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Premier jour d’hiver

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Et l’hiver est là, c’est officiel. Et je sais que comme chaque fois qu’il arrive, et même les semaines qui précèdent, je commence à me terrer, à me fermer sur moi. Comme si j’hibernais à la manière des ours. Enfin, pas tout à fait. Puisque je continue à sortir, à aller marcher, à parcourir les rues de Montréal. À regarder avec mes yeux émerveillés tout ce qui est beau autour de moi.

Mais le début de l’hiver, c’est aussi la saison des bilans, des constats. C’est le regard sur des rêves qui ont été remplacés par d’autres. Ce sont ces liens qu’on tisse et qui font qu’on se demande ce qu’il adviendra d’eux. Ce sont ces moments magiques qui changent la vie ou qui semblent la changer. Ce sont ces sourires échangés au cours d’une année qui s’est inscrite bien différemment de toutes celles qui ont précédé.

Et je ne peux m’empêcher de faire un travelling sur tous ces moments. De retenir une poignée de détails.

Je ne sais de quoi sera faite la saison qui débute. Je ne sais où elle m’emportera, ni sur quels chemins. Quels rêves prendront le pas sur d’autres, ni lesquels je réaliserai. Je sais seulement que là où j’irai, ce sera seule. Avec mes mots pour tout bagage.

Des lectrices au cœur en errance

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Qu’ont-elles appris de la nuit, les lectrices de Dean H. Gurnack alors que l’une a visiblement cherché dans le ciel illuminé et des lettres dont elle connaît les mots par cœur quelque répit et que l’autre a choisi le salon pour voir poindre le jour alors qu’elle tournait les pages d’un livre sans en saisir le sens?

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Sont-elles apaisées à l’heure où la vie reprend son cours? Y a-t-il encore quelque douleur sourde en elles prête à remonter à la moindre évocation une autre nuit pareille à celle qui vient de se terminer?

Je les connais bien celles qui gomment d’un peu de fond de teint les cernes sous les yeux et qui font comme si. Je les connais bien celles qui doutent. Elles ne disent rien de la nuit d’errance de pièce en pièce.

Une nuit sans sommeil

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Pas besoin de chercher au loin: les décors de Noël illuminent çà et là les fenêtres et le voisinage. Partout, les signes sont là.

Et j’ai laissé mon arbre dans sa boîte, avec ses guirlandes, ses instruments de musique miniatures et ses lumières. Nulle envie de toute cette agitation qui fait tant plaisir aux autres et à laquelle je me plie, sauf pour le 25 où nous ne serons qu’entre nous et où je n’aurai rien à prouver.

Et pourtant, je ne peux nier que c’est joli. Et pourtant, je ne peux pas dire que je n’ai pas déjà aimé tout cela autrefois. Et pourtant, tout cela me semble si lointain. Et je n’ai pas encore 100 ans…

Quand la magie a-t-elle disparu ? Peut-être s’est-elle éteinte à force de travailler comme je l’ai fait pendant des années dans un commerce ? Peut-être ai-je perçu à quel point tout ça ‘est une corvée et non un plaisir pour la plupart des gens ? Ou alors suis-je si bien dans ma bulle que j’ai du mal à suivre tout ce qui est « obligatoire » ou qui s’en donne les airs ?

J’aime donner quand j’en ai envie et pas quand je dois le faire. J’aime donner à qui j’ai envie et pas à ceux à qui je me sens obligée de donner. Et c’est peut-être tout ça qui me dérange. Tous ces gens qui s’attendent à quelque chose, qui prennent. Et là, je ne parle plus des Fêtes, mais de la vie en général. De ceux qui demandent et n’offrent jamais, de ceux qui vous coupent vos élans et qui font que certaines nuits on tourne en rond, incapables de trouver le réconfort du sommeil. Et je parle d’une nuit comme celle-ci où aucun livre ne sait tenir entre mes mains, où aucune musique ne m’apaise. Où je me pose des questions où il n’y en a peut-être pas.

Et les guirlandes de Noël brillent dans la nuit, insolentes.

La nuit de la lectrice

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C’est la nuit la plus longue de l’année dans l’hémisphère nord. Est-ce cette idée qui empêche la lectrice de Giorgio Kiernek de dormir ? Cette simple idée qu’elle, qui aime la nuit, en sera un peu plus privée à mesure que les jours la mèneront au solstice d’été ?

Ou est-ce un roman abandonné puis retrouvé il y a quelques heures et qu’elle ne peut plus quitter tant qu’elle n’en aura pas lu la dernière page ?

La nuit est toujours douce à celles qui s’adonnent à la lecture. Et si c’était juste pour cette douceur, cette paix, qu’elle se laissait emporter par les mots des autres en cette longue nuit ?

Un carnaval des animalz qui m’a bien plu !

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C’est dans la salle de spectacle de la toute nouvelle Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord – qui n’a que trois ans -, dans ce quartier de mon enfance, qui est toujours celui de mes parents, que j’ai assisté samedi soir à un bien agréable moment de musique et d’humour. Philippe Noireault, le pianiste/chanteur/auteur/compositeur qui accompagnait les jeunes artistes lors des soirées mémorables du Bistro d’Autrefois il y a quelque 20 ans et qui a toujours ce même esprit fin qu’il avait alors, avait réuni ses complices Nicolas Cousineau (au violoncelle), Julien Grégoire (aux percussions, batterie et marimba), Sven Meier (au violon alto) et Guy Pelletier (aux flûtes et percussions) pour un spectacle intitulé Le carnaval des animalz.

