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Celle qui rayonnait d’un timide bonheur

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« Je me raccroche à cette idée que, devenu adulte (ça a pris du temps), je lui donnais de l’argent en cachette, ce qui lui procurait la joie désintéressée de se savoir protégée par son fils. J’aurais dû lui offrir un aspirateur à poussière. Elle en aurait eu un poétique plaisir. Elle serait allée lui rendre visite de temps en temps, l’aurait chéri, regardé sous toutes ses faces avec un recul artiste et une respiration satisfaite. Ces choses étaient importantes pour elle, fleurissaient sa vie. Je me raccroche aussi à cette idée que je l’ai beaucoup écoutée, que j’ai participé hypocritement aux dissensions de famille qui l’intéressaient tant et qui m’ennuyaient un peu. J’abondais dans son sens, je l’approuvais de critiquer tel parent en disgrâce, le même qu’elle portait aux nues, deux jours plus tard, si elle en recevait une lettre aimable. Je me raccroche à cette pauvre consolation que je savais régler mon pas sur son pas lent de cardiaque. « Toi, au moins, mon fils, tu n’es pas comme les autres, tu marches normalement, c’est un plaisir de se promener avec toi. » Je pense bien, on faisait du trois cents mètres à l’heure.

Ce qui me fait du bien aussi, c’est de me dire que j’ai su la flatter. Quand elle mettait une nouvelle robe, qui n’était jamais nouvelle mais toujours transformée, et qui lui allait assez mal, je lui disais: «Tu es élégante comme une jeune fille.» Elle rayonnait alors d’un timide bonheur, rougissait, me croyait. A chacun de mes énormes compliments, ce geste mignon qu’elle avait de porter sa petite main à la lèvre. Elle vivait alors extrêmement, était réhabilitée. Que lui importait d’être une isolée et une dédaignée? Elle s’abreuvait de mes louanges, avait un fils. »

Extrait du livre d’Albert Cohen, Le livre de ma mère, « un livre qu’on referme avec tendresse » peut-on lire ici.

*toile de Richard R. Miller

Les lettres d’Antoine

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Les lecteurs du Petit prince ont-ils un jour mis le nez dans la correspondance de Saint-Exupéry? Si l’envie leur prenait, qu’ils plongent dans Lettres à sa mère. Voici le bien qu’en dit Wikipedia.

*toile de Richard Piloco

Elle ne lira pas ces lignes

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« Elle ne lira pas ces lignes, notre miraculée des bombardements de Nantes, la jeune veuve d’un lendemain de Noël, qui traversait trois livres sur ses petits talons, ne laissant dans son sillage qu’un parfum de dame en noir. Même si sa vie ne se réduisait pas à cette silhouette chagrine, comprenez, il m’était impossible d’écrire sous son regard. Cet air pincé par lequel se manifestait son mécontentement, j’avais dû l’affronter pour avoir ravivé, en dépit d’une prudence de Sioux, une rivalité amoureuse vieille de cinquante ans à propos d’un homme mort depuis trente. A présent qu’elle régnait dans son magasin et qu’éclatait son grand rire moqueur, je n’allais pas lui gâcher son triomphe tardif. » Ainsi Jean Rouaud résume-t-il celle qui fut sur sa mère et dont il parle dans Pour vos cadeaux.

Un compte rendu de Jean-Pierre Tison sur le livre ici.

*toile de Christian Pierre

La suggestion du 10 mai 2009

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Et si on imaginait que la lectrice peinte par l’artiste Christine Bourcey aimait la poésie? On lui dirait d’aller faire un tour là-bas sans tarder!

Elle était née en 1911

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« Les temps étaient sombres et romantiques. Le Bronx était vulnérable, dépourvu d’une digue qui offrît une protection sérieuse contre l’océan Atlantique et, selon la rumeur, des commandos ennemis allaient débarquer d’un sous-marin insidieux dans de petites embarcations en caoutchouc, envahir les égouts, dévorer ma terre natale. Mais jamais je ne vis le moindre nazi au cours de nos promenades. D’ailleurs, quelle chance aurait bien pu bien laisser au moindre d’entre eux la scintillante silhouette de ma mère dans son manteau de renard argenté? Elle était née en 1911, comme Ginger Rogers et Jean Harlow, mais elle elle n’avait rien de leur platine : elle, c’était la belle ténébreuse de Biélorussie. » C’est en ces termes que parle Jerome Charyn de sa mère et ainsi que Catherine Argand résume La belle ténébreuse de Biélorussie.

*toile de Jermaine Wunderly

Une petite femme

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« Je n’ai pas écrit parce que mon père n’était pas là, mais parce que ma mère était là. Sans elle, je n’aurais rien fait. » C’est ce qu’affirme l’écrivain Jean-Marc Roberts dans Une petite femme. Pour en savoir davantage, un article signé Laurence Liban s’impose.

*toile d’Evert Pieters

Lambeaux

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« Une femme, une vie, un drame injuste qui nous révolte. Un enfant, perdu, qui se met à écrire. Cet enfant c’est Charles Juliet qui a mis 12 ans à écrire son autobiographie, une thérapie douloureuse, mais nécessaire. » C’est en ces termes que parle Delphine Dauvergne dans sa critique de Lambeaux de Charles Juliet. L’article intégral est ici.

*toile de Robert W. Wright

La mère de Richard Ford

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« Une enfance banale dans l’Arkansas, une jeunesse turbulente pendant la Grande Dépression, un mariage, une naissance, des années de solitude, un cancer. En se penchant sur la vie de sa mère, qu’il a tendrement aimée, Richard Ford découvre que le grand secret, c’est qu’il n’y a pas de secret. Aussi la réponse à la question est-elle : rien. Il ne s’est rien passé – de notable, de mémorable, d’extraordinaire. » Ainsi, l’éditeur de Ma mère de Richard Ford présente-t-il le livre de l’écrivain natif du Mississipi sur lequel on peut en apprendre davantage en allant ici.

*toile de Linda Vietmeyer

En vos mots 109

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Mais qui sont tous ces personnages réunis autour de l’aïeule, peints par l’artiste Louis Émile Adan? Et que leur lit-elle ainsi à haute voix?

La toile de ce dimanche est désormais à vous. À ce que vous inventerez à partir des images qu’elle suscite en vous. À cette histoire qui naîtra peut-être de vos souvenirs.

Peu importe la tangente que vous prendrez, la toile est là jusqu’à dimanche prochain pour recevoir ce que vous aurez envie de raconter en vos mots. Tout simplement.

Sophie, mère de Victor

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Ce n’est pas Hugo qui parle de sa mère dans Le roman de Sophie Trébuchet, mais Geneviève Dormann. Or, je conserve un souvenir impérissable de ce moment de lecture qui date de 25 ans. Déjà! Pour des critiques, on peut aller ici.

*toile d’Adolph Tidemand