Ceux qui me lisent depuis un moment savent à quel point j’aime Sophia de Mello Breyner. Ils savent aussi que Malgré les ruines et la mort est en permanence sur ma table de nuit. Et à cause de cette photo d’une sculpture de la grande dame de la littérature portugaise prise à Lisbonne par Armando, j’ai eu envie d’ouvrir pour vous une nouvelle fois ce recueil — dont nombre d’extraits ont paru dans mes pages — afin de vous faire partager ce texte.
Terrasses
C’est sur les terrasses que les poèmes émergent
Quand le fleuve bleuit et que brille
Le vert sombre du cyprès — quand
Sur les eaux se découpe la blanche sculpture
Presque orientale presque marine
De la tour aérienne et blanche —
Et que le matin s’ouvre
Irisé et blanc
Sur la page de mon cahier le poème s’écrit
Assises à une autre terrasse en un septembre d’autrefois
Qui en mille statues et en bleu violet se prolongeait
J’ai aimé la vie comme une chose sacrée
Et la jeunesse a été pour moi l’éternité
















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