On croit que tout est fini, mais alors il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter. (Paul Claudel)
*toile de John Lavery
On croit que tout est fini, mais alors il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter. (Paul Claudel)
*toile de John Lavery
Je vous l’avoue, c’est toujours avec un immense plaisir que je prépare mes dimanches thématiques et chaque fois avec une pensée bien spéciale pour Flairjoy, car dès le départ elle m’a encouragée à poursuivre cette entreprise un peu folle. Folle? Oui, parce que ça demande un travail fou.
Mais quand le plaisir est là, on ne compte pas son temps, n’est-ce pas? Et de plus, comme j’aime tirer les choses par les cheveux, ce dimanche qui sera consacré aux citations de Paul Claudel mettra en scène des lecteurs moustachus — en commençant par celui peint par Norbert Goeneutte —, Claudel ayant arboré une moustache durant presque toute sa vie.
Bon dimanche à tous et à toutes, que vous portiez des souliers de satin ou non!
Question d’écriture
J’écris de gauche à droite,
Et vous
De droite à gauche.
Vous me dites koufique,
On m’a appris gothique,
Vous dites minaret,
Et tout autour de moi, je ne vois que clochers.
J’écris de gauche à droite,
Et vous
De droite à gauche,
Mais qu’importe,
Car dans le Verbe nous nous rejoignons.
J’envie la musique qui coule de vos rimes
Comme un jet d’eau qui danse dans le soir.
Vous êtes prolifiques,
Et moi, je peine à écarteler ma logique
Pour emplir ma jarre au puits du rêve.
Malgré tous mes efforts…
J’écris de gauche à droite,
Et vous
De droite à gauche.
Vos phrases affirment avec majesté
Et méandrent sur l’inconnu des dunes,
Précieuses caravanes de l’esprit déversant des trésors de rêves.
Mes phrases sont flèches acérées qui blessent avec volupté.
Certes, j’écris de gauche à droite,
Mais je pense
Ou presque
De droite à gauche.
Danièle Ouanès, Arabesques méditerranéennes
*choix de la lectrice d’Eliseu Visconti
C’est en découvrant un « tattoo » fait de chiffres sur l’avant-bras d’Esther, sa grand-tante, qu’Alexandra posera des questions à celle-ci. Ce qui réveillera chez elle des souvenirs douloureux dont elle n’aime pas parler. Son arrestation par les nazis, le convoi de Nancy vers une destination inconnue, son violon écrasé par un soldat à son arrivée au camp, ses cheveux rasés, son habit de bagnard, la faim, un soir de décembre 1943. Mais il y a ces chiffres sur sa peau qui lui rappelleront toujours qu’elle est une survivante et qu’elle doit à ce titre ne pas se taire.
L’histoire, racontée avec simplicité par le prolifique Didier Daeninckx et illustrée avec sobriété et efficacité par Pef, est ponctuée au fil des pages de vignettes explicatives qui éclairent le jeune lecteur. Un livre à ajouter à toute bibliothèque jeunesse historique. Pour que nul n’oublie.
C’est la question qu’on peut se poser devant les trouvailles faits par Denise lors d’une récente brocante à Genève…
C’est pourtant chaque samedi pareil. Mais je ne m’y fais pas. Au premier coup de marteau, je sursaute. Je sais pourtant dès le réveil que mes voisins d’en bas vont clouer quelque chose, ils le font tous les samedis depuis trois ans.
Mais que peut-on clouer semaine après semaine? Même dans les romans on ne trouve pas de personnages adeptes hebdomadaires du marteau. Et pourtant, ça existe. J’en connais.
*toile de Madeleine Hand
C’est le programme que vous propose l’artiste Tony Moffitt grâce à cette série de toiles autant livresques qu’appétissantes!
Les feuilles de papier sont là. L’encrier et la plume aussi. Ne lui reste plus qu’à examiner la toile de la semaine une dernière fois avant de se mettre à écrire. Vous aussi?
*toile de Francis Grant
Rien de mieux pour rendre plus beaux les nuages et le bleu, s’est dit Armando en prenant cette photo…
Énigme
Qu’est-ce que la poésie?
Des hiéroglyphes sur une feuille de papier,
Le parfum d’une fleur,
Le murmure enchanteur d’une fontaine solitaire,
Un soir mélancolique,
La douleur familière
D’une plaie qui jamais ne se ferme,
L’ombre omniprésente de la Mort,
Incontournable compagne de tous nos pas,
Les filigranes des vagues sur le sable
Au soleil levant,
La beauté d’un visage
Ou d’un geste
Suspendu dans le temps,
L’absolu d’une note de musique
Envoûtante comme un parfum rare et précieux,
Le souvenir de tout ce qui ne peut se dire
Et que chacun lira différemment.
Danièle Ouanès, Arabesques méditerranéennes
*choix de la lectrice de Jacek Malczewski
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
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