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Du Gare au gorille de Brassens, en passant par La maman des poissons de Bobby Lapointe, C’est le printemps de Perret, L’éléphant et le président de Gilbert Lafaille et Pépée de Ferré, chacune de ces chansons a été interprétée avec brio et générosité tant par Philippe Noireault que chacun des musiciens. Seul petit bémol : une chorégraphie sur une adaptation du Lac des cygnes de Camille Saint-Saëns, qui cassait le rythme et la bonne humeur, mais rachetée et de façon éblouissante par une bien sympathique mise en lecture du Loup, len texte d’un écolier anonyme rapporté par Alexandre Vialatte, dans une narration de Philippe Noireault soutenue par une improvisation musicale.

C’est donc une salle conquise, après une bien belle interprétation de La complainte du phoque en Alaska que les artistes ont laissée derrière eux. Il ne reste plus qu’à souhaiter que Le carnaval des animalz ait une jolie carrière, dans les maisons de la culture et dans de petites salles que cette jolie bande saura réchauffer par son humour, son talent et son goût du partage.

Matin de douceur pour une lectrice

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Le café coule à la cuisine. Il y a peut-être aussi un concerto pour violon de Paganini qui traîne dans l’air. Et le bonheur de la lectrice de Frank Coburn, discret, mais évident.

Il neige peut-être, elle ne sait pas, plongée dans son livre qui lui raconte quelque histoire qui la conforte ou la trouble. Et le soleil s’est peut-être levé sans qu’elle ne s’en aperçoive. Car il y a des moments où tout ce qui n’est pas soi, tout ce qui se joue à l’extérieur, n’ont plus de prise. Il en est ainsi, peut-être, de ce moment fixé à jamais sur la toile.

Prête pour le voyage dans ma ville

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Je rêvais depuis longtemps de quelque chose à mesure, pas le plus sophistiqué, pas le plus cher non plus, mais quelque chose qui dépasse largement les possibilités de mon appareil photo numérique de première génération qui n’acceptait pas de bâton de mémoire supplémentaire et que je devais « vider » toutes les 14 photos si les piles ne me lâchaient pas avant.

Plus de frustration, désormais. Je vais pouvoir partir en expédition dans mon Montréal que j’aime tant à la recherche d’images à glaner pour ceux que j’aime sans me poser de questions techniques. La liberté, c’est sûrement un peu ça, aussi.

Mes parents ne pouvaient me faire plus plaisir. Ils le savent. Je ne battais pas des mains à la manière d’une gamine, mais c’est tout juste ! Mes premières vacances de Noël depuis 23 ans seront propices à regarder ma ville sous l’angle de la photographe. Et je me réjouis tellement de cette perspective. Vous n’avez pas idée de jusqu’à quel point… Mais vous verrez, je ne dis que ça !

Le cadeau de « mon ange »

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C’est arrivé, livré par quelqu’un qui sait qui est « mon ange ». Attendez que je vous explique: c’est une jolie histoire. Au début de décembre, nous avons tous pigé dans un sac le nom de celui ou celle à qui nous devions offrir un cadeau lors de l’échange, au moment de la fête du 22 décembre. Et pour cette personne, nous devenions son « ange » et devions nous manifester par diverses attentions jusqu’à vendredi. Ça me semblait un peu gnangnan au départ, toute cette entreprise. Mais je me suis prise au jeu et j’ai tous les jours gâté ma protégée que je ne connais que très peu sinon pour avoir traduit des documents pour une activité dont elle était responsable. Elle a donc eu droit à du chocolat, à des fonds d’écran, à des diaporamas, à un casse-tête virtuel, à un foulard, à un billet de loterie, à des images animées et autres bricoles. Chaque jour, je me suis manifestée au moins une fois.

Et n’ayant aucun signe de vie de « mon ange » alors que mes collègues étaient gâtés, je me disais que peut-être je n’inspirais pas « mon ange »… Et lundi, du chocolat suisse m’attendait sur mon bureau et hier cette magnifique pâtisserie. Oui, il y a bien un ange pour moi dans la bâtisse. Un ange qui a bien compris que j’aime le chocolat !!

Moi, la sauvage qui vis dans sa bulle, qui n’aime pas trop se mêler, je dois me rendre à l’évidence que cette idée d’ange pour nous permettre de nous connaître les uns les autres est une belle trouvaille. Comme quoi parfois je puis encore me laisser surprendre !

Moment de plaisir figé dans le bronze

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N’est-elle pas bien ainsi, la lectrice de Loni Kreuder, assise dans une position que je connais et que j’affectionne, même devant l’écran ? N’est-elle pas en train de goûter au bonheur, celle figée dans le bronze pour l’éternité dans ce moment de pur plaisir ?

Tout l’indique. Il y a quelque chose de paisible qui se dégage d’elle. Comme si elle était dans un univers à elle, où on ne peut l’atteindre ni la toucher autrement que par les mots.

Il m’amuse de me voir en elle, d’entrer dans sa peau, de prendre ainsi le livre sur moi et de me laisser guider vers un monde de passion. Il m’amuse de devenir cette lectrice immobile pendant quelques instants. Bien vite, le soleil qui se lève me rappellera la vie à vivre hors des livres et le café qui m’attend.

Les lectrices de Sebastia Boada

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J’aime la lumière que Sebastia Boada dépose sur l’épaule de chacune de ses lectrices. J’aime cette idée qu’elles posent sans poser, que ce ne sont pas des modèles, mais de véritables lectrices, chacune attentive aux mots, chacune éblouie par des histoires, chacune saisie dans un moment de bonheur.

Et j’aime aussi cette idée que le peintre ne se lasse pas de les croquer. Oui, j’aime décidément beaucoup cette idée.