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Les mots de Julie S. 1

le 27 juin

à tant t’aimer night and day t’aimer
à perte de vue
comme on épouse la blancheur des dunes où
nul panneau-réclame seulement
le temps sans fard
sans l’angoissant béton des rives
à tant t’aimer mon mal-jumeau
mon fardeau qui persiste
je n’entends battre que la lame toujours recommencée
qui me défait dans tes bras
malgré
le parfum calciné des meurtrissures
l’âcre exil sous le nickel
malgré
ce goût encore de craie
comme un étonnement successif
en chaque nœud chaque rail du regard
quelque part ô mon paradoxe je chancelle
au miroir des jours et à nu
je me déploie en toi
jusqu’à l’essoufflement de mes peurs ataviques
quand sans rappel
depuis des siècles aujourd’hui tu
m’enserres nourricière et l’épaule lascive vois-tu
et le piège et le rapt
de l’amour qui suppute l’amour à même le chaud
d’un désir à double tour
qui de l’autre infligera le face à face
et le martèlement de tes baisers tes baisers
tes baisers dans le halo
indéchiffrable et accumulé et charnel
du mirage de sel

Julie Stanton, À vouloir vaincre l’absence

*choix de la lectrice de William McGregor Paxton

La guerre d’Hélène

Les livres portant sur la résistance en France sont nombreux alors que ceux portant sur les résistants belges sont loin de faire légion. C’est pourquoi la guerre d’Hélène Moszkiewiez au sein de la Gestapo de la rue Louise, à Bruxelles, a attiré ma curiosité et m’a tenue en haleine de la première à la dernière page.

Pourtant, le récit n’est pas très bien construit et il est même à certains égards confus et brouillon à mesure que nous progressons. La faute n’est pas, à mon avis, à l’auteure, mais à son éditeur (Macmillan of Canada) qui a laissé l’auteure s’embourber dans les détails inutiles, quelque quarante ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, alors qu’il aurait été plus simple de les escamoter plutôt que de répéter ad nauseam qu’on en a oublié certains.

Ceci dit, en dehors des problèmes de construction et de quelques traductions plus ou moins heureuses, Ma guerre dans la Gestapo est un document qui a un certain intérêt, même s’il est plus factuel qu’émotif. Curieusement, en effet, Hélène ne fait pratiquement rien pour tenter de sauver les siens (parents et époux), emprisonnés et déportés, alors qu’elle met toute son énergie au service de la résistance. Utilisant deux identités qui n’ont rien à voir avec elle (une Belge au nom bien français et une Allemande qui a suivi son fiancé militaire à Bruxelles), Hélène met tout en œuvre pour dissimuler ses origines juives. Elle nous raconte ici ses quatre ans de vie cachée qui n’ont été qu’un long combat soldé par une double libération, celle de Bruxelles et la sienne.

Quiconque connaît le sujet trouvera le récit d’Hélène Moszkiewiez (née en 1920), qui vit à Vancouver depuis plus de 50 ans, plus ou moins solide, même s’il a inspiré en 1991 le film A Woman at War. Mais il n’en reste pas moins que c’est un document qui porte sur une résistante belge et qu’il y en a très peu sur le sujet.

La beauté des lys

Pas plus que des roses, je ne me lasse des lys…

La beauté des roses 7

Pour le plaisir… Tout simplement.

Ce que mots vous inspirent 710

Si on se laisse aller au désespoir, on finit mangé par les rêves qu’on a vécus de travers. (Didier Van Cauwelaert)

*toile de George Dunlop Leslie