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Le pain brioché du soir de Noël

pain_noel

Du pain, juste pour vous montrer comme il était beau et appétissant celui au milieu de la table ce soir. Et aussi pour partager avec vous une de mes premières photos. Les autres viendront demain: j’ai concocté un joli montage aux amoureux de Noël et de Montréal. Mais chut, je n’ai pas l’intention de divulguer ma surprise d’avance.

Je vous laisse donc avec ce pain brioché, celui des jours de fête, celui qui a réuni une partie de ceux que j’aime autour de la table. Servez-vous.

La lectrice au nez rougi

colinwatson

La lectrice de Colin Watson a peut-être pleuré. Son nez rougi et ses yeux tristes semblent nous le dire. Il est bon de le faire, de ne pas conserver à l’intérieur le trop plein même si les yeux pleins de larmes brouillent la lecture. Nous ne sommes pas dupes. Si elle a sorti un livre, c’est bien pour tenter de se concentrer sur autre chose que sa douleur, sur autre chose que la fin de quelque chose qui l’animait et lui faisait briller les yeux. Qui lui avait même donné des ailes qui ont été coupées depuis.

Mais dans quelque temps, des semaines, probablement, elle se dira comme elle l’a déjà dit, qu’il vaut mieux que ce soit fini que de n’avoir vécu ce qui n’est plus. Mais pour l’instant, la douleur est trop grande et les larmes coulent toutes seules.

Il en va ainsi de la vie de ces lectrices qui se donnent et qui ne calculent pas.

Mes mots comme cadeau de Noël

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Et puis, j’ai enfin classé toute la musique accumulée depuis un mois. Des chansons offertes du fond du cœur par Armando et que je ne remercie pas suffisamment pour tout ce bonheur qu’il me donne. Et il me semble que maintenant que tout est rangé, à sa place, organisé, je puis enfin commencer ma journée… même si je suis debout plus de trois heures. J’avais besoin de mettre chaque chose à sa place comme j’avais besoin de mettre de l’ordre dans ma tête, où tout se bouscule.

Et maintenant, je me sens un peu mieux, plus légère. Il y a encore des courriels auxquels répondre. Celui de Chantal, à Brest. Celui de Jean-Yves et Hoai, depuis le Laos, qui m’offrent leurs meilleurs vœux. Celui de Nathalie et Denis, qui m’annonce la naissance de leur fils, là, tout à côté de la rivière Richelieu. Celui de Gaëlle, la Belge de passage à Montréal, que j’espère revoir ces jours-ci. Celui d’Andrée, à Rivière-du-Loup, avec des souhaits venus du cœur. Celui d’Antonio, à Verviers, celui de Jean-Louis à Alleur, celui de Christel à Luttre, chacun porteur de vœux venus de cette Belgique que j’aime tant. Celui de Lyne, à vingt minutes d’ici, que je ne vois pas assez. Celui de Gaëtan, court mais sincère et qui dit tout. Celui de Fabien qui m’annonce son mariage en 2007.

Et les sms de Jacques, d’Eugénie, qui pensent eux aussi à moi de là-bas, de ce plat pays auquel je rêve si souvent. Et un appel de Ric, toujours de là-bas. Un autre de ma cousine Anne, que je vois trop peu.

Et à tous ceux-là qui pensent à moi, qui ne m’oublient pas, même si je suis souvent absente, dans ma tête, avec mes mots et la musique, et à ceux que j’ai probablement omis sans le faire exprès, je dis merci. Vous êtes plus importants que vous ne l’imaginez. Et si je semble vous négliger, ce n’est pas volontaire.

Ma passion pour les mots reste ce qu’il y a de plus fort en moi. Et même quand je crois qu’il n’y a plus rien, que le désert s’est installé, il reste toujours ça. Et ces mots, je vous les offre. Jour après jour. Parce que je n’ai que ça. Et des rêves.

La lettre

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Il faut laisser vivre aux lectrices leur chagrin seules. Il faut les laisser se servir un verre de vin pour engourdir la douleur et ne pas leur parler. La lectrice d’Edward Minoff sait cela, elle qui espérait un peu de bonheur et qui relit pour la énième fois la lettre qui signe une rupture qu’elle n’a pas vue venir. Et encore moins à quelques heures de Noël.

Elle ne pouvait se douter de ce qui se tramait déjà. Aucun signe précurseur. Et pourtant. Tout est là, noir sur blanc.

Ne lui dites pas que tout ira mieux demain. Elle ne veut rien entendre.

Avec un peu de chance, ses larmes effaceront l’encre et sa mémoire oubliera les traces d’un désir si fort qu’il l’avait emportée là où elle ne pensait plus aller.

« Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre…», a écrit Proust. Et comme tout cela s’applique à celle dont le regard se brouille alors qu’elle avait tout fait pour éviter que ça lui arrive à nouveau, autant ce bonheur qui l’a fait vibrer un mois durant que cette douleur qui lui étreint maintenant le cœur.

