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À peine quelques mots

À peine quelques mots. Il en faut si peu pour que j’oublie tout. Pour que l’essentiel prenne la couleur d’une phrase. Pour que tout s’efface de visages ou de lieux.

À peine quelques mots. Pour remplacer ceux qu’on ne (me) dit plus. Ou ceux trop usés qu’il vaut mieux ne pas entendre.

*toile de Francesc Serra Castellet

De bien jolis arrangements

Et du coup de bien jolies raisons de m’arrêter!

La beauté des roses 4

Je vous laisse imaginer le parfum puisque personne n’a encore inventé d’appareil photo qui sache capter les odeurs alors qu’on peut aller sur Mars…

Ce que mots vous inspirent 708

La lecture ne relève pas de l’organisation du temps social, elle est, comme l’amour, une manière d’être. (Daniel Pennac)

*toile de Gaye Lynne La Guire

Les vers de Pablo 1

Le choix n’a pas été facile. Il est vrai que la lectrice du peintre Romel de la Torre adore la poésie, autant la poésie dite classique que la poésie actuelle. Mais elle aime tant Pablo Neruda que c’est son recueil La rose détachée et autres poèmes qu’elle a choisi pour les lectrices du soir. Pour qui elle a sélectionné cet extrait :

Image

D’une femme qui fut rencontre fugitive
je conserve le nom bien enfermé : c’est un coffret :
j’en élève parfois les syllabes rouillées
qui grincent tels de vieux pianos désaccordés :
de la pluie surgissent aussitôt les arbres de l’époque,
les jasmins, les deux nattes victorieuses
d’une femme au corps disparu, perdue,
noyée dans le temps comme dans les lentes eaux d’un lac :
ses yeux s’y sont éteints comme charbons en cendre.

Nous sommes ce continent

Avant d’écrire pour les jeunes, Pierre Labrie a été uniquement poète pendant une dizaine d’années. Pas étonnant donc que Nous sommes ce continent, roman destiné aux adolescents et jeunes adultes, mêle poésie et fiction.

Le narrateur a en effet, le temps d’un mois, choisi d’écrire son journal intime afin de voir clair dans une histoire d’amour qui va vers sa fin. Et pourtant, ce n’est pas leur première rupture. Mais il sent déjà, avant même qu’elle n’arrive, qu’elle est sur le point de se concrétiser et que ce sera la dernière. Qu’il n’y aura pas de retour en arrière cette fois.

Et ce (pres)sentiment donne lieu à des réflexions sur la vie comme sur l’amour et à des poèmes qu’on peut croire trop léchés au départ, trop bien finis, mais qui deviennent crédibles dans la mesure où le narrateur a participé à un atelier d’écriture, ce que nous apprenons au cours de la lecture.

« … je sais qu’il est trop tard
Je le sais parce que
je t’aime comme une vague qui n’a ni plage
ni roc ni falaise pour mourir »,
écrit le narrateur dans un poème qui s’adresse à celle à qui il ne le donnera jamais.

Ils étaient ensemble un continent. Qu’en est-il maintenant de sa vie à lui alors qu’elle a pris le large?

« je sais que je suis ce continent sur lequel bâtir
je sais qu’il y a d’autres continents
je sais que les eaux de ma vie
me feront dériver vers un autre continent
contre lequel je pourrai me coller
lorsque les temps plus calmes le permettront »

Magnifique livre que Nous sommes un continent. Et quelle belle façon de faire aimer la poésie aux jeunes en faisant du narrateur un poète. C’est ce qui a manqué à mes seize ans. Mais chut, c’est un secret.

Juste quelques hémérocalles…

… auxquelles je n’ai pas été en mesure de résister!

La beauté des roses 3

Je ne m’en lasse pas…

Ce que mots vous inspirent 707

Il n’est pas de drame auquel la vie ne puisse donner les couleurs de l’espoir. (Claude Lelouch)

*toile de Carlos C. Lainez

Terre de femmes 16

Renaissance

Tu prends forme
Dans l’arborescence de ma vie
Tout mon être se dilue
Dans le parfum du soir
Et mes jours de brumes tissés
S’allongent sur le parvis
De l’éternité en marche

Les heures qui passent
Entraînent les saisons
Dans la cadence de l’émoi
Et au clair de l’espoir
Je me dirige à pas perdus
Dans les frondaisons des souvenirs

J’insère une note de paix
Dans la partition du présent
Pour la salvation des esprits en sursis

Maggy De Coster
(dans Terre de femmes de Bruno Doucey)

*choix de la lectrice de Sarah Hartzell