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octobre 2011
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La faute de Roy Dupuis

Il faut bien que ce soit la faute de quelqu’un. C’est toujours la faute de quelqu’un quand des enquêteurs, des psychiatres et des protagonistes venus de différents horizons se trouvent confrontés à une situation qui a tout de déboussolant.

Et si Louis, qui a disparu (ou fui) depuis trois ans, est retrouvé enfermé dans une cage, celle-ci dans une cave de la Drôme, amaigri, fermé sur lui-même, dans un état qui a tout de la folie, aux côtés d’un homme mort, il faut bien que ça soit la faute de quelqu’un. Mais de qui? De sa sœur qui n’a jamais pensé tout ce temps qu’il était arrivé quelque chose à son frère? De celui qui l’a enfermé depuis une période de temps difficile à déterminer? D’une de ses correspondantes/acheteuses avec lesquelles il a entretenu plus qu’un lien commercial? De personnes gravitant autour de celles-ci? De gens dont on ne peut soupçonner l’existence? Du psychiatre qui a soigné Louis quand il a tenté de se tailler les veines du poignet il y a de cela des années?

Ce serait bien trop simple si c’était la faute de l’un d’eux. Et moins spectaculaire. Ce sera donc la faute de Roy Dupuis. Le Roy Dupuis de La femme Nikita, qui a fait connaître l’acteur québécois d’un bout à l’autre de la planète (ou presque), celui-là même qui avait marqué la télévision canadienne dans le rôle d’Ovila Pronovost et dans celui du père des jumelles Dionne. Oui, ce sera sa faute. Après tout, sans lui, Louis n’aurait jamais croisé des personnages sur lesquels pèsent des soupçons qui ont tout du flou mais qui n’en sont pas moins réels. Sans les photos, les articles, les vidéos, les programmes de théâtre où Roy Dupuis est en évidence, lesquels sont mis aux enchères sur la toile par Louis, il n’y aurait en fait pas de roman, pas d’histoire à raconter, pas de personnages inquiétants.

Roman qui a quelque chose de l’enquête, La faute de Roy Dupuis se veut un jeu de pistes, voire un casse-tête dont on a perdu la boîte, ce qui donne lieu à des morceaux ajoutés peu à peu sans idée de ce à quoi l’image finale va (ou devra) ressembler. Le résultat est un roman touffu à l’imagination débridée mené comme une course à obstacles de main de maître par Luc Mercure, malgré quelques longueurs çà et là qu’on ne lui reprochera pas tant le roman est construit et cousu solidement.

Il vaut mieux garder ses distances

On ne sait jamais à qui on a affaire quand les gens ont du mal avec le pluriel!

Serait-ce toujours l’été?

Les hortensias croqués tout à côté de l’arrêt d’autobus peuvent le laisser croire…

Ce que mots vous inspirent 519

Le silence renferme toutes les vérités; la parole porte tous les mensonges. (Jacques Ferron)

*toile de William Fettes Douglas

Si jamais la musique… 1

Le titre était si invitant que la lectrice du peintre russe Nikolaï Petrovich Bogdanov-Belsky s’est empressée d’ouvrir le recueil de Michel Rheault intituté Si jamais la musique… Un recueil qu’elle a déposé sur la table à l’intention des lectrices du soir et dont elle a extraits ces vers :

Je tire les rideaux
Me renferme en mon antre
Écoute
Le sursaut de la perte
Le vertige du silence
Sa nécessité

combien d’automnes

Pour Zef

combien d’automnes
depuis cet octobre
où chats siamois
nous vivions heures de miel
roulés dans les feuilles

combien d’automnes
avant autre octobre ou avril
me rouler dans les feuilles
pour ne pas y penser

(octobre 2011)

*toile d’Albert André

Celle qui a planté des millions d’arbres

Elle s’est éteinte le 25 septembre dernier. Ça a fait beaucoup moins de bruit que certaines morts. Elle n’avait pas créé d’entreprise à l’échelle mondiale. Elle n’était pas états-unienne. Elle n’était pas riche.

Mais. Oui, mais. Le 8 octobre 2004, elle a été la première femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix pour « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix ». Parce qu’elle a planté, en compagnie de milliers de sympathisants, des millions d’arbres. Parce qu’elle s’est battue pour la planète, les droits des femmes et la liberté. Chez elle, au Kenya, mais aussi dans le reste de l’Afrique.

Elle s’appelait Wangari Muta Maathai. Franck Prévot, qui est aussi instituteur à Valence, et l’illustratrice Aurélia Fronty lui ont consacré il y a quelques mois un album magnifique, bien documenté et sensible, aux illustrations si tendres, si belles, si colorées que vous resterez là à les regarder, oubliant de poursuivre l’histoire.

« Un arbre vaut tellement plus que son bois, comme le lui a appris sa mère, il y a bien longtemps, au pied du grand figuier. C’est un trésor d’ombre et d’humidité, de fruits et d’air pur, d’oiseaux et de vitalité, une cachette à insectes ou à poèmes, un bourgeon de futur… »

Et c’est entre autres pour ces raisons que Wangari Muta Maathai s’est battue. Pour redonner aux hommes, aux femmes et aux enfants de son pays les arbres qu’on leur a enlevés, et la faune qui ne peut vivre sans la flore. Un combat relaté ici avec admiration et tendresse dans un album qui devrait faire partie de toute bibliothèque scolaire.

O Mundo, ô magnifique!

Il a changé le panorama musical portugais. D’abord en créant les Sétima Legião en 1982 alors qu’il avait 18 ans et dont certains titres sont devenus des incontournables. Puis, les Madredeus, groupe qu’il a quitté en 1994 pour se consacrer à une carrière solo.

Travailleur infatigable, passionné, curieux, Rodrigo Leão est un compositeur inspiré et inspirant. Pas étonnant qu’on ait pu entendre de ses musiques au cinéma. Certains se plaisent d’ailleurs à dire qu’il est le Yann Tiersen portugais. Les Portugais disent plutôt, paraît-il, que Yann Tiersen est le Rodrigo Leão français.

Avec O Mondo, qui contient un échantillon de son travail entre 1993 et 2006, réuni sur deux CD, l’artiste portugais nous offre des pièces qui font parfois des clins d’œil à certains compositeurs (je pense entre autres à Kurt Weill) ou à certains genres (le chant grégorien, notamment) tout en possédant une facture qui lui est tout à fait personnelle et unique.

Si vous ne connaissez pas encore Rodrigo Leão, la sortie de cet album double est l’occasion toute désignée pour faire connaissance avec ce compositeur prolifique et exceptionnel dont il me fait plaisir de vous offrir Amatorius, en espérant que cela vous donnera envie de pousser plus loin votre découverte.

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détails ici

Matin d’automne

Ce n’est pas parce qu’il pleut qu’il n’y a rien à voir…

Ce que mots vous inspirent 518

La mémoire est curieuse : elle retient des choses qui ne valent pas trois sous. (Philippe Claudel)

*toile de Silvano Drei