Oui, oui, les bourgeons dansent! Enfin, ils dansent quand le ciel est bleu et qu’Armando traîne dans le coin…
Oui, oui, les bourgeons dansent! Enfin, ils dansent quand le ciel est bleu et qu’Armando traîne dans le coin…
On peut vivre longtemps sans tendresse avant de découvrir qu’on ne peut pas vivre longtemps sans tendresse. (Francis Dannemark, La longue promenade avec un cheval mort)
Elle a copié pour lui la phrase qu’elle a lue avec tant d’émotion. Cette phrase qui parle d’eux, cette phrase qui parle de lui qui lui a enseigné la tendresse, elle qui n’en savait rien et qui, désormais, ne peut plus s’en passer, maintenant qu’elle y a goûtée.
Et la phrase s’envolera pour aller jusqu’à lui. Sans d’autres mots que ceux-ci. Elle sait qu’il lira ce qui n’est pas écrit.
*sur une toile de Janine Kilty
Une promenade matinale au fil de l’eau, ça vous irait? Denise a tout préparé, le trajet comme les provisions, on n’a plus qu’à la suivre!
Elle est entrée dans La dernière fois de Lisa Carducci comme on entre en soi. Sur la pointe des pieds, avec la peur au ventre. La lectrice de Jose Manuel Merello sentait confusément bien avant de le trouver qu’il y avait là un poème qui lui était destiné.
Je t’attendrai
Vers l’azur horizon
comme goéland je volerai
aux confins de notre temps
je volerai
J’écrirai pour toi mille vers
d’anneaux de lumière les lirai
et funambule au pied sûr
je t’attendrai
Pour orner notre château
vingt et un écureuils je peindrai
et comme octobre l’automne
j’attendrai
La vie est table de jeu
où s’engage la liberté
les yeux fixés sur l’infini
je t’attendrai
Essentiels comme le sont le pain, les œufs et les fruits, comme l’est le café pour certains. Essentiels comme l’air qu’on respire. Ces mots qu’on dépose ici et là. Ces mots qui nous sont envoyés par la poste ou par courriel.
Ces mots d’amour ou d’amitié qui, au quotidien, ponctuent le rythme de journées qui n’en finissent plus de finir et qui, d’une certaine manière, font plus que nous tenir en vie.
*sur une toile de Lauren Kindle
Il y aura toujours une bête noire qui fréquentera avec assiduité une librairie plus qu’une autre. Pourquoi? Parce que celle-ci – appelons-la sangsue si bête noire n’est pas suffisant – aura trouvé dans ce lieu accueillant un(e) libraire patient(e) comme pas un(e), une de ces personnes à qui on pourra tout demander – même la Lune, certains jours – et qui tentera toujours de faire l’impossible (même si elle n’y est pas tenue).
Et la sangsue sera là. Veillant sur sa proie. Tentant de voir jusqu’où elle pourra aller avant que ne craque celui ou celle sur qui elle s’acharnera avec application.
Une sangsue qui tient absolument à ce que vous ouvriez les boîtes de tel distributeur parce qu’il a été dit que le livre machintruc paraissait ce mardi, que nous sommes mardi, justement, et qui vous le rend parce qu’il n’est pas en poche, parce qu’il est trop cher, parce que la typographie lui déplaît, parce que la couverture n’est pas tout à fait comme celle décrite par le journaliste, parce que la tête de l’écrivain ne lui revient pas, parce que. Parce que, finalement, ce que la sangsue aime le plus c’est vous faire tourner en bourrique.
Je me rappelle de la sangsue qui fréquentait la librairie où je travaillais. Un habitué du mardi; vous vous en doutiez n’est-ce pas? Qui est parti furieux, un mardi justement, vers 9 heures 3 minutes, parce que je lui ai dit que désormais il trouverait les nouveautés du mardi sur la tablette en fin de journée, ou le lendemain matin… Comme tout le monde.
Je crois qu’une habituée – pas juste du mardi – a souri en me regardant. C’était peut-être même la lectrice peinte par Iain Faulkner. Ou une autre. Il me semble même qu’elle a dit que j’étais trop patiente. Bien trop patiente.
Et encore, elle ne savait rien de ma vie hors les murs de la boutique. Mais là, c’est une autre histoire.
Est-il revenu s’asseoir au carré Philllips, le lecteur qui profitait du soleil de mercredi dernier au centre-ville de Montréal? Est-il venu voir s’il restait de la neige ou si le soleil avait eu raison d’elle?
Et quelles merveilles! On en prendrait tous les jours des comme ça… Mais justement, il y en a tous les jours au pays de Lilas!
Le lecteur de l’artiste March Avery aurait-il envie d’écrire? Si oui, il devrait peut-être lire ces conseils avant de s’y mettre…
© Lali 2025 – Tous droits réservés.
Fait avec amour (❤️) par WHC
Commentaires récents