondance de « presque » d’autant plus qu’ils sont chaque fois écrits « presqu’ » quand ils sont devant une voyelle, alors que seul le mot « presqu’île » a droit à l’apostrophe.
Ceci dit, j’ai tout de même aimé La vie, couleur saison, probablement parce que j’ai aimé L’amie slovène, un roman qui m’a semblé beaucoup mieux construit et plus clair. Le premier roman de Françoise Houdart n’est pourtant pas banal. Ni sans intérêt. Au contraire. Il annonce déjà une écriture.
« … l’amour c’est le vent qui te décoiffe, qui arrache la laque qui empoisse tes cheveux… C’est le contraire du statique et du figé et de l’ordinaire… » affirme Sarah. Et si l’écriture était aussi de l’amour?
Deux femmes, deux amies, les hommes et les enfants qui gravitent autour d’elle, l’exil pour l’une, l’écriture pour l’autre, l’amour, tel est le propos de La vie, couleur saison. Un roman imparfait, mais touchant. Très touchant.
Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».
Titre pour le Défi Premier Roman 
La naissance d’une œuvre n’est pas la prise de conscience d’une expérience : elle est la rencontre d’une voix. (Gaétan Picon)
*toile de Charles Edward Perugini
Elle était belle et lisait Éluard
Elle épousait la grâce de l’été
Son corps avait les attraits d’une plage
Je m’approchai sur la pointe des yeux
Bernard Noël, Par monts et par mots
*choix de la lectrice d’Andre Kohn
Sous une apparente légèreté où s’additionnent ces petits détails qui donnent au quotidien les couleurs de l’enfance se profile le monde trouble et troublant des questions et des doutes. La petite fille sait si peu de la vie. Elle découvre donc, sans l’aide de quiconque la plupart du temps, ce qui fait vibrer, ce qui déçoit ou ensorcelle : toutes ces choses qui la font grandir alors qu’elle voudrait jouer avec ses Barbie encore un peu en mâchant de la gomme balloune.
Mais l’abandon du père a absorbé une partie de ses rêves. Et l’isolement auquel elle a été contrainte à la suite d’un déménagement loin, très loin de la ville, l’a prise en étau. Tant et si bien qu’elle se raconte des histoires pour ne pas tomber. Ne pas vieillir. Ne pas mourir. C’est ainsi que la petite fille devient, sans qu’elle ne s’en rende compte, pas plus que son entourage, une grande petite fille qui sait peser le pour et le contre, et se justifier au besoin.
C’est, entre autres, ce que raconte Rose amer, le roman de Martine Delvaux. Avec finesse, choix de mots, regard impressionniste et souci du détail, celle qui a signé Les cascadeurs de l’amour n’ont pas droit au doublage, brosse des personnages à gros traits — les rendant ainsi plus vrais que vrais — et nous décrit un milieu (qui pourrait parfois être sordide) avec les yeux d’une enfant qui sait s’accommoder de toutes les situations.
C’est là la force d’une auteure qui n’a peur de dire les choses. Parce qu’elle a osé regarder ce qu’il y a de pire dans l’être humain, tout en se glissant dans la peau d’une petite fille timide et effrayée par tout ce qui déroule autour d’elle, malgré l’amitié et malgré les belles histoires qu’on tisse pour y enfouir les moins belles, Martine Delvaux signe à nouveau un roman remarquable où âmes troublées et troublantes se côtoient. Pour un jour laisser derrière elles le trop glauque de cette banlieue stagnante que les jeux et les rires ne peuvent impunément dissimuler.
Se terminait hier soir le Festival International Nuits d’Afrique. J’y suis allée trois fois, question de faire bouger mes orteils, de m’imprégner de couleurs, de faire provision de sourires et de me sentir au bout du monde.
Pour vous, quelques images du Marché Tombouctou, l’une des activités de ce festival exceptionnel, chaleureux et coloré.
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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