Mais qui sont tous ces personnages réunis autour de l’aïeule, peints par l’artiste Louis Émile Adan? Et que leur lit-elle ainsi à haute voix?
La toile de ce dimanche est désormais à vous. À ce que vous inventerez à partir des images qu’elle suscite en vous. À cette histoire qui naîtra peut-être de vos souvenirs.
Peu importe la tangente que vous prendrez, la toile est là jusqu’à dimanche prochain pour recevoir ce que vous aurez envie de raconter en vos mots. Tout simplement.

5 réponses
Tiens le en vos mots sent neuf… et Flairoy me manque.
Si je savais parler aux femmes
Je ne leur parlerais pas d’amour
Je tairais toutes ces flammes
Qui vous brûlent pour toujours
Je ne leur parlerais de rien
Je les écouterais parler
Elles le font tellement bien
Quand on sait les écouter
Elles ont tant de choses à dire
Puis tant de mots pour pleurer
Et c’est parfois d’un sourire
Qu’un secret vit bien caché
Si je savais parler aux femmes
Je leur offrirais la lune d’argent
Je me parfumerais de jusquiame
Et je leur offrirais mon temps
Je leur offrirais des fleurs
Pour leur parler un peu de moi
Les mots n’ont pas de couleur
Ils sont des enfants de mauvais aloi
Je leur donnerais des ailes
Pour voir le monde d’en haut
Je leur dirais qu’elles sont belles
Et que leur regard est beau
Si je savais parler aux femmes
Je leur dirais les mots d’un homme
Des mots simples, pleins d’amalgames
Rien de plus que ce que nous sommes
En ce beau dimanche de mai, grand-maman Rose fête ses 85 ans. La journée est splendide et l’odeur du lilas arrive jusqu’à l’intérieur par la fenêtre ouverte. Rose sait que ce sera une belle journée en famille.
Aujourd’hui, sa fille et son gendre préparent le repas de midi. Un beau repas de fête. La table est déjà dressée et tout s’active à la cuisine.
La fille de Rose a eu quatre enfants, trois filles et un garçon et c’est une grand-mère rayonnante qui fête son anniversaire aujourd’hui entourée de tout ce petit monde. Pour ce jour pas comme les autres, Rose s’est faite très belle et a mis une touche de son parfum préféré. Un parfum très discret que ses petits-enfants adorent. De toute façon, Rose est toujours pimpante. Toute sa vie elle l’a été et ce n’est pas maintenant qu’elle va changer.
Comme tout le monde, Rose a eu sa part de soucis et surtout de chagrin après le décès de son époux, il y cinq ans. Cinquante ans de mariage heureux. Ce fut un choc terrible pour Rose mais heureusement grâce à ses enfants et petits-enfants, elle a réussi à surmonter cette énorme peine et continue d’aller de l’avant pour les siens ce qui ne l’empêche pas de penser à ces belles années…Parfois son coeur pleure, mais Rose ne dit rien. C’est son jardin secret.
Rose a toujours été une grand-maman attentionnée pour ses enfants et petits-enfants. A chaque anniversaires et fêtes de Noël, elle prépare une petite surprise pour tous. Coralie, l’aînée vient chaque semaine rendre visite à sa grand-mère. Toutes les deux s’entendent à merveille et Rose écoute toujours Coralie d’une oreille très attentive. Coralie lui dit souvent, tu sais grand-mère, c’est bon d’avoir une confidente comme toi qui sait écouter et aussi donner de bons conseils. Tu es merveilleuse.
Assise dans son fauteuil, Rose demande à ses petits-enfants, Coralie, Juliette, Margot et le petit dernier Daniel de venir près d’elle.
Mes chéris, sentez-vous ce petit fumet qui vient de la cuisine ? Cela me met en appétit et j’espère qu’il en est de même pour vous. Après le dessert, j’ouvrirai mes cadeaux, c’est promis mais avant de passer à table, je souhaite vous lire une lettre de votre oncle André, qui, comme vous le savez, habite et travaille en Australie.
Mon petit Daniel, tu ne l’as pas connu. Il est parti juste avant ta naissance mais je peux t’assurer qu’il demande toujours de tes nouvelles lorsqu’il m’écrit.
Avant le repas, je souhaite vous lire sa lettre. Je l’ai reçu hier.
D’un regard attendri et de sa voix douce, Rose commence à lire…
Ma petite maman,
Je suis heureux d’apprendre par ton dernier courrier que tu vas fêter ton anniversaire en compagnie de ma sœur, de mon beau-frère, de Coralie, Juliette, Margot et Daniel qu’il me tarde de connaître. Ah ! Ce petit bout d’homme…
Mes pensées s’envolent vers vous et je m’imagine déjà tous réunis autour de la table d’anniversaire joliment fleurie. Connaissant bien ma sœur, je suis sûr qu’elle vous mijote de délicieuses spécialités.
Maman chérie, je suis vraiment désolé de ne pas être avec toi. Je ne peux pas prendre de vacances cette année mais l’an prochain, je serai parmi vous tous. J’en ai parlé à mon patron et mon congé est déjà agendé. Je me fais une joie de venir.
Comme la distance qui nous sépare est grande, je resterai un mois entier. Nous aurons tant à nous raconter.
Ma petite maman, toi qui as toujours été là pour ma sœur et moi, je tiens à te dire que tu me manques beaucoup. Je sais, c’est la vie. C’est toi qui me l’as dit un jour et tu m’as même encouragé pour ce poste en Australie. Tu es une maman formidable, forte et douce. Une maman et grand-maman que beaucoup d’enfants et petits-enfants souhaiteraient avoir.
Pour ce beau jour d’anniversaire, je tiens à te dire que je suis très fier de toi. Par nos échanges de courrier, je vois que tu es toujours une maman attentionnée.
Je souhaite que cette année passe très vite pour venir te serrer dans mes bras et te choyer.
Le mois de mai sera la bonne période pour faire de jolies promenades ensemble.
Maman, je termine en te souhaitant un très heureux anniversaire et sache que tu es dans mon cœur.
N’oublie pas d’embrasser mes nièces et mon neveu de ma part ainsi que leur parent. Maman, dis-leur aussi que je les remercie de tout mon cœur de t’entourer. Si tu savais comme cela me rassure !
Maman, je t’embrasse très tendrement.
Ton fils André
Voilà mes petits. Je peux vous dire que la lettre de votre oncle me fait chaud au cœur. C’est un brave fils.
L’an prochain, nous ferons une très belle fête pour sa venue. Et tous en chœur, oh oui, oh oui !
Et Daniel de rajouter…grand-maman ? Pourrais-je me promener seul avec mon oncle et parler d’homme à homme ?
Grand-maman Rose et les trois sœurs se regardèrent d’un air très amusé d’entendre ce petit bout de chou haut comme trois pommes parler comme un grand…
Armando, je suis sous le charme de ton poème! Pour tout dire… je le classe dans mes favoris..
Et Denise, durant la lecture de tes mots plein de tendresse et de chaleur familiale, j’avais cette douce sensation de vivre avec ces personnages réunis autour de l’aieule!
De tout coeur merci Chantal !