Une nuit sans sommeil
Pas besoin de chercher au loin: les décors de Noël illuminent çà et là les fenêtres et le voisinage. Partout, les signes sont là.
Et j’ai laissé mon arbre dans sa boîte, avec ses guirlandes, ses instruments de musique miniatures et ses lumières. Nulle envie de toute cette agitation qui fait tant plaisir aux autres et à laquelle je me plie, sauf pour le 25 où nous ne serons qu’entre nous et où je n’aurai rien à prouver.
Et pourtant, je ne peux nier que c’est joli. Et pourtant, je ne peux pas dire que je n’ai pas déjà aimé tout cela autrefois. Et pourtant, tout cela me semble si lointain. Et je n’ai pas encore 100 ans…
Quand la magie a-t-elle disparu ? Peut-être s’est-elle éteinte à force de travailler comme je l’ai fait pendant des années dans un commerce ? Peut-être ai-je perçu à quel point tout ça ‘est une corvée et non un plaisir pour la plupart des gens ? Ou alors suis-je si bien dans ma bulle que j’ai du mal à suivre tout ce qui est « obligatoire » ou qui s’en donne les airs ?
J’aime donner quand j’en ai envie et pas quand je dois le faire. J’aime donner à qui j’ai envie et pas à ceux à qui je me sens obligée de donner. Et c’est peut-être tout ça qui me dérange. Tous ces gens qui s’attendent à quelque chose, qui prennent. Et là, je ne parle plus des Fêtes, mais de la vie en général. De ceux qui demandent et n’offrent jamais, de ceux qui vous coupent vos élans et qui font que certaines nuits on tourne en rond, incapables de trouver le réconfort du sommeil. Et je parle d’une nuit comme celle-ci où aucun livre ne sait tenir entre mes mains, où aucune musique ne m’apaise. Où je me pose des questions où il n’y en a peut-être pas.
Et les guirlandes de Noël brillent dans la nuit, insolentes.