Une lectrice prête pour aller danser

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Est-elle prête pour aller danser le menuet ou la sarabande, la jolie lectrice de Carlo Lamberti di Codogno ? Sa robe, de taffetas ou de velours, avec juste ce qu’il faut d’or et de rouge, ainsi que sa coiffure des grands jours, semblent l’indiquer.

Pour contrer sa hâte à partir, tandis que les autres se préparent, elle a pris un livre au hasard. Un qu’elle connaît peut-être par cœur, d’où son sourire. On a tous plaisir à retrouver une phrase qu’on aime quand on feuillette un livre qui est notre compagnon depuis longtemps.

Mais elle est à moitié là, la jolie liseuse. Ses pieds ont commencé à s’agiter. Elle entend déjà la musique, pas vous?

Locatelli à la chandelle

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Je croyais que c’était l’ampoule qui lâchait quand elle a commencé à grésiller, mais il semble bien que ce soit l’interrupteur. Tant pis, voire tant mieux, puisque j’écoute les concerti grossi de Locatelli à la chandelle, comme on le faisait à son époque. Et finalement, tout cela a beaucoup de charme. Petite ambiance feutrée pour ce violoniste compositeur né à Bergame et ici dirigé par Jaroslav Krecek.

C’est gai à la manière de Vivaldi. Ça donne des envies de danser sur les trottoirs en faisant la révérence. Je sais, je sais, j’ai beaucoup d’imagination. Mais c’est soir de fête et je me la fais à moi, à ma mesure comme à ma démesure, pour mon plaisir, pour me retrouver. Et c’est bon, et je me sens bien. J’avais besoin de ce moment à moi, de m’imprégner de musique avant que je ne me serve mon frugal repas de fête.

Et Pietro Locatelli est tout à fait de circonstance.

Un Noël de paix

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La nuit est tombée sur la ville de celle qui a bien marché cet après-midi pour profiter de la lumière qui nous a manqué ces derniers jours. La nuit est tombée et la soirée sera douce. Petite bouteille de mousseux, mousse de foie de canard, biscottes, chocolat tant belge que suisse. Un bain plein de mousse, probablement. De la musique. Mon Noël de paix à moi.

Où que vous soyez, avec qui que vous soyez, puisse le vôtre vous ressembler, vous rendre heureux et être aussi paisible. C’est là ce que je vous souhaite, du fond du cœur.

Un réveillon sans neige

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Il pleut. Et pas qu’un peu. J’ai beau ne pas être folle des Fêtes, je les préfère tout de même couvertes de neige. Sans quelques flocons, on dirait que ce n’est tout simplement pas pareil, qu’il manque ce petit quelque chose qui me motiverait. Heureusement, dans ma boîte de papiers de Noël, j’ai trouvé de quoi faire illusion. Si le décor dehors n’est vraiment pas de saison, les cadeaux bien étalés sur la table et que je vais emballer tout à l’heure, le seront, eux. Papier rouge métallique, avec des sapins ou des couronnes de Noël. Tout à fait appropriés et éclatants.

C’est ce soir que les paquets feront la route jusqu’à l’Île Bizard, chez ma sœur, où la fête a lieu, afin d’éviter deux gros repas de suite, puisque lundi, soir de Noël, nous allons au restaurant. Et qui donnera lieu à mon 24 en solo avec mon lion en peluche. Ça, c’est du luxe. Surtout qu’il ne me volera pas une goutte de mousseux avec sa bouche cousue.

Tout ça pour dire que nous voilà en plein dedans. Les festivités commencées hier au bureau se poursuivent… Tout de même, j’insiste, un peu de neige, ça aurait été bien.

Celle qui attend

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Elle est toute simple, la lectrice d’Albert Reuss. Et pourtant, cette simplicité dégage beaucoup de sensualité contenue. Tant dans l’épaule droite un peu tombante que dans le regard de biais, et dans ce sourire d’une femme qui est sûre de ses charmes.

Elle attend peut-être un homme. Peut-être pas. Mais ce qui est certain, du moins ai-je cette impression, c’est qu’elle est très bien avec elle-même, dans cette pose un peu nonchalante. Et que son plaisir est là, simple, mais éclatant.

Ma baignoire de rêve

baignoire

Parfois, je rêve d’une telle baignoire, bien profonde, à l’ancienne, comme mon amie Manon en avait une dans la chambre à coucher, rue de Châteaubriand. Il me semble que j’y passerais des heures… Lieu pour lire, pour s’adonner au rêve, avec de la musique et des bougies…

Alors que la mode est aux salles de bain immenses – plus grandes que deux pièces de mon apprtement, en fait -, avec des baignoires aussi grandes que des piscines, tout ce que je voudrais, moi, c’est une telle baignoire pour moi toute seule. De toute manière, les modes, je laisse ça aux autres et je fais à ma tête, comme toujours.

Un jour viendra peut-être où je vivrai dans un lieu où il y aura une telle baignoire à l’ancienne. On peut rêver, non ?