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Les personnages du 5 à 7 du vendredi

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Ça fait partie des incontournables de certains que le 5 à 7 du vendredi. Peut-être aussi pour les personnages de David Azuz qui se sont installés à une terrasse, même s’il fait encore un peu frais, pour lire les journaux. À d’autres tables, certains expriment leur désaccord à haute voix face à l’initiative d’un collègue. À une autre, il y a ces deux qui se regardent amoureusement. Plus loin, il y a celui qui regarde toutes ces scènes qui se jouent devant lui. Peut-être les retient-il pour plus tard les peindre. Son 5 à 7 du vendredi est sacré. C’est le moment où sa galerie de personnages fait son entrée.

Pour Jody

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Jody ne sait pas encore lire. Elle regarde les toiles avec Cath, sa maman, et donne ses impressions. Elles aiment ce moment de partage devant les couleurs. C’est ce que j’ai compris.

Or, viendra un jour où entre sa maman et moi, elle déambulera dans les rues de Gand. Et peut-être me dira-t-elle que cette toile de Mika est une de ses préférés, car elle adore les chats. Ou peut-être me demandera-t-elle de lui expliquer où est le Canada. Je sais juste que nous nous sourirons et que nous trouverons bien un de ces endroits où manger de la crème glacée.

Lecteurs au musée

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Quel univers fascinant que celui de Richard Whincop qui a choisi pour décor où installer ses personnages un musée. L’art dans l’art. Avec des gens qui s’attardent, qui examinent, qui marchent, qui scrutent, qui s’asseoient, qui prennent des photos, qui lisent. Des livres, des plans ou des catalogues d’exposition.

Fascinant que de regarder regarder.

Lumière!

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Qui aime les livres et la lumière comme je les aime aime sûrement aussi les lampes. Du moins est-ce mon cas. Et quel bonheur de trouver au hasard d’une promenade la plus invitante des vitrines : lampes, abat-jour, pieds de lampes. Le genre d’endroit où il faut absolument entrer. Je n’y ai pas échappée.

La boutique/atelier Ylva de Laurier – incidemment sur la rue Laurier, un peu à l’ouest de la rue Papineau – est un véritable coffre aux trésors. Partout des lampes, des abat-jour, certains recyclés, certains faits main. Et ces éclairages doux pour les mettre en valeur. On rêverait presque d’avoir besoin d’une lampe ou de rajeunir une qu’on a. Ou de commander un abat-jour sur mesure. Car ce n’est pas qu’un lieu de vente, mais aussi un lieu de création, ce qui double le plaisir. Et quelle étincelle dans les yeux de celle qui parle de sa passion pour le beau et la lumière et qui, du coup, nous éclaire sur les produits qu’elle offre et fabrique. Un lieu qui vaut le détour, un bout de rue qui le vaut aussi, avec ses cafés, sa librairie de livres d’occasion, ses boutiques accueillantes, sa boulangerie et ses restaurants.

Sur un banc de Sydney

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Il est assis sur ce banc de Sydney pour longtemps. Le lecteur de John Seward Johnson ne risque pas de perdre la pose.

Je me demande si de temps en temps quelqu’un s’assied à côté de lui pour tenter de voir ce qu’il lit ou même si on lui adresse la parole.

La lumière de Montpellier

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Il y a des matins sans lumière où je voudrais retrouver celle de Montpellier un jour de juillet. Celle-là même de la toile d’Ikuko Roth. Celle d’un jour de juillet 1981, en compagnie de Florence.

Il y a des matins où je partirais pour quelques heures marcher dans ces lieux aimés et gravés en moi. Et ce matin, c’est Montpellier. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne saurais dire la raison. Les souvenirs nous viennent sans qu’on ne puisse les expliquer, ou alors faut-il creuser, et je n’ai pas envie de chercher plus loin.

Ce matin, j’ai envie des petites rues de Montpellier, de la place de l’Œuf, de ce bonheur tranquille de l’amitié et du soleil sur ma peau.

Le rêve intact

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Un rêve intact est une merveille fragile.[ Edouard Estaunié ]

Il y a toujours ce rêve qui revient. Intact. Celui d’un jour cet homme allongé, là, qu’elle regarderait lire. Qui serait son paysage. Ce rêve qu’on ne lui pas encore abîmé. Parce qu’elle n’a pas rêvé à haute voix. Ce rêve auquel elle croit très fort.

Ce rêve d’un homme qui a tout du lecteur de Ludmyla F. Dubovik et qui doit bien exister quelque part. Ailleurs que dans son imagination. Mais qu’elle tait, parce que les briseurs de rêves font légion.

Et pourtant, ce rêve plus fort que tous les autres. Ce rêve qui la nourrit comme aucun autre n’a su le faire. Intact.

Et en moi l’envie de croire avec elle à ce rêve dont elle ne parle pas, mais que je connais parce qu’il est aussi le mien.

C’est l’heure…

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C’est l’heure du café, l’heure où je noircis des feuilles de papier, sans savoir si ces quelques phrases mèneront quelque part, si une nouvelle naîtra de ce déversement d’encre. C’est l’heure où les toiles me parlent, où les personnages se livrent discrètement ou non, où parfois j’hésite.

C’est l’heure où la lampe est encore allumée parce que le jour ne donne pas encore le plein de lumière nécessaire pour écrire. C’est l’heure où je sors tranquillement de l’engourdissement de la nuit avec pour but d’ordonner tous ces mots qui se livrent bataille.

C’est l’heure où je suis dans la toile de Tina Spratt.